Archives pour la catégorie “Le début de l’été”

Poème illustré par un tableau de :

Jean Potvin
www.jeanpotvin.com

Le vent n’en revient pas : c’est sa fête aujourd’hui !
Ces Marseillais sont fous ! Pourtant il les ennuie
Plus souvent qu’à son tour quand il souffle en tempête !
Ma foi ! Tant pis pour eux, et il serait bien bête

De ne pas apprécier tout l’honneur qu’ils lui font
Avec ces cerfs-volants – Fanfares et flonflons !
Certains sont étonnants et d’autres magnifiques ;
On compte donc sur lui et il faut qu’il s’applique

Pour emporter tout ça jusqu’en haut des nuages.
Il va privilégier un pitchounet bien sage
Qui tient un bel engin de ses deux mains serrées
En n’ayant qu’une peur : le laisser s’échapper

Si le vent est trop fort ! Le mistral a pitié,
Il retient donc son souffle et se fait tout léger,
S’orientant comme il faut pour aider le petit…
Etonné par l’enfant tout le monde applaudit ;

Pour la première fois le vent se sent aimé.
Il se gonfle de joie et fait tourbillonner
Au dessus du Prado l’image du bonheur :
Le joli cerf-volant est en forme de coeur.

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Poème inspiré par un tableau de :

Xavier Alzuria
www.didier-leveille.zevillage.org

C’est un enfant tout blond qui écope la mer :
A un petit garçon il n’est rien d’impossible !
Il est très sûr de lui et se croit infaillible,
Malgré les moqueries cruelles de son frère !

Pour jeter l’eau du seau, il a creusé un trou
Avalant goulûment la mer vague après vague.
Et même si sa soeur affirme qu’il divague,
Il n’en veut pas démordre et sait qu’il n’est pas fou

Car c’est ce qu’il a fait un jour à la Toussaint
Pas bien loin du Touquet. Il a tant travaillé
Qu’on ne voyait plus l’eau ! La mer était vidée :
Il avait réussi, il l’a su au matin.

Cet été, c’est à Cann(e)s qu’il s’est mis à creuser
A longueur de journée, et encore, et encore…
Mais il existe un fait que le pitchoun ignore :
En Méditerranée il n’y a pas de marée…

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Poème illustré par un tableau de :

Jean-Marc Janiaczyk
http://pagesperso-orange.fr/jean-marc.janiaczyk

Je n’aime rien autant que cet instant sublime
Où le soleil se pose au loin sur l’horizon
A l’Ouest, tout là-bas, du côté de Salon.
La ligne des côteaux rougeoie et s’illumine

Et le ciel qui rosit tremblote sur les toits :
Un soir d’été semblable à d’autres soirs d’été,
Ces soirs de début juin où l’air est presque frais,
Avec des bataillons de bestions qui tournoient

Autour des lampes nues à la lumière bleue.
J’aime ce crépuscule où le jour s’assagit,
Oubliant son éclat trop vif ; où s’assoupit
Le jardin qui vibrait des rires et des jeux

Des enfants tôt couchés qui font enfin silence.
Tout est calme alentour ; la lumière est très belle,
Comme toute beauté qui n’est pas immortelle.
Un fugace moment de joie vraiment intense !

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Poème illustré par un tableau de :

Peter Ellen Shaw
www.pussycatdreams.centerblog.net

Premier soir au jardin, où nous allons dîner,
Discuter, traînailler, rester jusqu’à pas d’heure !
De tout petits moments imprégnés du bonheur
D’enfin nous retrouver aux premiers jours d’été !

La fraîcheur est exquise, effaçant en douceur
Les excès du soleil revenu en fanfare.
Même s’il est dément de nous coucher si tard
Alors que nous devons nous lever à sept heures,

Tant pis ! Nous bâillerons, essayant de tenir
Malgré notre fatigue et nos corps fatigués !
Il fait si bon ce soir, autant en profiter ;
Nous aurons bien assez de la mort pour dormir !

Le couchant vers Salon est rouge vermillon,
Avec des stries d’argent issues de la lumière
Qui s’éteint doucement. Une brise légère
Voltige autour de nous et le jardin sent bon.

