Coup de blues

Le ciel est bien trop clair pour qu’on songe à la mort.
La Méditerranée sous sa coupole bleue
Et l’automne naissant vêtu de cuivre et d’or
Sont éternels et beaux. Et si chenu, si vieux

Qu’on soit sur cette terre, il nous faut oublier
Que tout est condamné, que tout a une fin.
Le temps est vraiment doux et l’air tiède est léger,
Il pousse encor des fleurs au fond de mon jardin.

Pourtant dès vendredi on dit qu’il fera froid,
Et qu’un grand coup de gel pourrait anéantir
Les chrysanthèmes roux que j’ai portés là-bas.
Perspective cruelle et peur de l’Avenir :

Il est vrai que demain il nous faudra partir
Et que ce temps clément n’est qu’un leurre parfait
Pour qui ne sait y voir que les jeux et les rires
De dernières vacances encor ensoleillées.

Mais contemplons le ciel et oublions la Mort.
La mer mousse, si bleue que c’en est incroyable
Et l’automne naissant vêtu de cuivre et d’or
Pétille encor de vie. Effaçons l’impensable !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Automne. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire