Archives de catégorie : Printemps

L’entre-deux

La station est déserte ; il n’y a plus de neige,
Hormis des glaçons gris qui s’agrippent aux toits.
Un chasse-neige usé et caduque nettoie
Une ultime gadoue sur le macadam beige

Car le dernier redoux a dépeuplé Praloup.
Le ciel est nuageux, la montagne grisouille.
Des gouttières usées et morveuses pendouillent
Des cristaux égouttant une eau salie. Un loup

S’est même aventuré au cœur de la station
Tant elle avait un air de ville abandonnée ;
Un décor pour un film où veut être donnée
Une impression d’angoisse et de désolation !

Est-il vrai que jeudi l’on jouait à glisser
Sur ces pentes ventrues, riant à perdre haleine ?
La station est fermée. Hier elle était pleine
De vie et de gaieté. Quelque chose est faussé,

Et semble inachevé, oublié, hors du temps…
Praloup n’est plus semblable à ses cartes postales
Et paraît maintenant vieux et moche et très sale.
Il se recroqueville, attendant le printemps…

Publié dans Hiver, La Haute Provence, Printemps | Laisser un commentaire

Utopie

Tout est calme, c’est incroyable !
Aucune guerre, aucun conflit
Sur la Terre où tout est aimable ;
Pas un combat, nulle chienlit.

La Nature s’est assagie
Pour un sempiternel printemps,
Et nous goûtons à la magie
D’un impérissable beau temps

Où tout est bleu, où tout est tendre ;
Où les Hommes, les animaux,
– Printemps rêvé, joli chromo –
Semblent affairés à s’entendre.

Dans l’espace la Terre roule
Comme une bulle de bonheur ;
Le monde est pris dans une houle
D’amour, de beauté, de douceur.

Tout est calme, les Humains s’aiment.
Le Ciel serait-il descendu
Chez nous pour une paix extrême ?
L’Eden nous serait-il rendu ?

L’harmonie règne sur le monde…
Mais il ne faut pas l’oublier
Et le proclamer à la ronde :
On est le trente février !

Publié dans Printemps, Questions ? | 3 commentaires

Quelques grammes de vie…

C’est un petit oiseau, un doux bouquet de plumes.
Quelques grammes, pas plus ! Un minuscule oiseau
Fait d’une once de chair et de tout petits os.
Quelques grammes de vie, de sang, mais qui s’allument

Dans le ciel du printemps en milliers d’étincelles
Quand il vole en dansant au-dessus du jardin.
Le soleil resplendit, la lumière ruisselle
Sur son tout petit corps et sur les lavandins

Embaumant le Midi. C’est une miniature,
Un petit rien du tout, une bulle de vent ;
Un joyau emplumé qu’un beau jour la Nature
A fait naître au jardin tout en l’enjolivant.

Dans le monde animal il est comme un sourire.
Insouciant et joyeux, il trille tout le jour.
Mais comme il est bruyant, il est le point de mire
Du vieux chat Mistigri rêvant depuis toujours

De sentir sous ses crocs l’adorable bestiole.
P’tit oiseau, sois sérieux, et fais bien attention :
Fais gaffe au monstre roux pendant tes cabrioles,
Ne te pose au jardin qu’avec circonspection…

Valse encor dans le ciel pur et inaccessible,
Partition myosotis et dont tu es l’archet ;
Le ciel clair du printemps dont il est impossible
Qu’un chat même malin puisse te décrocher.

Publié dans Printemps, Zooland | Laisser un commentaire

Le nuage aventurier

nuage2

Posé sur le Cimet, il était un nuage
Friselé et crépu comme un bon gros mouton,
Aussi léger et blanc que duvet de coton…
Laissé sur le sommet par le dernier orage,

Il paissait le ciel bleu, accroché à la pente,
Quand il sentit en lui sourdre un très grand désir :
Celui de vivre enfin, de descendre et de fuir
Ce piton trop tranquille à l’inertie crispante.

