De l’eau, mais beaucoup trop…

Poème illustré par un tableau de :

Jacques Testa
www.tableaux-testa.net

On n’a pas l’habitude ! Il a tellement plu
Depuis le mois de mars que chez nous tout est vert.
L’eau cascade partout et des rious en crue
Inondent la garrigue en détrempant la terre.

Ceci n’est pas du tout une pluie provençale !
Ca tombe incessamment et opiniâtrement
En traits bien réguliers : un rideau vertical
Qui n’arrête jamais et chuinte doucement.

Le terrain est spongieux : c’est inhabituel
En ce coin du Midi si sec et si aride !
Une gadoue collante et gluante où ruisselle
L’eau ininterrompue ; et une odeur fétide

De boue nauséabonde envahit les sous-bois.
Depuis combien de jours, depuis combien de nuits
Pleut-il ainsi, dis-moi ? La Provence aux abois,
Toute grise et mouillée sous son ciel alangui,

Se pose des questions : est-ce un nouveau déluge
Envoyé par le Ciel pour lui faire payer
Trop de douceur de vivre ? Elle était un refuge
Avec son doux climat, et on nous l’a noyée…

 

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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