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C’est à Venasque*au mois de mai
Qu’a lieu la fête des cerises ;
Car le Vaucluse est un verger
Où les jolies sphères exquises

Ponctuent de sang les arbres verts.
C’est « La Fête du diamant rouge »,
Ce petit globe où la lumière
Etincelle, chatoie et bouge

Sous le soleil qui le polit.
Venasque écarlate rutile
Par la vertu de tous ces fruits
Qui tachent de pourpre la ville.

Ils sont plus de cent à vanter
Leur chair sucrée, leur goût craquant ;
Et les rues tout ensoleillées
Bruissent du chant de leur accent

*Poème dédié à la ville de Venasque

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Poème illustré par un tableau de :

John Walker
www.bimago.fr

Viens ! Nous allons marcher tout au long de la mer
Où l’eau encor glacée va nous mordre les pieds ;
Je crois qu’il est trop tôt pour pouvoir nous baigner,
Mais nous allons goûter comme en avant-première

Cette fraîche trempette à faire frissonner.
La grève est solitaire, et nous sommes les seuls
A y marcher ainsi sur le sable tilleul
Qui résiste à nos pas, consistant et mouillé.

Six heures du matin ! Le soleil encor sage
Qui vient de se lever est une boule orange.
Sa lumière ourlée d’or met des reflets étranges
Sur l’eau bleue du Prophète*. Il est bien loin l’orage

Qui grondait cette nuit en me faisant si peur !
Tout est calme et serein, il fait même un peu frais ;
Le ciel est bien lavé, et nous allons rentrer
Avant le grand afflux des premiers promeneurs.

* le Prophète est l’une des plages de Marseille

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Prenez un petit pain et coupez-le en deux.
Ensuite frottez d’ail. Un peu d’huile d’olive,
Du vinaigre et du sel. Ajoutez-y des oeufs,
Durs, cela va de soi ! Des poivrons, des olives,

Tomates et oignons, filets d’anchois et thon :
Hamburger du Midi, mais mille fois meilleur !
Refermez bien le tout, dites-moi si c’est bon…
Ca tient vraiment au ventre et ça chauffe le coeur !

N’est-ce pas délicieux, ce que vous avalez ?
Ce repas sur le pouce au retour de la plage,
Goûteux, méridional, et… bien équilibré !
Vous voulez saliver ? Regardez cette image…

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Poème inspiré par un tableau de :

Jean-Louis Honnet
www.galerie-mogador.com

Pourquoi depuis huit jours l’aube est-elle si fraîche ?
Pourquoi ce froid subit ? Nous sommes en été !
Mais l’on dirait vraiment que juillet est de mèche
Avec le mois de mars pour nous enquiquiner !

Tout le monde est furieux, y compris les touristes :
Ils sont venus chez nous pour trouver la chaleur !
Allez, mon vieux Soleil ! Remets-toi vite en piste,
On va rire de toi et gare au déshonneur !

On a si souvent dit que tu es notre maître
Et que tu régis tout, n’importe où en Provence.
Tu sais bien que les gens ne se sentent renaître
Que quand tu leur reviens, après quelques vacances

En hiver, au lointain, dans les terres australes.
On veut bien te prêter aux autres quelques mois,
Mais tu es mieux ici en terre provençale !
Reviens, mon bon Soleil, et comprends notre émoi…

Et ne crois surtout pas au bouleversement
Que chacun nous prédit : changement de climat !
Reste tel que tu es, parfois tonitruant,
Brutal et même fou ! On t’aime comme ça…

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Poème illustré par  un tableau de  :

René Constant
http://s1.artquid.fr

Enfin l’été est là, les cigales criquètent !
On l’a tant attendu qu’on n’ose encor y croire !
Allez, mon vieux Marius, viens nous servir à boire ;
Tant pis si ton pastis nous fait tourner la tête !

Profitons de ce temps : il ne va pas durer
Car d’ici quelques jours nous aurons bien trop chaud.
C’est ainsi par ici : dès qu’il fait vraiment beau,
Le soleil aussitôt ne sait qu’exagérer.

Profitons de ces jours où tout est idéal.
Pas de vent, mais des fleurs, du pastis, des cigales !
Que demander de plus aux dieux de la Provence ?

