Archives pour la catégorie “Le soleil-lion”

Le soleil est énorme et il fond goutte à goutte
Sur la surface acier de la mer immobile.
La Méditerranée, lisse comme de l’huile,
Oscille lentement. Des traces de mazout
L’irisent joliment. Il y a mille oiseaux
Qui plongent vers les flots en hurlant à grands cris,
Rayant le ciel foncé de leurs maigres corps gris.
Mais comment font-il donc pour n’avoir jamais chaud
Quand ils mènent ainsi leur incessant manège ?
Sur l’horizon crayeux Marseilleveyre est beige
Et ses pentes pelées brûlent infiniment.
Ce mois d’août est très dur. Il est comme un fléau
Qui consume Marseille. Il n’y a pas de vent,
Si ce n’est par moments un coup de sirocco.
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Poème illustré par un tableau de :
F.Claire
Pardonne-moi, Soleil, parfois je t’injurie !
Et pourtant n’es-tu pas un symbole de vie
Pour nous pauvres Terriens au fond de l’Univers ?
Sans toi rien d’autre ici qu’un éternel hiver !
Il est vrai que chez nous par moments tu galèges
Quand nous mourons de chaud, que nos yeux parpalègent
Tant tu les fais ciller à grands coups de rayons !
Mais certains aiment ça, et ils sont des millions
A se précipiter sur nos plages brûl antes !
Tu les foudroies alors de tes nuées ardentes
Mais ils s’en fichent bien ! Rôtissant peu à peu,
Leur peau part en lambeaux ! Leur détruis-tu les yeux ?
Ils s’en moquent pas mal… Nous, nous t’aimons surtout
Pour ta douce lumière et la tendre chaleur
Du printemps revenu qui te tire du nid.
Parfois un peu cruel, tu peux être un ami,
Car ici l’on sait bien comment on doit user
De tes bienfaits, Soleil ! Et puisses-tu rester
Avec nous pour le reste des temps en Provence…
Sans trop d’excès pourtant, et sans trop de violence !
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Le soleil s’est paré d’oripeaux flamboyants
Tel un énergumène, un flambeur, un rufian
Ne songeant qu’à brûler les terres de Provence
Avec cet appêtit, cette ardeur, cette outrance
Qu’on ne voit qu’en Afrique ou au sein de l’Enfer !
Le soleil au mois d’août est comme un Lucifer
Impossible à mater, horrible à supporter !
Mais comment donc faisions-nous les autres années ?
Au fond de l’horizon, un tout petit nuage
- Un minuscule cercle et peut-être un mirage -
Rit dans sa barbichette : un petit rien du tout,
Joli grain de beauté posé sur une joue !
Mais il cache son jeu : mine de rien il gonfle
Dans le ciel bleu marine ; et alors que ronfle
Au loin comme un bruit sourd, très subrepticement
Il enfle peu à peu. Puis soudain bien plus grand
Que le soleil dément il le gomme d’un coup :
Eteint le grand bravache, effacé par un fou
Petit nuage rond qui osa l’affronter
Malgré son handicap ! Un culot insensé…
Et maintenant il pleut : un orage maison !
Le soleil dépité refourbit ses rayons
Pour revenir demain plus faraud que jamais.
La Provence est sa chose au pays de l’été !
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Poème illustré par un tableau de :
Dominique Guilloineau
www.dominique-guilloineau.fr
Implacable et laiteux le soleil est penché
Au-dessus des marais accablés de chaleur.
Cet été est si chaud, son éclat si outré
Que tout semble endormi ! Une morne torpeur
Engloutit la région dans des flots de silence…
La Camargue suffoque, et l’astre triomphant
L’inonde de lumière. Le grand ciel est pesant,
Insupportable ici comme ailleurs en Provence,
Car cet été torride a pris dans ses filets
Tout le Sud épuisé par un feu harassant
Qui l’éreinte et le mine inexorablement.
La Camargue elle-même est muette et se tait.
Mais où sont ses oiseaux aux ailes colorées
De rose et d’orangé ? Et les grands taureaux noirs
Paissant les roseaux bleus dans la brise du soir ?
La Camargue a trop chaud et semble inhabitée.
Le mistral s’est éteint, soufflé par la tornade
De l’ouragan de feu d’un mois d’août démentiel.
En se vaporisant l’eau s’amalgame au ciel….
Vers Aimargues au lointain se traîne une manade.
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Dans l’air bleu qui froufroute un immense oiseau blanc
Descend de nue en nue lentement, en glissant
Du haut en bas du ciel. Un planeur, un vaisseau
Aux ailes fuselées qui plonge vers Allauch.
Il est calme et paisible : un vaste oiseau d’argent
Qui plane dans l’éther et qui chuinte en fendant
L’azur clair et serein de ce jour de juillet :
Immense goéland au coeur bleu de l’été,
Dont les ailes aiguës sont appelées des plumes ;
Un oiseau de papier où la lumière allume
Des spots ensoleillés. Dans le lointain la mer
Pétille en clignotant de feux multicolores.
