La ville engloutie

La cité engloutie

Il y a fort longtemps, la mer a englouti,
Sous des flots aussi hauts qu’une haute montagne,
La plus grande cité du pays de Cocagne.
Maintenant oubliée, la très belle endormie

Gît dans un lieu paisible où paissent les poissons.
Dressant ses hautes tours inutilement fortes
Et protégée en vain par ses immenses portes,
Elle n’est plus hantée que par des légions

D’animaux sous-marins qui nagent lentement.
Mais l’on peut parfois voir errer au coin des rues,
Erodées par le sel, des silhouettes nues
Qui se laissent aller au fil bleu du courant :

Ce sont les corps blanchis de pauvres naufragés
Dont l’âme est pour toujours prisonnière de l’eau.
Ils viennent de la terre ou de défunts vaisseaux,
Capturés eux aussi par la ville damnée

Où il n’y a plus de ciel, où il n’y a plus de temps.
Une cité fantôme engloutie à jamais,
Intacte sous les eaux en Méditerranée,
Où le temps s’est figé interminablement.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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