Archives pour la catégorie “Les gens”

« Qu’est-ce qui s’est passé ? » a demandé Julie
En montrant son portrait à Marie, sa grand’mère,
Du temps où celle-ci était fraîche et jolie :
Joli teint de velours irisé de lumière,

Cheveux blonds tout bouclés et sourire éclatant…
Même femme, vraiment ? Comment est-ce possible ?
Où s’est évanouie cette image d’antan ?
Et comment rendre compte de l’irréversible

A un petit enfant ignorant la vieillesse ?
Cette dégradation gagnant de jour en jour,
Ce corps qui se flétrit, ce manque de sveltesse…
Comment lui dire enfin qu’il n’est pas de : « Toujours » !

Ces cheveux grisonnants et secs comme du foin,
Ce visage défait et qui fond en bajoues,
Et cet âge maudit avec tout son tintouin
De petits maux divers ! Là, Marie se l’avoue,

C’est bien trop difficile… Et elle va tenter
D’éluder le sujet… Un manque de courage
Qu’après-demain, demain, elle va regretter…
« Et si nous allions faire un tour dans le village ? »

 

 

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Poème illustré par une photo de :

Serge Pertuis

Il aime la Provence et n’en veut pas partir ;
Ferait n’importe quoi, aimerait mieux mourir
Plutôt que de laisser sa terre bien-aimée !
Ses racines sont là, et c’est là qu’il est né

Il y a vingt-cinq ans dans la grand’rue de Murs.
Ces nappes de soleil inondant les vieux murs
Et ces pavés luisant sous l’intense lumière
De l’été triomphant… Il ne peut pas se faire

A l’idée de quitter son si joli village
Et se sent tout gonflé d’impuissance et de rage…
Et comment pourrait-on faire entendre raison
A un vrai Provençal face à sa mutation ?

Sur la route de Sault, de chez lui, il peut voir
Au loin le Luberon, tout cuivré par le soir
Eteignant sa lumière en extrême douceur.
Oh ! Ces soleils couchants qui étreignent son coeur

A force de beauté ! La falaise de Lioux,
La combe vers Venasque et les grands rochers roux…
Ses longues promenades, le chant des cigales
Dans le concert strident de l’été provençal…

On dit que son ancêtre était le bon Crillon,
Un allié d’Henri IV et son gai compagnon.
Légende exagérée ? Il ne sait, mais il sent
Que c’est ici que bout et sa vie, et son sang…

Il sait que ce serait renier son enfance
Que d’ainsi déserter bien loin de sa Provence.
Il ne partira pas ! Et il s’en va opter
Pour ce que certains nomment la médiocrité…

 

 

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Le jardin d’Eulalie est tellement fleuri
Qu’elle en est toute fière. Et toutes ses amies
De la féliciter d’avoir la main si verte !
Sa porte hospitalière est d’ailleurs grande ouverte

A tous les villageois voulant le visiter.
Un endroit merveilleux visité par les fées
Dès avril, parfois mars ; où toutes les essences
Explosent en couleurs avec magnificence !

Mercredi Eulalie a reçu la visite
De son amie Anna, avec une petite
Qui l’appelait Mamoune : un tout-petit enfant
Aux cheveux blonds bouclés, aux grands yeux innocents.

Eulalie a offert une tasse de thé
Et les dames se sont mises à papoter
Pendant que la fillette errait dans le jardin…
Puis elle est revenue, un trésor plein les mains :

Une énorme brassée de fleurs, mais les plus belles !
Un bouquet gigantesque et tout aussi grand qu’elle
Qu’elle serrait très fort sur son ventre dodu.
Une razzia totale, un saccage absolu !

Eulalie crut mourir : son jardin ressemblait
Au square communal qui était tout pelé !
Cachant son émotion et sa déconfiture,
Pour se remettre un brin et fair(e) bonne figure,

Elle mit un grand coup de gnôle dans son thé !
Puis la tête à l’envers et le coeur retourné,
Elle fit des bouquets des fruits de la rapine,
Les offrant gentiment à toutes ses voisines…

 

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Nico Le Caruyer

www.nicilcdbpaints.blogspot.com

C’est un petit monsieur qui s’appelle Amédée,
Qui prend tout au sérieux et ne sait pas sourire.
Ne voyant de la vie que ses mauvais côtés,
Il aime à l’infini ne parler que du pire,
Et comme un gros crapaud il ne sait que baver.

