La bonne fortune

marchande d'ail. R.Boyer

Poème illustré par un tableau de :

R.Boyer

Quand mon cœur est dolent, je mesure la chance
D’avoir un jour choisi le soleil du Midi ;
D’y avoir rencontré ceux qui sont mes amis
Et qui m’ont recueillie en leur chère Provence.

Le ciel y est plus bleu que les bleus les plus fous,
Tels ceux peints autrefois au plafond des églises.
Le vent y est plus fort – ignorez donc la brise !
Et ne sait que hurler comme le font les loups.

Les étés y sont durs ; l’eau y est précieuse,
Qui court au creux de vals mangés par le soleil ;
Et quand le soir descend sur l’horizon vermeil,
L’on sent monter en soi la surprise joyeuse

De toujours éprouver le même sentiment…
Mais aimée par les Dieux, cette terre bénie
Ne se donne jamais qu’avec parcimonie,
Résistant avec force à tout déferlement.

Car avec votre argent et votre accent pointu,
Vous êtes repérés à des lieues à la ronde :
Vous n’appartenez pas complètement au monde,
Apparemment ouvert, des Provençaux du cru !

Mais n’est-ce point pareil partout ailleurs en France ?
Et quand quelqu’un s’enquiert de savoir d’où je viens,
Sans rougir du bobard, à l’aise, je soutiens
Que je suis provençale… avec condescendance !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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