La fille d’airain

Nu

Elle est belle, elle est brune et son teint est doré,
Velouté au toucher comme une nectarine.
Sa bouche est un brugnon, ses yeux sont bleu-marine ;
Elle est comme un beau fruit pulpeux et mordoré

Mûrissant lentement sous les rayons vermeils
Du soleil alléché qui tendrement la frôle.
Ses longs rayons d’argent l’agacent, la cajolent,
Essayant vainement d’ébranler son sommeil,

L’effleurant en douceur dès le petit matin,
Caressant de leurs traits la belle sur la plage,
Tentant sournoisement de détruire avec rage
Son visage parfait à la peau de satin.

Mais la fille d’airain, que rien ne peut flétrir,
Continue de subir, belle et imperturbable,
Les assauts répétés d’un amant improbable
Tout aussi amoureux qu’il semble la haïr.

C’est un beau fruit goûteux, bien tendre, et dont la chair
Ferme comme un métal demeure incorruptible.
Allongée sur le sable, elle reste impassible
Dans la chaleur outrée d’un véritable enfer

Qu’elle aime plus que tout. Vestale de l’été,
La belle au teint de lait, intouchable, résiste
Aux charges du soleil que sa froideur attriste…
Il s’en va se coucher tant il est dépité !

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à La fille d’airain

  1. Je tiens à te féliciter pour ton blog !

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