La montagne accablée

Le soleil de juillet ne sait plus où il est :
A-t-il perdu le nord ? Se croit-il dans ce Sud
Qu’il brûle et chauffe à blanc ? Car malgré l’altitude
Il embrase à l’excès la montagne accablée

Qu’il cautérise autant que plus bas la garrigue.
Il y a bien longtemps qu’il n’a fait aussi chaud
Ni aussi étouffant pendant l’été, là-haut !
Et l’on y sent peser une immense fatigue

Harassant nuit et jour humains et animaux.
Les alpages sont gris, et l’herbe racornie
Semble un tapis de jute hérissé et bruni
Par ces longs jours trop secs tellement anormaux.

Les brebis assoiffées cherchent une herbe fraîche
Aux pentes du patis. Un minuscule agneau
Pantelant de chaleur s’est couché sur le dos,
Joli peloton blanc sur l’herbe bien trop rêche

Où l’aiguail* matinal ne perle même plus.
Il a l’air épuisé, et ses petites pattes
Gigotent bien tendues, grêles et maladroites.
Car depuis qu’il est né, pas un jour il n’a plu…
* Pâturage en langue d’Oc

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A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans La Haute Provence, Le début de l'été, Le soleil-lion, Zooland. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

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