La routinière

Dans le salon tic-taque une très vieille horloge.
Tout le monde est absent, il n’y a que ce bruit.
Le feu s’y est éteint, et seule une souris
Y baguenaude en paix, car nul ne l’en déloge

Du matin jusqu’au soir : les Camici travaillent.
L’on n’entend vraiment rien, hormis ce battement
Saccadé et rythmé qui fractionne le temps.
La souris court partout car la faim la tenaille,

Fouinant en tout lieu pour trouver une miette
Oubliée sur le sol ; le bruit très régulier
Du balancier qui bat ne peut pas l’effrayer :
Il fait partie d’un tout pour la petite bête !

Cependant, aujourd’hui, quelque chose est étrange :
Comme on était pressé, l’on en a oublié
De remonter l’horloge, et cet irrégulier
Tic-tac trop bien  heurté tourneboule et dérange

Le petit animal. Cadence distordue,
Chocs inaccoutumés comme lestés d’un frein
Pour le vieux balancier… L’habituel train-train
En est tout perturbé ! C’est la fuite éperdue

De la bête affolée et qui se précipite,
Vive comme un éclair, dans un sombre recoin.
Ce changement bizarre, elle n’y comprend rien !
Elle est terrorisée par ces sons insolites

Différents de ce bruit dont elle a l’habitude !
Il lui faudra du temps avant de ressortir,
D’autant que le tic-tac vient juste de mourir !
Une vie de souris, c’est parfois très très rude…

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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