Lors, tout gonflé d’audace, il se mit à descendre
Vers la vallée plus bas et son monde inconnu,
Délaissant la montagne et ses espaces nus
Pour la douce verdeur d’un monde bien plus tendre.

Sous le passage bleu de sa fraîcheur mousseuse,
Tout à coup rénovée, l’herbe se redressait
En petits traits bien drus, fermes et hérissés
Par l’étreinte mouillée de l’onde nuageuse.

Lorsqu’elle fut en bas, l’audacieuse nuée,
Un peu trop excitée par l’odeur du printemps
Se résolut à prendre encor plus de bon temps.
Mais se sentant quand même un peu diminuée,

Il lui vint tout à coup l’idée d’une baignade
Pour se régénérer, regonfler sa vapeur.
Le propre d’un nuage est qu’il n’a jamais peur,
Que pour lui se baigner n’est qu’une guignolade !

L’Ubaye roulait par là. Aussitôt attiré,
Le nuage imprudent s’approcha de la rive,
Ignorant le tonus printanier de l’eau vive
Qui sans nulle pitié pouvait le digérer…

Mais il s’en fichait bien ! Il fut happé par l’eau
Et changé sur le champ en blanches vaguelettes ;
Puis sous l’aspect sympa de mille gouttelettes,
Entraîné vers la mer pour rejoindre les flots…

Bercé et cahoté, il devint une vague
Chauffée par le soleil qui le but peu à peu
Pour le ré-expédier vers l’immense ciel bleu
Où tout revigoré par l’air pur il divague.

Publié dans Chez nous, Contes, La Haute Provence, La Provence au coeur, Printemps | 3 commentaires

Pollution

couple

L’on dirait que Marseille est sous un capuchon.
Son azur cristallin semble moins transparent
Et son ciel infini est bloqué par l’écran
D’un mystérieux brouillard. Là-haut, le cabochon

De la lune imprévue, dépourvue de limites,
Est encor bien présent malgré le grand soleil.
La ville est mal à l’aise, et depuis son réveil
Respire vraiment mal. Même ceux qui habitent

Non loin du littoral ont l’horrible impression
D’étouffer peu à peu sous l’étreinte invisible
D’êtres lilliputiens, malfaisants et nuisibles
Qui insidieusement en prennent possession !

Particules souillées, corpuscules de suie,
Atomes polluants à l’âcre couleur miel
Et à l’amère odeur vont polluer le ciel
Jusqu’à ce qu’un grand vent nettoyeur les essuie.

En attendant, Marseille est pris dans un filet
Enserrant de ses rets et la mer et la ville.
Il attend patiemment, étonnamment docile,
Que le mistral s’en vienne enfin l’éparpiller.

Nous étions si contents que le printemps arrive,
Et sa lumière bleue et son grand ciel si clair !
Plus petites nos fleurs ? Bien plus âcre notre air ?
La Provence elle aussi s’en va à la dérive…

Publié dans Marseille, Méditerranée, Printemps, Questions ? | Un commentaire

A Marseille, au printemps…

jeunes-filles-sur-la-plage

A Marseille, au printemps, les filles sont jolies
Avec leur teint nacré parfois éclaboussé
De taches de rousseur, et leur corps élancé
Recherchant le soleil avec gloutonnerie.

A Marseille, au printemps, les filles d’opaline
Dénudent leurs mollets que le soleil oblong
Va colorer tout doux au fil des jours plus longs
Pour les repeindre d’or, comme des nectarines.

A Marseille, au printemps, les filles encor pâles
Exposent leurs bras nus aux tout premiers rayons
Qui s’en vont les bronzer tout comme des brugnons.
Les filles au printemps ont une peau d’opale

Délicate et rosée, encor fragile et tendre :
Un satin velouté, un velours sans défaut…
En juin elles seront dorées comme il le faut,
Et c’est à ce moment qu’il leur faudrait entendre,

En tentant de ne pas paraître trop moqueuses,
Les conseils judicieux et doctes des aînés
Leur prônant de couvrir leur joli petit nez :
Mais les fill(es) du Midi ne sont pas bien sérieuses !