N’essayez pas l’humour : il ne comprendrait pas !
Il n’est pas en osmose avec les Marseillais
Plutôt joyeux lurons, car c’est un rabat-joie,
Un sombre trouble-fête. Il n’est vraiment pas fait
Pour le rire et les jeux. Un triste pisse-froid

Qui était déjà vieux quand il était enfant !
Bien trop sage et posé pour avoir des amis,
Il faisait tout trop bien et raisonnablement :
Un enfant solitaire un peu terne, un peu gris
Et toujours accroché au jupon de maman.

Il ne sort pas beaucoup et ne plaît pas aux femmes ;
Elles ne l’aiment pas car il est trop sévère;
Et la seule à laquelle il ait offert sa flamme
A fui épouvantée par son aspect austère
Et son fade discours triste comme son âme.

Un vieux garçon suintant de torpeur et d’ennui,
Avec un morne emploi de petit fonctionnaire
A la vie enlisée dans la monotonie.
Austère casso-joï* que ce célibataire
Qui ne comprend jamais pourquoi les autres rient…

*En Provençal, un casso-joï est un rabat-joie !

 

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En des temps fort anciens, dans Le Muy assiégé
Par le grand Charles Quint, une poignée de braves
Ne pouvaient se résoudre à être enfin domptés!
Ils décidèrent donc, car l’heure était très grave,

De tirer sur le roi pour s’en débarrasser.
Retranchés dans leur tour, les hommes le visèrent,
Mais leur arquebusade étant plutôt ratée,
Ce fut de La Vega que les mutins tuèrent.

Un immense poète et un ami du roi !
Le grand Carcilaso ! Charles Quint ulcéré
Promit en hypocrite, y engageant sa foi,
De ne pas le venger si la tour se rendait ;

On tint bon deux longs jours, et puis l’on accepta :
On avait sa parole et l’on était confiant ;
Car comment ne pas croire au serment d’un grand roi…
Qui, à peine sortis, les pendit sur le champ ?

 

 

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Poème illustré par un tableau de :

Marie Godest
www.mariegodest.com

Elles sont trois amies aimant se rencontrer
Plusieurs fois par semaine, où elles se racontent
Tout un tas de ragots, futiles, mais qui comptent
Dans leur petite vie monotone, étriquée

Et pas mal solitaire. En été, c’est au Parc ;
En hiver au Café ou chez l’une d’entre elles.
Patati patata ! Volent à tire-d’ailes
Des discours filandreux parsemés de remarques

Très souvent inventées sur des gens du village ;
Parfois des faits divers récents, de beaux scandales
Les mettent en émoi car c’est un vrai régal
De parler savamment d’esclandres et d’orages

Dont on ignore tout mais où l’on peut broder.
Méchantes ? Pas vraiment… C’est à coup sûr l’ennui
Qui les pousse à gloser. Patata patati …
Que de temps gaspillé à toujours jacasser !

C’est vrai que leurs jours creux sont peu intéressants :
Les enfants sont partis et leur vieux mari dort
Quand il ne grogne pas, et encore, et encore…
Barjaquer et causer, c’est leur seul passe-temps.

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La maison de César pleut à la moindre pluie :
C’est une vraie passoire ! Encore heureux qu’ici,
Pas bien loin de Marseille, il pleuve peu souvent !
Mais le mas est aussi une passoire à vent,

Et le vent, on connaît, au coeur de la Provence !
Ce sacré vieux mistral… Quelquefois César pense
Qu’il pourrait sûrement consolider son toit.
Mais le seul mot : « travail » lui cause de l’émoi…

Quand l’automne s’en vient, il sort ses trois bassines :
Une pour le salon, l’autre pour la cuisine ;
Pour la troisième enfin, il doit pousser son lit
Car c’est en plein milieu que s’écoule la pluie.

Dans un coin de la cour il y a moultes tuiles.
Il faudrait que César se rende un peu utile
Et monte sur le toit pour le rafistoler;
Mais rien que d’y songer le voici épuisé !

On verra ça plus tard… Il est déjà une heure :
C’est l’heure de la sieste, un instant de bonheur !
Mais il a plu hier et son lit est mouillé !
César se traîne alors sous un vieil olivier…

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Il y a bien longtemps un certain monsieur France
Vivait à Coursegoul(es) : un vieux célibataire
Qui menait au village une vie solitaire,
Une petite vie sans chance ni malchance.

Un jour qu’il contemplait les pentes du Cheiron,
Il se mit à songer… puis il eut une idée :
Faisant fi du bon sens, fou-furieux, il allait
Sur la montagne incult(e) construire une maison !

