Cortège d’automne

Poème illustré par un tableau de :

Rodolphe Wytsman
(1869-1927)

L’automne aime la mort : elle est dans le convoi
Qui le suit pas à pas jusqu’au seuil de l’hiver ;
Age, usure et déclin, solitude et misère,
Qui ont l’air bien plus durs quand s’installe le froid,

Précèdent le cortège où des gouttes de pluie
Emperlent le laurier et le feuillage mort.
La rendant plus rude, un vent âpre distord
Cette marche maussade et qui semble infinie.

Quand verrons-nous le terme de la procession ?
Le défilé des jours chemine lentement
Sous les coups de boutoir du mistral triomphant
Qui entrave encor plus leur sombre progression ;

Cet automne est poussif ! Nous sommes obligés
De le suivre à son rythme ; aucune fantaisie
Dans sa morne avancée, dans son cours terne et gris
Qui va pendant trois mois tristement nous mener

A un hiver chagrin si dur à supporter.
La Provence se traîne, et un ciel brumasseux
L’incite à ressasser les lointains jours heureux.
Mais le temps nous entraîne et il faut avancer,

Assumant que l’automne n’en soit qu’au début
De sa lente ascension vers le mois de décembre.
De l’été d’autrefois ne restent que des cendres ;
Nos lointains souvenirs un jour ne seront plus…

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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