La rue jaune

 

Ravin de lumière et puits sombre,
La rue dort, il n’est que deux heures.
Ravagée, repue de chaleur,
Elle se tait, assoiffée d’ombre.

Elle étouffe, le ciel est marine
Tant il est bleu. Le soleil roux
Poudroie, foudroie, saccage tout
De ses aiguilles assassines.

La rue dort, la ville est déserte.
Il s’y déverse trop de feu,
Le ciel y pleut bien trop de bleu,
Aucune baie n’y est ouverte.

C’est un désert de maisons mortes
Ecrasées par trop de touffeur.
La ville souffre de langueur
Derrière ses silencieuses portes.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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