Il choisit son terrain. Et lors pendant vingt ans,
On le vit qui montait, descendait sans relâche,
Ployant sous son fardeau, attelé à sa tâche
Comme un bourrin têtu. Un travail de Titan !

La maison terminée, il bâtit des restanques
Comme un fou qu’il était. Et quand tout fut fini,
Il demeura pensif et il fut envahi
Par la curieuse idée qu’il allait être en manque !

Tout cela était vain, il fallait redescendre
Au niveau des humains qui ne rêvaient jamais.
Alors l’homme fourbu, las et désabusé,
Rentra à Coursegoul(es) et il alla s’y pendre.

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Poème illustré par un tableau de :

Jean-Baptiste Greuze
(1725-1805)

Ma belle Magali, apprécie donc la chance
De vivre dans le Sud, d’habiter en Provence
Et d’y goûter ainsi trois cents jours de soleil
Qui piquètent de roux ton joli teint vermeil.

Trois cents jours de soleil tout au long de l’année,
Depuis ce jour de mai fleuri où tu es née
Dans un mas odorant qui sent bon la lavande,
Planté dans la garrigue au milieu de la lande !

Mais tu t’y sens trop loin des plaisirs de la ville.
Des larmes de dépit perlent de tes longs cils
Quand tu songes parfois que là-haut, à Paris,
Tu pourrais savourer une tout autre vie.

Jolie écervelée, tu n’es pas raisonnable !
Comment peut-on rêver d’un pays plus aimable
Que celui où tu vis ? Regarde autour de toi !
Et sais-tu qu’aujourd’hui dans le Nord il fait froid

Bien qu’on soit au printemps ? Tu y dépérirais
Comme une fleur des champs négligemment jetée
Sur le bitume gris. Reviens à la raison,
Magali du soleil, et reste à Cavaillon !

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Une foule de gens qui vont sans se frôler,
Une masse innombrable, un moderne ballet
Dont les participants ne se connaissent pas
Et dont le seul hasard s’en vient rythmer le pas.

Jour d’été à Marseille : un bel après-midi
Où l’on va nez au vent car c’est un samedi.
On bade et l’on regarde ; on entre et l’on ressort
De moults magasins sans savoir que la Mort

Est tapie dans un coin, accrochée à un homme
Dont la taille est gonflée par un objet informe,
Un épais ceinturon qu’il veut faire exploser…
Mais sa main d’assassin vient de se pétrifier :

Un tout petit garçon aux noirs cheveux bouclés
Et qui rit aux éclats lui envoie un baiser :
C’est l’un de ses voisins, un pitchoun adorable
Qui bade sur le Cours et ne sait qu’être aimable ;

Un minuscule enfant qui lui tend un morceau
De son goûter à lui, petit bout de gâteau
Juste un peu mâchouillé mais offert de bon coeur.
Le front du meurtrier se couvre de sueur…

La foule va et vient, grouillant d’individus
Menant chacun leur danse et pourtant inconnus :
Le grand bal des vivants au sein de la grand’ville
Palpitant sous le ciel. Des êtres inutiles

Dont un quidam en noir va rayer l’existence…
Mais non ! L’on vient d’apprendre en lisant «  La Provence »
Qu’au fin-fond du maquis, dans un coin isolé,
Un homme maladroit hier s’est fait sauter !

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Je t’aime, Magali décoiffée par le vent,
Une bise d’hiver qui s’emmêle en hurlant
Dans tes longs cheveux roux de vénus provençale.
Car tu es un démon et même le mistral

Ne peut pas résister à ta beauté sauvage.
Nous sommes en décembre, et pourtant un orage
Rugit dans le ciel lourd à la lumière grise.
Ta beauté et ce temps m’affolent et me grisent

Comme un vin trop épais qui m’empâte la bouche.
Je suis désespéré, mais jamais rien ne touche
Ton petit coeur si froid obstinément fermé.
Pourquoi m’as-tu suivi ? La lande est désolée,

Perdue infiniment au fin-fond de l’hiver.
Tragique promenade ! Et ce monde de pierre
Tout alentour de nous ressemble à mon amour…
Mais il est déjà tard. Ce rocher est très lourd,

Que je dois déplacer pour mieux cacher ton corps.
J’ai chaud malgré le froid. Et de tes longs yeux morts
Tu contemples le ciel que tu ne verras plus.
La foudre se déchaîne et fait craquer les nues…

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Ils se sont rencontrés un matin sur la plage ;
Ils se sont regardés, ont souri, se sont plu ;
Et la mer en battant a scandé le début
D’une histoire impossible et d’un très beau voyage…