Publié dans Marseille, Printemps | Laisser un commentaire

Infinitésimale…

flamme-de-la-vie

Sous la terre une graine infinitésimale,
Une ébauche de vie, un soupir, un soupçon ;
Un presque rien du tout, un tout petit frisson
Attendant le printemps dans la torpeur hiémale

Qui engourdit le Sud. Une graine de quoi ?
L’on ne peut pas savoir ! Une petite chose
Fripée et rabougrie. Un embryon de rose ?
Une plante guindée convenant à un roi ?

Une humble graminée issue des fleurs des champs ?
Un germe plein de vie, une fragile graine
Prête à naître au printemps, à l’étroit dans la gaine
La protégeant du temps souvent par trop méchant !

Dans un ventre une graine infinitésimale,
Une ébauche de vie, un soupir, un soupçon ;
Un presque rien du tout, un tout petit frisson
Enclosant le destin d’une vie animale

Encore en devenir. Un minuscule Humain
Semblable à un pépin, encor très vulnérable
Dans sa coque de chair. Un miracle admirable
Comme toute existence annoncée pour demain…

Une plante, un Humain ? Deux vies et deux destins
Qui poussent doucement et vont prendre leur place
Au cœur d’un grand rébus. Deux minuscules traces
De la vie sur la Terre en un monde incertain…

Publié dans Printemps, Questions ? | Un commentaire

Le printemps des menteurs

devenir-un-grand-orateur-une

(Sonnet)

Il est une saison où les bonnes nouvelles
Eclosent… en automne, avant les élections :
Un printemps en avance et fleuri d’illusions
Bourgeonnant à foison…Serments en ribambelles,

Engagements formels… De belles ritournelles
Serinées moultes fois par mille faux jetons !
Ce ne sont que bobards que nous, pauvres couillons,
Avalons  en jobards sans beaucoup de cervelle :

« Oyez, oyez, les gens, vous allez tout avoir :
Des emplois tant et plus ; plus de lendemains noirs
Ni d’insécurité ! Fiez-vous à nos promesses,

A notre bonne foi !  Juré, main sur le coeur ! »
Bien piètres Pinocchios, et de la pire espèce,
Qu’on devrait tous flétrir du même mot :«Menteur» !

Publié dans Automne, Printemps, Questions ? | 3 commentaires

Les larmes de l’hiver…

Gabriele Corno

Poème illustré par un tableau de :
Gabriele Corno

Les larmes de l’hiver qui commencent à fondre
Creusent des petits trous de leur léger flic-floc
Dans la neige amollie, et les tout-petits chocs
De ses pleurs de cristal vont bientôt se confondre

Avec le clapotis de milliers de ruisseaux…
Le printemps se déploie là-haut dans la montagne,
Tout comme dans le Sud partout dans la campagne…
D’ici quelque deux mois, le soleil à l’assaut

Aura tout dénudé sur la montagne chauve
Qui mordra le ciel pur de ses pics aiguisés
Par le vent et la pluie. Et ses contours brisés
Se découperont mieux sur le diorama fauve.

Sous la neige qui fond l’on peut même entrevoir
Les petits museaux bleus de ravissants colchiques ;
Peut-être aussi l’espoir d’une herbe rachitique
Se frayant peu à peu un chemin dans le noir ?

L’hiver peut bien pleurer à gros sanglots de glace
Il n’est personne ici qui en ait des regrets !
Le printemps se rapproche, et la vie qui renaît
Sème déjà partout ses minuscules traces.

