Emporte-moi, le Vent

Poème illustré par un tableau de :
Ivan Aïvazovski
(1817-1900)

Emporte-moi, le Vent, au delà de la ville,
Au fin fond du ciel bleu où volent les gabians
Se ruant vers les flots agités, criaillant
Tout comme le feraient de simples volatiles.

Emporte-moi, le Vent, au delà de Marseille,
Au-dessus de la mer avec les grands oiseaux
Discordants et rieurs qui plongent vers les flots
Tout tachetés d’or roux que l’été ensoleille.

Emporte-moi, le Vent, au delà de la côte,
Au delà de la France, au delà du Midi
Pour me dépayser. L’habitude affadit
Même les paradis, et donne la bougeotte

A quelques farfelus, bien qu’ils soient en Provence.
Emporte-moi, le Vent, peut-être vers l’Enfer,
Là où des rêves fous pourraient bien m’être offerts
Sans sitôt susciter malaise et méfiance.

Emporte-moi, le Vent, vers d’incroyables terres
Où les mois de l’été ne sont point trop brûlants,
Sans soif ni sécheresse. Où le temps se fait lent
Pour mieux sauvegarder certains jours salutaires

A la sérénité de mon âme, et transporte
Mon vieux corps ralenti par tant de temps passé,
Un temps qui m’affaiblit. Peut-être outrepassé ?
Emmène-moi, le Vent, au-delà de la Porte…

Ou la seconde version :

Garde-moi bien, le Vent, éloigné de la Porte…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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