La coriace

Pâquerette

Au bord d’un chemin gris desséché par l’été,
Une fleur a poussé : une humble pâquerette
Dont chaque promeneur pourrait se demander
Comment elle résiste ! Et dont l’infime tête

Ne s’est pas infléchie vers le sol en béton :
Elle est campée bien droit sur sa tige costaude !
Ses pétales neigeux auréolent en rond
Son coeur jaune soleil. Gare aux mains en maraude

Au bout des bras balourds de gamins amoureux
Voulant prophétiser si leur amie les aime !
Légère fleur des champs, très délicate gemme
Réchappée de l’enfer d’un juillet monstrueux

Qui a tout calciné à dix lieues alentour,
Comment donc te garder de leur sot chapardage ?
Détruire ta beauté pour un marivaudage
Qui ne conduit à rien qu’à un semblant d’amour !

Eclatante de vie sur ton pierrier brûlant,
Tu es pour le moment, petite étoile blanche
Née en catimini et trop loin de ton champ,
Tout comme un astrelet sous le grand ciel qui penche.

Aussi forte qu’un lys poussé dans le jardin,
Gorgée à déborder de la lumière intense
Du soleil de juillet dès le petit matin,
Tu es le condensé d’une énorme puissance !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à La coriace

  1. Inutile de vous dire que le mot « astrelet » est un « vettologisme » !!!
    Vette de Fonclare

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