Archives pour la catégorie “Printemps”

Botticelli
Sur un joli visage une bouche tachée
Par le suc vermillon d’une cerise rouge :
Sur des mots cristallins, des quenottes de lait,
Deux lèvres de velours qui sourient et qui bougent.
La lèvre supérieure a un arc prononcé
Comme il l’est bien souvent sur les bouches d’enfants.
Les commissures rient, légèrement plissées
Par la joie, le printemps et presque dix-huit ans.
Une bouche très jeune, une bouche parfaite
Où les rides des vieux n’ont pas encor brodé
Leurs petits plis rageurs creusés par les défaites,
Les fêtes, le chagrin, la mauvaise santé,
Et surtout par le Temps abîmant toute chose.
Une bouche entr’ouverte et doublée de vermeil !
Toute fraîche et gonflée, elle est telle une rose
Humide de rosée luisant sous le soleil.
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Publié par Vette dans Printemps

J.Tollet-Loeb
www.tollet-loeb.com
C’est le quatorze avril : nous allons déjeuner
Dehors dans le jardin pour la première fois !
L’air sent bon les lilas ; il fait tiède à souhait ;
Un tourtereau têtu roucoule son émoi :
Tout se conjugue enfin pour que nous soyons bien !
Un vent très délicat imprégné de senteurs
Palpite autour de nous légèrement, et rien
Ne saurait entacher tous nos petits bonheurs :
Les croissants craquillants sont tout frais ; le pain chaud
Croustille sous les dents ; ça sent bon le café,
Les tartines grillées, le thé, le cacao…
Le chant du tourtereau est empli de gaîté
Car il vient de trouver enfin sa tourterelle.
Le jardin est heureux, nous le sommes aussi,
Et c’est bon de goûter à cette vie si belle
En ce jour de printemps dénué de soucis.
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Publié par Vette dans Printemps

Alfred de Bréanski
Des fleurs partout ! Des fleurs, encore !
Une déflagration de fleurs
Explosant en moultes odeurs,
Des fleurs en rut ! Une pléthore
De fleurs foisonnant au jardin.
Des fleurs de toutes les espèces,
Des fleurs drues, des fleurs en liesse
S’ouvrant dès le petit matin !
Des fleurs en grappes qui ruissellent
Dans la campagne qui s’éveille,
Impudiques sous le soleil !
Des fleurs laides, des fleurs si belles
Qu’on en a le coeur enchanté !
Des fleurs folles, multicolores
Qui désordonnent tout décor !
Les fleurs qui préparent l’été !
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Un pépiement d’oiseau, le premier du printemps,
Le signe originel du renouveau qui vient !
Il fait pourtant bien gris mais la Nature attend
Un pas grand’chose en forme de tout petit rien
Qui sera son déclic ; et ce sont ces trois notes
Qui vont faire germer les pousses du beau temps.
Une mésange bleue dont les trilles pépiotent
Pour trouver l’âme soeur par les bois et les champs
Chante sur la gouttière et semble rameuter
Le soleil, la chaleur, la lumière et le bleu
Pour ravauder le ciel et le faire exploser.
Enfin des cris d’oiseau pour être plus heureux !
La pluie vient de cesser, et l’oiseau zinzinule,
Y mettant tout son coeur de léger passereau.
S’éparpillant au loin, les aériennes bulles
De son chant cristallin montent toujours plus haut…
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Publié par Vette dans Printemps

www.mandelia.fr
Souci , mon beau souci ! Toi, mon tendre amoureux,
Te souviens-tu des jours où nous vivions heureux
Dans le Mas de Fortune au creux blanc des côteaux ?
Au printemps qui renaît, tout s’en va à vau l’eau
Et le nouveau soleil a la saveur des cendres.
Combien de temps crois-tu pouvoir me faire attendre ?
Les arbres sont en fleurs ; l’herbe qu’on a coupée
Sent bon le miel, le vert, l’acide et le lait frais,
Mais tout me paraît vieux comme mon coeur lassé.
Dis-moi donc, mon amour, pourquoi t’en être allé ?
Où est le souvenir de nos folles balades
Là-bas dans la garrigue ? Et les douces ballades
Que tu chantais pour moi de ta voix de fausset ?
Et Lambesc, nos amis, as-tu tout oublié ?
Le ciel est bien lavé, les arbres sont fleuris
Mais plus rien alentour jamais ne me sourit.
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Publié par Vette dans Printemps

