La poutre

La poutre

J’ai le coeur bien malade ; et s’il n’en paraît rien,
Ce n’en est que d’autant plus dangereux ! Et gare
Au jour où, par un fort malencontreux hasard,
Ne pouvant plus tenir, je céderai enfin !

Je soutiens le vieux mas… tout au moins en partie.
J’ai un ventre bien rond , et d’autant plus luisant
Que pour un bel effet on le cire souvent ;
D’allure bien costaude, et malgré l’anémie

Qui me mine en dedans, j’ai l’air bien baraquée ;
Mais avec mon aubier creusé de trous béants
Et mon coeur dévoré par d’énormes vers blancs,
Je cache bien mon jeu et je vais m’effondrer.

Je tiens par presque rien ! Peu à peu je fléchis…
Bien que les gens du mas ne l’envisagent pas,
Ils s’en vont d’ici peu entendre le fracas
De mon écroulement ! Puissent ces ahuris

Etre alors tous ailleurs qu’au creux de leur maison !
Mangée et taraudée par l’Immonde invisible,
Il me faut un courage incroyable, indicible
Pour pouvoir résister. Et je sens que mon….

CRAC !!!

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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