La rose

elfe

L’été est triomphant. Dans le fond du jardin,
Des roses en buisson nouvellement écloses
Rutilent tant et plus. C’est leur apothéose ;
Leur parfum fleure bon jusqu’au bord du chemin.

Derrière ses consoeurs, soigneusement cachée,
Une rose orangée n’a pas voulu s’ouvrir.
Aurait-elle donc peur de trop vite vieillir
Et de voir se flétrir sa lourde fleur penchée

Vers le sol asséché de ce mois de juillet ?
Toujours est-il qu’elle est opiniâtrement close,
Comme si désirant marquer certaine pause,
Elle niait l’été en semblant l’oublier.

Le soleil s’est éteint, fort las et courbatu.
Tiens ! La fleur a bougé, ses pétales frémissent
Puis s’ouvrent lentement… Seraient-ce les prémices
D’une survie nocturne hors des chemins battus ?

Y aurait-il du vent ? La corolle s’agite
Un peu dans tous les sens, et son lent mouvement
Paraît ahurissant. Mais il y a vraiment
Une vie inconnue dans la fleur qui l’excite,

Car des pétales roux vient juste de sortir
Un petit être nu grand comme une phalange,
Déployant sur son dos deux jolies ailes d’ange :
Un elfe nouveau-né qui s’en va découvrir

Le monde autour de lui. Son logis, c’est la rose.
Il y dort tout le jour et ne sort que le soir,
Petit être charmant que nul ne saurait voir,
Si ce n’est ce rêveur qui vous conte la chose…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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