La puce assassinée

La puce Zénobie a découvert mon chien
Un beau matin d’été alors qu’il sommeillait
Sur la fraîche pelouse, harassé et serein.
Elle l’a trouvé beau et s’y est attachée !

Mais tout aphaniptère est une sale bête,
Et le sang de Nestor étant fort à son goût,
Elle comprit bientôt que c’était jour de fête :
Il fallut peu de temps pour qu’il devienne fou

Et se gratte avec rage et avec frénésie !
Il lui fit donc si peur,  la rendit si cinglée
Qu’elle se réfugia non loin de son zizi ;
Puis pourvue de ressorts commença à sauter

D’une oreille à son dos, et du dos à ses cuisses.
Le chien exaspéré se grattait, se grattait…
Lors, fuyant le danger, la puce subreptice
S’en alla se cacher dans les plis de son nez.

C’est là que je l’ai eue ! Mon chien reconnaissant
Me couvrit de bisous avec moulte salive !
Mais j’ai sur la conscience un dilemme angoissant :
J’ai tué Zénobie pour que Nestor survive !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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