La mémoire des pierres

C’est un vaisseau de pierre ; un édifice immense
Si grave et solennel qu’il en est presque triste ;
La Major, la si belle ; une nef où subsistent
L’écho des oraisons, des effluves d’encens.

Chaque pierre a une âme, et elle est imprégnée
Par la sérénité qui sanctifie les lieux
En vous serrant la gorge, en humectant vos yeux
Tant vous êtes émus par cette étrangeté :

Il n’y a aucun bruit. Dehors Marseille bout,
Fébrile et agitée par une frénésie
Qui paraît insensée aux fidèles qui prient,
Engloutis tout au fond de leur quête où se joue

Leur avenir au Ciel. Le silence est total.
Il est comme habité, généré par la Foi
De tous ces gens unis par une seule loi :
Celle offerte autrefois par un Dieu amical.

De la voûte et des murs sourd comme un grand mystère,
Celui de l’amour fou qui a fait se dresser
Sur le ciel de Marseille un prodige insensé,
Mais où vit pour toujours l’espoir de la lumière…

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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