Cl. Coignot
www.clcoignot.artblog.com
Le verger tout trempé qui clignote au soleil
S’égoutte lentement sur l’herbe toute neuve
Déjà costaude et drue bien avant qu’il ne pleuve :
Le printemps revenu sait faire des merveilles
Même si l’eau de mars n’est pas bien généreuse !
Les amandiers en fleurs sont tout gonflés de sève,
Et un rose léger pose comme une brève
Voilette de fraîcheur sur les branches rugueuses.
Tout brille et tout rutile ; la nature est allègre,
Lavée et nettoyée par un souffle de vent
Qui a chassé la pluie aux confins de Mazan
Pour un soleil pimpant mais encor un peu maigre
Qui se fait tout petit en attendant le temps
Où il pourra gonfler et tonner dans le ciel.
Ca sent la terre humide et la brise et le miel ;
Tout là-haut flotte encor un nuage d’argent.
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Publié par Vette dans Printemps

Martine Tron
www.saudade.underblog.fr
Il n’y a pas d’erreur : ce sont bien les prémices
Du beau temps renaissant qui doucement frémissent
A l’entour du jardin. Peut-être le redoux ?
Bien qu’un froid insidieux rôde près du Ventoux
Dès que le soleil roux disparaît au Couchant !
Mais dans l’après-midi tout soupire et l’on sent
Une chaleur très douce qui lentement s’immisce
Jusqu’au coeur de la terre. Des plantes subreptices
Pointent un peu de vert hors des dalles usées
Toujours plus corrodées par d’ultimes gelées.
Dans quelques mois d’ici ce sera le printemps
Même s’il faut encor subir de temps en temps
Le mistral déchaîné qui suffoque et qui mord
La Provence frileuse en dévalant du Nord.
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Publié par Vette dans Printemps

Perfection japonaise. Estampes délicates
De branches tout en fleurs imprimées sur le ciel :
Des branches d’amandiers aux teintes incarnates
Oscillant lentement sous un soleil de miel
Dans le mistral dompté qui souffle doucement.
La beauté absolue réduite à quelques traits
Et à quelques pétales de velours rosés
Par une sève drue et pressée par le temps !
Des branchages fleuris sur un arbre encor nu
Et dont la rude écorce est ridée par les ans :
Le tempo aérien du printemps revenu,
L’essence épanouie d’un tout nouveau printemps.
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Publié par Vette dans Printemps