Le planeur vélivol(e) sur l’horizon qu’éclaire
Le soleil déclinant tout éclaboussé d’or.
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Plus brûlant que le feu, rugissant de lumière,
Je dispense la vie de mes rais embrasés ;
Enorme et minuscule au sein de l’Univers,
Je roule au fond du ciel tel un bolide ailé,
Infime et colossal, créateur de la Terre.
Je sème aussi le mal : destructeur de forêts,
J’aime les dévorer ; et fauteur de misère,
Me repais de la mort des mondes desséchés
Où se traînent hagards ces humains ridicules
Qui se croient importants. Mais leur vie minuscule
Ne dépend que de moi, de ma pérennité.
Explosant de fureur, d’immenses rayons blancs,
Je suis le seul Soleil, le maître incontesté
Des journées et des nuits qui jalonnent le temps.
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C’est un coin de fraîcheur au coeur de la montagne,
Un monde fluide et vert presque froid en été,
Où jase la chanson d’un royaume enchanté
Par les Esprits de l’eau et leurs belles compagnes
Hantant les pentes drues de prairies oubliées.
Quand la chaleur partout est vraiment trop pesante
Et que le soleil-lion à l’ardeur arrogante
Brûle tout alentour de son souffle enflammé,
Les fées viennent ici se doucher sous l’eau claire
Qui les fouette dru. Elles poussent des cris
Aigus et affolés qu’on entend jusqu’à Cruis,
Jouant à s’asperger et feignant la colère.
La cascade bondit ; elle est presque glacée,
Ceignant les beaux corps nus de ses méandres bleus ;
Et la chaleur qui sourd de la montagne en feu
Est tempérée par l’eau qui jaillit des rochers.
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Poème illustré par une photo de :
www.http://slaw.unblog.fr
A la fin de juillet un oiseau s’est posé
Sur le vieux cyprès bleu tout au fond du jardin.
C’était un bel oiseau au plumage foncé,
Un oiseau roucoulant aux plumes de satin.
Le temps était brûlant et le mois d’août coulait
Comme du plomb fondu. Mais malgré la chaleur
L’oiseau ne bougeait pas. Cependant d’heure en heure,
Sous l’énorme soleil il se décolorait :
D’abord gris tourterelle et puis d’un gris plus pâle,
Lentement peu à peu sa couleur a changé.
Il semblait désormais formé de grands pétales,
Mais sous son jabot clair de la vie palpitait.
Puis il est devenu si intensément blanc
Que nul ne pouvait plus le fixer sans ciller.
C’est alors qu’un rayon de lumière a fusé :
L’oiseau a disparu en un éclair d’argent.
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Ma douce, puissions-nous rester ainsi ensemble
Jusqu’à la fin des temps ! Au firmament qui tremble
Sous l’énorme chaleur de la fin de l’été
S’allument en tombant les éphémères traits
Des météores blancs traversant la nuit bleue
Et fusant au contact de l’atmosphère en feu :
Météorites d’or venues de l’Infini
Qui dévalent du ciel ! Fais un voeu, mon amie :
On dit depuis toujours que c’est signe de chance
De voir dégringoler ces étoiles qui dansent
Au mitan du mois d’août. Exprimons donc le voeu
De nous aimer toujours, tant il est délicieux
D’être sur la colline à contempler la nuit !
Ces cailloux embrasés sont comme notre vie
Qui peut également exploser en plein vol.
Alors profitons-en pour prendre notre envol
Et ne nous soucions plus des soucis terre à terre.
Ces mondes fracassés sont un réel mystère
Comme notre existence ? Essayons donc tous deux
D’oublier notre peur en étant très heureux…
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www.malou-peinture.fr
La fournaise ruisselle du ciel en fusion,
Fusion de la lumière et du soleil ardent.
L’été lourd, accablant, hors de toute raison,
Ecrase de chaleur le paysage blanc
Fané par les abus d’une étuve infernale.
Même Marseille dort, abattue et prostrée
Dans la morne torpeur d’un août exagéré
Où ne vit plus vraiment que le cri des cigales.
Le ciel est immobile, et il semble figé,
Immuablement bleu au-dessus de la ville.
Le Prado est désert, et la mer qui oscille
Est tiède et repoussante : on la dirait caillée.
Des étés aussi chauds sont tout de même rares
Et les vieux Marseillais ne se souviennent pas
D’en avoir jamais vus ! Tel Antonin Riva
Qui raconte pourtant des histoires bizarres…
Rien n’est plus raisonnable et ce temps insensé
Est si démesuré qu’il est presqu’effrayant.
Même les nuits sont chaudes, tout comme le vent
Apportant du grand Sud une odeur épicée…
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On n’avait jamais vu en plein mois de juillet
Le ciel virer à l’encre, en à peine deux heures :
Un phénomène étrange et qui nous a laissés
En proie au désarroi. Un sentiment de peur
Face à cette folie incontrôlée des cieux !
