Coup de mistral

 

Quand on est sortis du ciné,
On l’a prise en pleine figure :
Une énorme gifle glacée
Et d’une telle démesure

Que le ciel semblait basculer.
Bien accrochés les uns aux autres,
On a essayé d’avancer
Comme une escouade d’apôtres

Faisant front contre le péché.
Mais l’attaque était si violente
Que quelques uns ont trébuché,
Nous entraînant tous dans la pente.

Le mistral était déchaîné
En phénoménale tempête ;
Nous nous battions échevelés
Pour tenter de lui tenir tête !

Un vent effrayant, effréné
Où nous luttions à perdre haleine ;
Folle impression de côtoyer
La quintessence de la haine

Qui s’efforçait de s’engouffrer
Sous nos vêtements distendus,
Soulevés, happés et gonflés !
Et quand nous sommes parvenus

A la voiture abandonnée
Sur le parking en bord de mer,
Nous nous sommes laissé aller
Comme au giron de notre mère.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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