Dis-moi, vers quel ailleurs…

Dis-moi, vers quel ailleurs t’en es-tu donc allé
Et comment as-tu pu me laisser aussi seule ?
Ton pauvre corps broyé par l’implacable meule
De cette maladie qu’on n’ose point nommer

N’a pas pu résister. Tu as lâché ma main…
On ne le dirait pas, aujourd’hui c’est l’automne,
Pas trop marqué encor car seuls quelques traits jaunes
Strient le feuillage sec des arbres du jardin.

Comme ce jour funeste où tu nous a quittés.
Le soleil n’émet plus qu’une terne lumière
Très bas sur l’horizon, et mes roses trémières
Pendouillent tristement. Aurais-tu emporté

Définitivement toute joie avec toi ?
Serai-je désormais pour toujours en automne
Rongée par la tristesse, en attendant que sonne
Comme il y a six mois le tintement du glas ?

L’on dirait qu’il fait frais ; il a même un peu plu.
Dans le ciel grumeleux  flotte un croissant de lune.
Maintenant il fait nuit, et des larmes embrument
Mes yeux désespérés qui ne te verront plus.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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