Elle habite au Prado et lui près des Borels.
Un HLM coquet mais sis… dans le Quinzième !
Il est noir, elle est blonde; ils sont fous et ils s’aiment
D’un amour insensé qui leur donne des ailes

Et leur fait dédaigner toutes les conventions.
On leur a pourtant dit qu’ils auraient des ennuis :
« Voyez donc vos prénoms ! Vraiment pas assortis ! »
Mais ils ont passé outre et paisibles ils vont

Leur si joli chemin de jeunes amoureux.
Il la trouve craquante avec sa peau si claire ;
Elle aime infiniment son sourire solaire
Et ses longs yeux marron. Quant aux siens, ils sont bleus

Comme la mer, là-bas, pas bien loin de chez elle…
Ils sont très différents, mais ils sauront narguer
Les autres, enragés à les voir séparés.
Ils ont même regard pour voir le même ciel.

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Poème illustré par un pastel de :

Mathurin Janssaud
(1857-1940)

www.concarneau-peintres.fr

En l’an 1516, le roi François I°
Fit savoir à Manosq(ue) qu’il y devait passer.
Branle-bas de combat ! Tout bourdonne, on s’agite
Pour la cérémonie, et l’on recherche vite

Quelle est la plus jolie des filles de la ville
Pour présenter ses clés. Qui pourrait…? Les édiles
Pensent à l’unisson à Anne de Voland,
La fille du consul… Le roi en la voyant

La jaugea prestement, la trouvant si gentille
Qu’il pensa pour la nuit la mettre… dans son lit !
Mais la fille était pure, et son intégrité
Poussa son jugement à très vite trouver

Le tour le plus subtil pour échapper au pire :
Au souper, s’excusant avec moults soupirs,
Elle se retira pour aller barbouiller
Son ravissant visage de soufre enflammé ;

Puis elle s’en revint en cachant sa hideur
Sous un long voile noir. Le roi saisi d’horreur
Fit amende honorable et demanda pardon
A Anne devenue un affreux laideron

Par excès de vertu… Voici ce que l’on conte
A Manosque depuis… Histoire prise en compte
Par tous les troubadours. Pas par les historiens !
Car aux contes trop beaux ils ne connaissent rien…

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Marmaduke O’Reily idolâtrait la France :
Voulant s’y installer non loin d’Aix en Provence
Pour pouvoir profiter du soleil du Midi,
Il fit donc son bagage et quitta son pays

Avec ses poissons rouges, son vieux chihuhua,
Ses serins, son hamster… sans oublier son chat :
Un chat au poil de jais et dont le regard d’or
Luisait étrangement : il n’était pas d’accord

Car il désirait fort rester en Angleterre…
Marmaduke ravi trouva que la lumière,
La mer et le soleil, la garrigue et le vent
Etaient tous « marvelous », de même que les gens.

Mais Puck n’appréciait pas… Puis il eut une idée :
Les yeux demi-fermés, il se mit à passer
Sa patte doucement derrière son oreille.
C’était un chat malin : tout marcha à merveille !

Il se mit à pleuvoir sans discontinuer,
Jour après jour, sans cesse… Et l’Anglais déprimé
Se mit à regretter son déménagement,
Sa terre, ses amis et sa vieille maman…

Il refit sa valise et repartit chez lui
Avec son chien, son chat, ses serins … et tutti !
Et chacun ébahi put dès lors constater
Que Puck, dès qu’il pleuvait, ronronnait sans arrêt…

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Poème illustré par un tableau de :

Mad
www.mmlcf.canalblog.com

On est le deux juillet. Paul vient de se lever
Un petit peu plus tard : premier jour des vacances !
Il n’a pas bien dormi car les nuits en Provence
Sont chaudes et cliquettent de frôlis légers.

L’esprit un peu brumeux, il va juste essayer
De ne pas allumer la radio tout de suite
Comme il se l’est promis : il vaut mieux qu’il évite
De savoir comment va son monde détraqué !

Replié sur lui-même et lové tout au fond
De ce petit village aux confins du Midi,
Il va tout oublier, ses soucis, ses ennuis :
N’y surtout pas penser, ne plus tourner en rond

En quête d’un bonheur qui n’est pas fait pour lui !
Dehors tout est soleil ; les cigales criquettent
Sans jamais s’arrêter : existences simplettes
Vouées au seul été pour y donner la vie !

On est bien, il fait chaud et les pins sentent bon,
Comme le romarin, le thym et la lavande
Qui ponctuent de bleu les bois secs et la lande…
Le temps n’existe plus au creux de ce vallon.

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