La belle était couchée

Jeune fille qui dort

La belle était couchée sous la lune argentée,
Et ses cheveux si blonds flottaient sur son visage
Car la brise soufflait. Ses clairs cheveux flottaient
Comme un voile aérien, léger comme un mirage.

La belle était couchée, impavide et très pâle,
Si fragile en sa molle et tendre nudité
Jonchée à la volée des milliers de pétales
Dont il l’avait vêtue. Son immobilité,

Paisible et inquiétante, était celle du marbre.
La belle était couchée sous la lune de mai
Qui luisait dans le ciel comateux. Et un arbre
Etendait sa ramée sur celle qui dormait.

Qu’elle était belle ainsi, allongée sous les nues !
Sa peau paraissait douce ainsi qu’un lourd satin
Bien lisse et trop uni. Mais elle était trop nue
Car il faisait très froid en ce presque matin.

Il l’avait camouflée sous des fleurs idolâtres,
Puis l’avait délaissée, allongée sous le ciel
Qui pleurait des rayons de lumière verdâtre.
La brise ébouriffait les longs cheveux de miel.

La belle était couchée. Sa pâleur alarmante
Et ses petites mains crispées tels deux crochets,
Son regard entr’ouvert, sa patience inquiétante,
Sa bizarre inertie… Quelque chose clochait !

La belle dormait-elle, étrange et impassible,
Baignée de rayons blonds comme ses cheveux d’or ?
Un sommeil si serein est-il vraiment possible ?
Mais qui se soucierait d’une fille qui dort ?

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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