Publié dans Hiver, La Haute Provence, Printemps | Laisser un commentaire

Comme un air de printemps…

rêve

Le ciel est sans couleur. Une brise paisible
Y balance opiniâtre un gros nuage gris
Qui résiste têtu, tout boursouflé de pluie…
Mais voici que tout change, et c’est très perceptible

A nos sens assoiffés d’éclat et de lumière,
Même si ce nuage est un peu importun !
Le dernier avatar d’un février défunt ?
Aurait-on entendu ma fervente prière

Adressée au soleil pour qu’enfin s’en revienne
Le beau temps disparu ? Un peu acidulé,
Le bleu dur qui conquiert le ciel couleur de lait
A la tonalité d’une faïence ancienne

Gardée précieusement au fond d’une vitrine.
Quant au soleil, tout doux, il ose se montrer
Et chasser le nuage, un peu plus assuré
Qu’il y a un instant. La fadeur ivoirine

Du ciel encor pâlot fond petit à petit.
La lumière est plus drue. Des couleurs apparaissent,
Qui s’en vont s’enhardir jusqu’à ce que renaissent
Les tout premiers bourgeons au bout des rameaux gris.

Le nuage a fondu. L’atmosphère est légère.
Il souffle un peu partout comme un air de printemps !
Hé ! Secoue-toi, Soleil, que revienne le temps
Où nous allons enfin nous saouler de lumière…

Publié dans Printemps | Laisser un commentaire

Louisiane

Atchafalaya_Basin

Salut, mon cher Midi ! Me revoici enfin…
Empruntant pour un temps des ailes au Voyage,
Je t’avais délaissé pour de nouveaux rivages
Très très loin de chez nous, aux modernes confins

D’un monde occidental où des gens se souviennent
Qu’on les vendit un jour, pour rien, à l’Etranger…
Je n’ai point vu là-bas de verdoyants vergers,
Ni de feuillages frais, tout neufs, et que s’en viennent

Caresser les rayons d’un large soleil blond .
Non ! Il faisait très chaud. La lumière exotique
Etait tout estivale sur les pierres antiques
Du vieux Carré français bourdonnant des flonflons

D’un jazz exacerbé par une énorme Fête.
Quartier tout cabossé avec des murs pisseux,
Glauque et grouillant de vie. Déglinguement poisseux,
Cacophonique et gris. Bruit à casser la tête

Et fêtards bigarrés de toutes les couleurs
Cahotant dans les rues du vieux Quadrilatère
En se fichant pas mal de l’étrange mystère
Y mélangeant partout les ordures aux fleurs !

Enfin, tout près de là, les grands bayous saumâtres
Aux énormes iris sur le palud herbu ;
La jungle inextricable aux grands cyprès barbus,
Que sillonnent sans fin des Cajuns idolâtres

D’un marais menaçant où les mena un sort
Hostile et redoutable. Où sur l’eau qui clapote,
Pur cristal transparent ou gadoue qui bouillotte,
Flottent comme des troncs de grands alligators.

*Napoléon céda la Louisiane aux Etats-Unis en 1803 pour 60 millions de francs

Publié dans Amours, Printemps, Questions ? | Laisser un commentaire

Délices printanières

Début d'été

Poème illustré par un tableau de :

Yvette Moënne
www.yvette.moenne.over-blog.com

Voici donc revenus ces jours si agréables !
Le printemps se cramponne au soleil enfin stable
Qui s’insinue partout pour mieux en chasser l’ombre.
On en a donc fini de ces soirées si sombres

Où l’on devait rester au creux de son cocon ?
On va pouvoir ouvrir largement sa maison ;
Désherber, s’affairer à pougnoter ses fleurs,
Bouturer, jardiner parfois jusqu’à pas d’heure

Et oublier enfin les orages d’avril :
Le printemps en Provence est souvent versatile
Et il faut se méfier pas mal de ses foucades.
Mais en mai il se calme, et c’est la cavalcade

Des beaux jours revenus et tout ensoleillés.
La lumière est exquise ; et dans le ciel de lait
Des tout petits matins, plus du tout de nuages
Pour oser s’opposer au soleil encor sage.

