La maison ingénue

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Poème illustré par un tableau de :

Paul Cézanne
(1839-1906)

Notre maison est vieille. Une belle patine
Et les années passant y gravent lentement
Des rides surannées. L’écoulement du temps
Lui donne de la grâce, et l’âge l’enlumine

Car la vie des maisons n’est pas celle des gens.
Ses murs tout de guingois ont une jolie teinte :
Pain d’épice, ocre ou miel  ? Et sur la toile peinte
Du ciel ennuagé effrangé par le vent,

Elle est comme un tableau qu’aurait peint Paul Cézanne :
Une jolie maison si gorgée de lumière
Qu’elle en est mordorée ; dont les antiques pierres
Rutilent au soleil aux entours de Gardanne.

Elle est dans la garrigue au centre d’un jardin
Fleuri à la folie dès que l’été arrive.
Y gazouille joyeux un ruisseau dont l’eau vive
Court à tout petits sauts de gradin en gradin.

L’on y trempe les pieds ou l’on y fait trempette
Tout nus et sans soucis, comme petits enfants
Qui seraient nés hier. Sans pudeur, innocents.
Car la vieille maison à l’âme un peu simplette

Est, tout comme l’Eden, un royaume ingénu.
Elle a donc décanté, au fil du temps qui passe,
Tout le mal alentour et l’a mis à la casse !
On y a le coeur pur et, l’âme mise à nu,

L’on y dort du sommeil dont jouissent les anges.
La lune aime baigner au juste diapason
De ses rais argentés notre vieille maison.
Quiétude alliée au calme : un merveilleux échange !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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