Grivèlerie

Il y a un renard, rouquin et tout dodu,
Qui s’en vient tous les soirs manger dans la poubelle.
Il a un toupet fou, et fait un tel raffût
Qu’il pourrait rameuter tous les gens de l’hôtel…

S’il y avait quelqu’un ! Mais il n’y a personne :
Il est encor trop tôt, les pistes sont fermées,
Et c’est du black-out que le Sauze résonne !
Car la neige attendue n’est pas encor tombée.

Il y a cependant quelques sacs dans la benne :
C’est assez pour Goupil qui se remplit la panse
En venant chaque nuit jouir de cette aubaine.
Goinfre, goulu, glouton sous la lune qui danse

Entre les nues cuivrées, agitées par l’automne,
C’est un bel animal au pelage châtain,
Avec une lueur au fond de ses yeux jaunes :
Le reflet du bien-être d’un ventre bien plein ?

Profites-en, bonhomme ! Il n’est pas loin l’hiver
Et les hordes du ski vont bientôt déferler !
Oseras-tu encor profiter en pépère
De toutes ces denrées saturées de danger ?

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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