La perfide

minia

J’approche à pas feutrés : elle est là, elle attend,
Masquée, tapie dans l’ombre. Elle est blanche, elle est belle,
Mes amis sans pitié me parlent toujours d’elle,
Mais elle les ignore et les trouve  embêtants !

Elle est mon grand amour, c’est la petite reine
Dont je suis le féal : toujours à mes côtés,
Compagne de mes jours, je ne la peux quitter !
Elle prend soin de moi, mais las ! elle refrène

Sans aucune pitié mes plus gros appétits.
Que d’insatisfactions et d’efforts pour lui plaire !
Chaque jour que Dieu fait, dès l’aube je m’affaire
A me priver pour elle, en parfait abruti.

Souvent je réfléchis, pesant le pour, le contre :
Combien de frustrations pour plaire à mon miroir
Car elle n’oublie rien ! Parfois je perds espoir
Face à ces mauvais tours menés à mon encontre.

Ne me pardonnant rien, elle est vraiment terrible :
C’est un juge inhumain, un arbitre sans-coeur
Ne laissant rien passer. Je suis plein de rancoeur,
Son outrance entraînant un désarroi horrible…

Elle est mon ennemie. Et malgré mes sanglots,
Me débine toujours, sans cesse me balance.
Je lui monte dessus – ma très chère balance –
Dès le petit matin… Ciel, encore un kilo !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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Une réponse à La perfide

  1. Mo Dekkar dit :

    Oh la chute! Ça a du poids.

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