La petite robe jaune

Jeune fille

Il fait frais ce matin, ; l’été semble fini
Et il y a dans l’air comme un coup de semonce…
Tu viens de te lever ; ton petit nez se fronce
Car on sent sous la porte un léger vent coulis.

Tu frissonnes, ma mie ? Il faudrait te couvrir :
Le temps est fristounet* en ce matin d’automne !
Je sais ! Tu as choisi ta jolie robe jaune,
Mais aie quelque bon sens : il va falloir sortir

Des vêtements plus chauds du fond de ton armoire !
Tu vas devoir ranger ce délicat chiffon,
Léger comme un clin d’oeil ; le mettre tout au fond
D’un placard ténébreux ; chasser de ta mémoire

Ces moments délicieux où tu vas presque nue,
Couverte seulement d’un tissu si léger
Qu’il nous laisse entrevoir tout ce qu’il faut cacher.
Et ta robe safran est vraiment si ténue

Que tu vas t’enrhumer, jolie tête à l’envers !
Pour une fois, au moins, écoute un homme sage
Qui connaît mieux que toi, à cause de son âge,
Les risques à courir à être peu couvert !

Mais toute femme sait qu’est évident le fait
Qu’on ne risque aucun mal quand on se sent très belle !
Revêts ton petit rien, ma très chère Isabelle :
Tu vas comme toujours faire un énorme effet…

* Néologisme « vettique » …

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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2 réponses à La petite robe jaune

  1. Une femme n’a jamais froid quand elle se sent belle ! N’est-ce pas, mesdames ?

    Vette de Fonclare

  2. Et aimée, m’a dit une lectrice…

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