Puis d’un coup, d’un seul coup, tout là-haut s’est ouvert
Un déversoir géant de grêlons monstrueux,
Couvrant le sol trop sec d’une couche de sphères
Grosses comme des billes de verre gelé,
Jaillissant en fracas du fond de l’infini.
Malédiction lancée par les dieux de l’été
Qui ne supportaient plus notre existence impie ?
Toujours est-il qu’on en est restés sidérés :
Tout était ravagé par la pluie et la glace
Et l’on ne comptait plus les jardins saccagés,
Les serres éclatées… Partout le coup de grâce,
Le feuillage et les fleurs broyés, hachés menu ;
Un paysage blanc comme un jour enneigé ;
Des autos cabossées et qui ne roulaient plus :
Dix minutes de grêle et des vies détraquées !
Puis on s’est résignés ; on a pris une pelle
Pour déblayer les rues, comme au mois de janvier
Quand par hasard il neige. Et de gaies étincelles
Cliquetaient sur la glac(e) : le soleil renaissait !
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Poème illustré par :
Marc Delage
www.marcdelage.unblog.fr
Il fait tellement chaud qu’on n’a plus d’appétit.
Je vais donc préparer un goûteux papeton
Qu’on mangera demain sur le coup de midi.
Préparé à l’avance, il sera vraiment bon !
Je vais faire dorer dans ma grosse terrine
Deux oignons émincés et de l’ail dégermé ;
Puis j’y ajouterai un kilo d’aubergines,
Des herbes de Provence… Je ferai bouillotter
Le tout une bonne heure. Quand il sera bien froid,
Je le mélangerai avec quatre ou cinq oeufs,
Le remettrai au four une nouvelle fois.
Puis re-longue cuisson sous un tout petit feu…
Le papeton est prêt : mettons-le au frigo
Pour le servir demain, démoulé et tranché
Avec un bon coulis. Oh ! boudiou… Que c’est beau,
Ce rouge avec ce vert ! Goûtez donc, s’il vous plaît…
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Un énorme soleil se penche sur la terre.
Asséchant les ruisseaux et buvant les rivières,
Il fait de la Provence une terre de feu
Dont le ciel est marine : il est beaucoup trop bleu,
Bien trop foncé surtout : c’est signe de grand vent !
Et nous nous mouronnons, comme le plus souvent
Quand le mistral s’emballe au milieu de l’été.
Si l’on nous fait grief de trop nous inquiéter,
Nous rappelons alors le dernier incendie
Qui a tout ravagé non loin de Sanary
L’an dernier au mois d’août. Le ciel était foncé,
Bien lavé par le vent qui avait tempêté
Une semaine entière… Il fait vraiment trop chaud,
Mais nous n’approuvons pas ces touristes idiots
Qui réclament du vent à qui veut les entendre !
Ne les écoute pas et ne sois pas trop tendre,
Dieu des Etés Brûlants, en exauçant leurs voeux.
Au mois d’août c’est normal ; et le pire est le mieux !
Rissoler au soleil est un bien moindre mal
Qu’être enfin rafraîchis par un fichu mistral
Qui flanquerait le feu à toute la Provence !
Honnis soient les crétins qui lui feraient confiance !
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Poème illustré par une aquarelle de :
Armand Feldmann
www.armandfeldmann.com
C’est la morne saison de bien belles amours
Et la fin de l’été. On s’était dit « Toujours ! » ;
Puis elle est repartie ; et bien seul sur la plage,
Je subis du mois d’août les énormes outrages
Du soleil, de la mer que j’aimais tant avant.
On n’est plus bien ici ; il y a trop de vent…
Je voudrais remonter vers Paris, la revoir…
Mais n’était-ce vraiment qu’un réel « Au revoir »
Que ces derniers baisers ? Et si c’était « Adieu » ?
Non, ce n’est pas fini ! Impossible… Oh ! mon Dieu,
Qu’elle ne m’oublie pas ! C’est vrai que Cavalaire
Est vraiment ravissant, ruisselant de lumière
Et du bleu transparent d’un ciel clair sans nuages.
Mais elle n’y est plus, je suis là, et j’enrage
Que mes parents s’obstin(ent) à y vouloir rester !
Moi j’attends le départ et la fin de l’été…
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Poème illustré par un tableau de :
Gustave Klimt
(1862-1918)
Il redevient fort « in » ! Partout dans le Midi,
Des femmes très branchées l’ont de nouveau sorti
Des antiques tiroirs de très vieilles commodes
Où il gisait tout gris, n’étant plus à la mode.
C’est un souffle aérien et un faiseur de vent ;
Un joyeux décoiffeur léger et insolent
Posé au bout des doigts l’agitant en douceur
Pour effacer des joues tout excès de rougeur.
C’est un courant d’air frais ventilant les museaux
De moultes mannequins. Faits de plumes d’oiseaux,
De papier, de soie fine ou d’un zeste d’été,
Il palpite et s’agite en mouvements légers ;
Et quand de fines gouttes de transpiration
Perlent au bout du nez de Jeanne ou Marion,
Elles ont sous la main mieux qu’un climatiseur :
Une bribe de vent qui les oint de fraîcheur !
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