Culot !

Renard

Au Sauze, tous les soirs, dans la rue du village,
Se déroule un spectacle vraiment inouï :
Goupil le chapardeur, au culot infini,
Continue* son manège effronté et peu sage

En s’empiffrant gratis dans la grande poubelle.
Oui, en pleine saison ! On aurait pu penser
Que tout ce va-et-vient l’aurait rendu sensé,
Qu’il prendrait ses quartiers, fuirait à tire d’aile

Dès les congés d’hiver. Bernique, point du tout !
Malgré tous les fêtards qui rentrent dans la nuit,
Le joli renard roux, impassible, poursuit
Son souper délicieux : réveillon de minuit

Tous les soirs que Dieu fait, sous les yeux effarés
Des vacanciers surpris qui n’en croient pas leurs yeux !
Pourvu, petit renard, qu’un immonde vicieux
Ne tire pas parti de ta naïveté

Et n’en profite pas pour venir te tuer !
Que le bon Dieu te garde, adorable bestiole !
Continue tes festins ; gave-toi, batifole ;
Et viens t’en chaque soir pour mieux nous amuser…

Tu n’as pas peur de nous : n’est-ce pas merveilleux ?
On ne t’a donc pas dit trop de mal des Humains
Dans ton monde animal ? Alors va ton chemin
De joyeux resquilleur roublard et facétieux…

* Voir le poème du 13 novembre  : « Grivèlerie »

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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