Fait divers : le chaton

Petit chat

Je revenais chez moi, le coeur tout réjoui
De retrouver bientôt croquettes et maîtresse,
Quand une grosse main humaine m’a saisi
Avec brutalité. Et malgré ma détresse,

Un abruti hilare et ravi m’a jeté
Vers un mur de béton afin que j’y explose.
Morve et sang mêlangés jaillissant de mon nez
Ont taché mon poil roux d’un épais magma rose.

Mon joli corps tout chaud lancé contre le mur.
S’est brisé en morceaux, aussi léger qu’un souffle ;
Et ma petite vie n’était plus qu’un murmure,
Un doux laisser-aller où le désir s’essouffle,

Ce grand désir vital pourtant dur à lasser !
Plus haut, toujours plus haut ! Au creux de ma poitrine,
Cherchant encore à battr(e) sous mes côtes cassées.
Mon petit coeur de chat, excellente machine,

Essayait de lutter. Plus haut, toujours plus haut !
Gémeau de l’imbécile, un autre tortionnaire,
Pour les faire passer sur YouTube au plus tôt,
Filmait mon agonie et ma grande misère

Pendant que je souffrais un martyre inouï…
Mais ils sont aujourd’hui tous deux devant les juges*,
Et moi j’ai survécu. Pour ma septième vie
Auprès de ma maîtresse, adorable refuge…

*Procès aujourd’hui 3 janvier 2014 à Marseille
(1 an de prison ferme)

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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