Danaë

Poème illustré par un tableau de :

John William Waterhouse
(1849-1917)

Au large de Cassis, dans le creux d’un rocher,
Vivait une sirène appelée Danaë
Par les gens de la mer. Les rayons de la lune
Faisaient étinceler sa peau couleur d’écume

Et ses longs cheveux blancs délavés par les flots.
Une fille magnifique, une nymphe de l’eau
Qui chantait chaque soir, attirant les pêcheurs
Par sa voix maléfique. Hélas, pour leur malheur !

Car quand ils revenaient vivre auprès de leurs frères
Rien ne parvenait plus, plus jamais ! à leur faire
Oublier leur séjour au Royaume des Eaux.
Ils y retournaient tous, et peu après leurs os

S’en venaient s’échouer non loin sur le rivage.
Dans toute la région l’on voyait avec rage
Disparaître un à un tous ces jeunes garçons
Devenus fous d’amour, dévorés de passion…

Mais un soir de juillet, le beau Tristan Ogier
Fut charmé lui aussi. Personne ne l’aimait :
Il avait le coeur dur. Détaché et hautain,
C’était un fort bel homme, mais froid et peu humain.

Il ne dit rien aux autr(es) et il reprit sa vie,
Insensible à la fée qui hurlait à grands cris
Son incompréhension d’être ainsi méprisée.
Il haussait les épaul(es), sifflotait, ricanait…

Danaë incrédule eut le coeur ravagé
Par un curieux chagrin. La Méditerranée
Lui paraissait soudain bien inhospitalière !
Elle replongea donc tout au fond de la mer

Et nul ne la revit. A jamais submergée,
Elle s’en retourna au monde des damnés.
Quant à Tristan Ogier, s’obstinant à se taire
Sur sa grande aventure, il garda son mystère…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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