Publié dans Printemps | Laisser un commentaire

Le printemps à Marseille

regard-sur-marseille-Josette-esnard-2005

Poème illustré par un tableau de :

Josette Esnard
www.curiositel.com/gallery/kalliste/02P2-JosetteESNARD/

Marseille est au printemps comme revigoré :
Son ciel revivifié d’un tendre bleu pervenche
Semble désencrassé et tout repeint de frais
Par la brise d’avril. La mer calme qui penche

Clapote à petit bruit en oubliant l’hiver
Cabossant trop souvent ses lignes et ses vagues ;
La pimpante saison met des pointes de vert
Sur les arbres à nu où des oiseaux divaguent,

Comme affolés soudain par le soleil nouveau…
Tout au moins rénové pour la saison nouvelle !
Le printemps enjôleur a de tendres appeaux :
De jolis bataillons de fraîches jouvencelles

Aux fines jambes nues, résolues à bronzer
Expéditivement pour être encor plus belles,
Enchanter à tout-va et mieux hypnotiser
Les pauvres Marseillais prêts à la bagatelle.

Manches raccourcissant, genoux apparaissant,
Petits minois dorés qu’un rayon ensoleille :
Eros suit pas à pas le printemps renaissant.
Marseille rajeuni sourit et s’émerveille

D’être malgré son âge encor si passionné.
Tout le monde est dehors, et la ville est heureuse
De savoir profiter du beau temps qui renaît,
D’oublier pour un temps son âme bagarreuse.

Publié dans Marseille, Printemps | Laisser un commentaire

Mourir au mois d’avril…

Poème illustré par un tableau de :

Eric Espigares
www.eric-espigares.com

Mourir un six avril, n’est-ce pas incongru
Alors qu’autour de soi tout explose de vie
Et que la sève monte au coeur des arbres nus,
Alors que le soleil ressuscite à l’envi ?

Mourir à quarante ans au mitan de son temps,
Laisser anéantis tous les vivants qui restent,
Ouvrir au creux des coeurs l’énorme trou béant
D’un chagrin impossible à combler par les gestes

Tendres et impromptus de la tendresse humaine,
N’est-ce point malséant et même inconcevable ?
Laisser au fond des gens cette éternelle peine,
Pour toi qui es parti est-ce même acceptable ?

Tous les avrils sont doux en Provence, et le vent
Redevient peu à peu tout bleu et tout léger ;
Oui, mais toi tu es mort. Te souviens-tu d’antan
Quand tu vivais encor ? Oh, comme je t’aimais…

Publié dans Amours, Printemps, Questions ? | 2 commentaires

Le bourgeon

Oh, dis-moi, s’il te plaît, que je ne rêve point :
Est-ce bien un bourgeon au bout de cette branche,
Qui aurait réchappé à cette gelée blanche
Qui givre encor parfois notre pauvre jardin ?

Un tout petit bouton, un léger et ténu
Atome de printemps ! Un espoir minuscule…
Se pourrait-il qu’enfin ce noir fléau recule,
Cet hiver aux longs crocs, honni et malvenu ?

Le bourgeon est si frêle au bout de son rameau,
Avec ses quelques brins quasiment invisibles,
Que parier sa survie serait presque risible !
Cependant il est là, triomphant et costaud…

Il est un peu pointu comme un tout petit cœur :
En tendant bien l’oreille, dis, pourrait-on l’entendre
Battre tout doucement sous ses feuilles si tendres
Et, malgré le grand froid, pousser avec ardeur ?

L’arbre est pourtant minable et semble exténué :
Le bourgeon aurait-il sucé toute sa sève ?
Il est bien assez fort pour prendre la relève
De la vie immortelle en mon jardin fané !

Publié dans Printemps | Laisser un commentaire