La gaie luronne

printemps

Je suis une gaie luronne
Qui dévore à pleines dents
Le bonheur – qu’On me pardonne !
Accordé en attendant

Que la vie nous le reprenne.
Je profite de l’instant
S’il est drôle ! Aucune peine
Ne peut résister au Temps

Emoussant tout ce qu’il touche !
Et vont s’effondrer – c’est sûr !
Tout ennui, toute escarmouche
M’emprisonnant en leurs murs.

Car le Temps passe, il efface :
Retenez en le meilleur !
Mauvais sort ? Qu’aucune trace
N’en subsiste en votre coeur

Puisque l’épreuve est passée.
C’est pourquoi, moi, je m’amuse ;
Et le travail de ma Muse
Consiste à bien effacer

Tout chagrin et toute peine :
Quand on écrit, ça va mieux !
Po-aimer, c’est une veine
Pour qui a le coeur soucieux !

Donc je ris, je chante et danse
Car nous sommes au printemps,
Et contemple la Provence
Qui s’encanaille à tous vents !

Elle est aussi gaie luronne
Que je le suis ardemment…
Pour oublier mes maldonnes,
Je m’en vais prendre un amant !

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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2 réponses à La gaie luronne

  1. DA SILVA dit :

    Magnifique ! si parlant, le sentiment qu’il fut écrit pour moi.. je souhaiterai le partager, pour ces raisons et rappeler à certains, que le secret réside dans une belle insouciance.
    Cordialement.

  2. Merci ! Quel bonheur quand je reçois de tels messages : j’ai l’impression que la douce folie qui m’habite et me fait écrire des vers à longueur de journée – ma chère poésie – peut mine de rien transmettre pas mal de choses…

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