La mort du chien

Les hurlements du vent qui secoue l’olivier
Dans le fond du jardin ravivent ma mémoire
Car il beuglait ainsi quand, par un triste soir,
Notre vieux chien Nestor* est mort dans son panier.

Il fait tout aussi froid, et depuis quelques jours
Le mistral déchaîné échevèle la mer.
C’était le même temps, un rude temps d’hiver
Pétrifiant la Provence… Il était presque sourd

Et vieux, tellement vieux… Le ciel gris est gelé,
Les vagues émeraude agressent  la corniche.
Lui, ses yeux étaient bleus ; c’était un vieux caniche
Autrefois tout bouclé. A la fin, si pelé

Qu’il avait l’air minable, usé d’un vieux tapis.
Il avait souvent froid et se pelotonnait
Comme un chaton frileux près de la cheminée.
L’on n’a pas oublié. Quand il s’est endormi,

Le mistral fou furieux qui hurlait en dément
Secouait la maison avec un bruit d’enfer.
Alors sa très vieille âme épuisée par l’hiver
S’est laissé emporter par les ailes du vent…

*Pour notre Nestor

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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