La Nationale 7

 

Poème illustré par un tableau de :

Pierre Marcel
www.lepommier.net

Frottée, cirée, usée par des millions de roues,
C’est une route grise et qui paresse tant
Que les autos du Nord lui préfèrent souvent
La banale autoroute, sans rêves un peu fous.

Mais pour elle pourtant ils sont bien trop nombreux,
Tellement qu’un beau jour elle en eut plus qu’assez
De sentir constamment des pneus noirs la fouler
Et qu’elle décida de fôlatrer un peu.

Etirant son asphalte, avec de grands efforts,
Elle parvint au moins à libérer le trait
Qui la coupait en deux et la défigurait.
La bande sectionnée devint ainsi le corps

De milliers d’oiseaux qui bientôt s’envolèrent.
La Nationale 7, dégagée de sa chaîne,
Les suivit de très loin, zigzaguant avec peine
Sous le soleil brûlant pour atteindre la mer.

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Contes. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire