La maison du Mal

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Sous son vieux toit verdi par des mousses anciennes,
La maison est fermée, bien recroquevillée ;
Il en sourd quelquefois une funèbre antienne,
Celle du lourd passé d’une âme chevillée

Aux murs tout de guingois suintant d’humidité ;
Car elle fut jadis l’innommable théâtre
D’un crime irrésolu. Jamais la vérité
N’est sortie du salon où s’effrite le plâtre,

Et pourtant la demeure en est tout imprégnée.
Ce fut certainement une belle maison,
Mais aujourd’hui bien vide et comme excommuniée
Du monde des humains. Contre toute raison,

L’on ne va par là-bas vraiment qu’à contrecoeur,
Comme si l’on savait à quel point est sordide
Son passé sulfureux où palpite la peur.
Seul parfois un chasseur encor un peu candide

Y pénètre en curieux. Mais il ressort très vite,
Avec l’angoisse au ventre et glacé de terreur,
Tant il a ressenti qu’une histoire interdite
Y a semé la mort en une ultime horreur.

N’y restent qu’un fantôme et son crime ignoré.
La maison est très belle au cœur de la garrigue,
Mais si froide et si triste… Et vraiment l’on dirait
Que le diable parfois vient y danser sa gigue.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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