Cong-Zhou
www.cultureinside.com
La fille du mistral qu’on appelle la brise
Joue au fil des jours neufs à dépouiller les branches
De leurs frêles atours : parure rose et blanche
Eclose depuis peu sur leur écorce grise.
Elle fait voltiger dans le doux ciel laiteux
Les fleurs un peu fanées des gros arbres fruitiers
Aux rudes troncs rugueux, solidement ancrés
Dans les champs du Comtat pas bien loin de Monteux.
C’est une valse lente, un joli tourbillon
De pétales rosés semblant battre des ailes
Comme les papillons à la vie brève et frêle
Se posant en douceur dans le creux des sillons.
Mais à peine y sont-ils que, repris par le vent
Tout grelottant de rire à tant les malmener,
Ils repartent bientôt pour un nouveau ballet,
Voletant et dansant au bal bleu du printemps.
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Claude Monet
Dans le ciel bleu ondule un cercle d’anges roses.
Mollement allongés sur les nues ils reposent
En cessant pour un temps de garder les Humains ;
Ils ne vont plus bouger jusqu’à demain matin
Car demain c’est Avril : il va falloir bosser,
Battre sans fin des ailes à les en disloquer
Pour qu’elles neigent dru sur les arbres sans fleurs.
Leurs duvets si légers aux pastelles couleurs
Vont habiller les branches noircies par l’hiver :
Des pétales légers virevoltant dans l’air
Se posant sur le bois en bouquets de printemps,
Poussés ici et là par un doux vent d’autan.
Les anges du printemps en choeur secouent leurs ailes,
Et leurs plumes en pluie sur les arbres ruissellent
Pour les couvrir de fleurs. Ils sont roses et blancs,
C’est une belle histoire à conter aux enfants.
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Jean-Paul Courchia
http://www.courchia.com
Ne cherchez pas le grand bonheur,
Je pense qu’il n’existe pas !
Constitué de non-malheurs,
Il avance à tout petits pas
Au fil des minuscules choses
Qui font la saveur de la vie :
Un oiseau, les premières roses
De ce printemps encor flapi …
N’est-ce pas une exquise joie
De goûter au premier soleil ?
Et de humer entre ses doigts
Les nouveaux bourgeons de la treille
Qui va bientôt nous ombrager
Sur la terrasse aux volets bleus ?
Et tous ces petits-déjeuners
Pris sur la table aux pieds boiteux ?
Petits bonheurs, petites joies
Nous laissant tant de souvenirs !
Ils furent nos premiers émois
Et ne pourront jamais mourir.
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Nous sommes réunis dans le fond du jardin
Pour enfin profiter du printemps revenu
Avec Avril si doux, délicat et serein.
Nous avons ressorti de légères tenues
Et goûtant au soleil presque ressuscité,
Nous nous en délectons ! Des nuages laiteux
Ponctuent le ciel azur de taches pommelées,
La brise est aérienne et nous sommes heureux.
Il pleut partout ailleurs, mais ici en Provence
Comme presque toujours le beau temps nous sourit.
Pour nous l’hiver est mort ; mais tout, partout en France,
Est nappé d’un brouillard aux lourds serpentins gris.
Les enfants jouent et rient et des fleurs sont écloses ;
L’herbe est vert émeraude ainsi qu’un beau tapis.
L’air fleure déjà bon.Voici même une rose :
Sûrement la première en notre beau Midi.
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Publié par Vette dans Printemps

Didier Léveillé
www.didier-leveille.zevillage.org
Il y eut un orage, et puis deux, et puis trois …
Des trombes vrombissant avec un bruit d’enfer,
Nous assourdissant tous et flagellant les toits
En y rebondissant comme une pluie de pierres.
On ne s’est pas méfié : la pluie dans le Midi
Tombe le plus souvent sous forme de torrents,
Et nous n’avons pas vu que petit à petit
L’eau montait en chuintant dans les rues et les champs.
Puis elle a envahi la place, les trottoirs,
Inexorablement. Un flot sale et bourbeux.
Le ciel s’y reflétait, et l’étrange miroir
Etait parfois zébré des éclats lumineux
De l’orage furieux ne voulant pas mourir.
Bientôt les magasins ont été envahis,
Puis les rez-de-chaussée … Il a fallu s’enfuir
En laissant tous ces riens qui étaient notre vie.
Depuis nous attendons. L’eau est calme et tranquille
Et l’on ne voit plus rien qu’une surface lisse
Des toits noirs émergeant de ce qui fut la ville.
Nous faisons attention qu’aucun de nous n’en glisse.
Un vieux tout ricanant parle d’Apocalypse.
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Publié par Vette dans Printemps

Sur les rives de l’étang gris
Que l’hiver a rendues bourbeuses,
Des fleurs safran, si lumineuses
Que le mois de mars en sourit,
Se sont déplissées dans la nuit :
Des émissaires délicieuses
Du printemps qui s’épanouit,
Aux exhalaisons capiteuses.
Leurs six tépales (1) en couronne
Enceignent un entonnoir jaune
Au bord finement dentelé,
Et les printanières trompettes
A la couleur ensoleillée
Appellent avril à tue-tête.
1- Non non ! Je ne me suis pas trompée : ce sont bien des « tépales » !
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Publié par Vette dans Printemps

Des points sur un rameau, des points presqu’invisibles,
Infimes gonflements un petit peu moins verts
Que l’écorce fripée. Il paraît impossible
Que ces tout petits points soient les fleurs qu’on espère.
Puis les boutons boursouflent, ronds et turgescents,
Posant sur l’arbre nu des billes de velours
Craquant l’une après l’autre. Et des pointes d’argent
En jaillissent soudain, croissant de jour en jour.
L’arbre est enfin fleuri et le vieil amandier
Sent ses pétales neufs palpiter doucement,
Et puis ils se détachent, presqu’aussi légers
Que des papillons blancs dansant au gré du vent.
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