La mi-avril

Poème illustré par :

Christian Arnould
www.arnould-christian.com

Roulant au fil des jours au-dessus des jardins,
Des flots de poudre jaune, aérienne, improbable ;
Une pluie fine et drue : c’est le pollen des pins
Couvrant tout le Midi de son voile impalpable !

C’est ainsi en avril, ça peut être agaçant ;
Mais c’est aussi la preuve imparable et ocrée
Que le printemps est là, ponctué par le chant
Des oiseaux excités par l’amour, si légers

Qu’il semble que le vent puisse les emporter.
La nature est pressée, tout éclôt à vue d’oeil ;
Et sous le ciel si bleu qu’on en est stupéfait
On s’étonne à voir naître et s’ouvrir chaque feuille.

Le vert des champs est vert, d’un beau vert à brouter,
Et l’herbe épaisse et drue vous frôle les chevilles :
Un grand printemps costaud, vif et émoustillé
Après un hiver dur et tout cinglant de pluie !

Encore un coup de vent et un grand jet de poudre !
Eternuons ensemble et rions de bon coeur :
C’est avril qui sourit et qui s’amuse à moudre
Les chatons des pins noirs sur les premières fleurs.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Printemps. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire