Crépuscule en Ubaye

Montagne2

L’automne est presque là, et la soirée est fraîche
Même si la journée fut comme un jour d’été.
La lumière décroît vers les Trois-Evêchés*,
Et ses derniers éclats pétillent en flammèches

Sur les mélèzes roux. Les pentes sont très belles,
Pommelées de vermeil par le soleil qui fond
Tout doux sur l’horizon : un gros soleil tout rond
Qui éteint lentement ses blondes étincelles

Dans le ciel griffuré par la lumière fauve ;
Un soleil découpé, hachuré par les dents
De la montagne au loin. Les pics noirs au Couchant
Disparaissent au creux de la pénombre mauve

En fondant peu à peu, avalés par la brume.
L’astre-roi n’est plus rien, plus qu’à demi-mangé
Par la montagne aiguë ; un mi-soleil rongé
Par la nuit qui s’en vient. Un grand croissant de lune

Vient juste d’apparaître en plein mitan du ciel.
Il ne subsiste plus qu’un halo de lumière
Sur l’écume mousseuse et bleue de la rivière
Que la lune effilée marbre de reflets miel.

*Sommet des Alpes de Haute-Provence

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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