La goutte de sueur

Poème illustré par un tableau de :

Kees Van Dongen
(1877-1968)

Delphine est allongée sur le sable brûlant
Où elle gît ravie, bien qu’ elle y ait trop chaud.
Le ressac la caresse, et les lacets de l’eau
Clapotent à ses pieds en friselis d’argent.

Le soleil l’a matée et elle en est comblée !
Elle sait que ce n’est vraiment pas raisonnable :
Abreuvée de lumière, mais si bien sur le sable
Qu’elle y est immobile et comme hypnotisée !

Née dans le trou creusant la base de son cou,
Une goutte salée coule sur le sillon
Qui sépare en douceur ses deux jolis seins ronds :
Une perle arc-en-ciel qui serpente et qui joue

Sur sa peau de velours encor rose et nacrée.
Une goutte irisée et bien impertinente
Qui roule doucement de sa taille à son ventre,
Jusque dans ce nombril trouant sa nudité ;

Puis elle disparaît, enfin évaporée
Par l’énorme chaleur qui dévore la plage.
Delphine qui admet qu’elle n’est pas bien sage
Se dit qu’il faut partir et sans doute rentrer…

Au moins se mettre à l’ombre ! Mais elle tergiverse…
Elle est tellement bien… Rissolant toute crue
Dans l’énorme lumière, elle dort presque nue.
Du zénith tout là-haut le soleil pleut à verse.

 

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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