C’est l’été, et des gens au teint blanc ou vermeil
Vont affluer bientôt du fin-fond de la France
Pour venir se frotter à notre beau soleil.

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Poème illustré par  un tableau de  :

Josette Mercier
www.josettemercier.ch

Aujourd’hui une rose a fleuri au jardin,
Rose-thé, délicate et encor enroulée
Telle un bijou précieux du début de l’été,
Lavée par la rosée si fraîche du matin !

Puis elle s’est ouverte, à la fois forte et frêle
Sous les rayons en biais du soleil matinal,
Argentés et légers comme rais de cristal.
Ses pétales battants ressemblaient à des ailes ;

Elle paraissait lourde et penchait sous le poids
D’un tout petit bébé lové dans sa corolle.
Vous ne me croyez pas ? Croyez-vous qu’il est drôle
Que sans aucun respect vous vous gaussiez de moi ?

Car mon histoire est vraie ! Voyons : souvenez-vous !
Avez-vous oublié que les petites filles
Naissent au coeur des ros(es) dans toutes les familles ?
Quant aux petits garçons, ils naissent dans les choux !

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Poème illustré par  un tableau de :

Philippe Paquet
www.expo.artactif.com

Des milliers de pieds piétinent en cadence :
Un ballet agité, une sorte de danse
Autour des treize mille et quatorze joueurs !
De la folie furieuse et une énorme ardeur

Pour la  sérieuse et gaie  Marseillaise à pétanque !
Délaissés les cafés, les plages, les calanques :
Un troupeau bon enfant de familles, d’amis
Se dirige en riant vers le parc Borély

Où cinq bons jours durant, du matin jusqu’au soir,
On s’en va communier en une grande foire !
Lancer le cochonnet, et pointer, et tirer :
Oui, monsieur ! C’est un sport ! Vous pouvez rigoler…

Quatre mille trois cent et soixant(e) huit équipes :
On est heureux déjà quand on y participe
Même si l’on est sûr d’en être blackboulé
Le temps d’une partie ! L’important, c’est d’aimer…

Quarante neuf années qu’on se passionne autant
Pour des boules d’acier, Et l’on est bien content
Que ça se passe ainsi au début de juillet :
L’un des premiers signaux du retour de l’été !

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Poème illustré par :

Francis Jalibert
www.artmajeur.com/jalibert

Il est survenu d’un seul coup
Et s’est soudain jeté sur nous,
Comme affamé et plein de haine !
Hier encor on était en peine

Et l’on frissonnait dans le vent.
C’est ainsi chez nous : très souvent,
Le temps est fou et sans nuances ;
L’été s’abat sur la Provence

D’un seul coup comme un ravageur !
Alors qu’on était presqu’en pleurs
Deux jours avant sans les cigales,
Aujourd’hui l’on peste et l’on râle

Tant il fait chaud ! Et le cricri
Tant attendu est comme un cri
De victoire dans le jardin…
Et c’est tant mieux ! Et si l’on geint,

C’est qu’on est sot ! Vive l’été,
Même s’il nous fait transpirer
Et boire comme cent chameaux !
Tu n’as qu’à mettre ton chapeau…

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Poème illustré par un tableau de :

Elisabeth Fourcade
www.elisabeth-fourcade.net/

On n’ose pas y croire et l’on doit se pincer :
On est le vingt-huit juin ; la première cigale
N’a toujours pas chanté ! Nous sommes consternés
Et ne nous sentons plus en terre provençale !

Dis, petite : où es-tu ? Il fait bon maintenant !
Depuis quatre ou cinq jours on peut parler d’été
Bien que nous n’ayons pas encor eu de printemps !
Il faudrait désormais sortir ton bout de nez

De ton antre de terre et  ne plus redouter
Que l’été puisse avoir été anéanti
Par ce Temps insensé ! Laisse nous  espérer
Que nous sommes enfin au bout de nos soucis !

Allez ! Fais un effort, ma petite cagnarde !
Viens-t-en sur les grands pins nous jouer ta musique
Car elle est tout l’été ! Si tu veux qu’on flemmarde
Au soleil revenu, ne sois pas amnésique

Et ne nous oublie pas. Vas-y : fais un effort,
Sors vite de ton trou pour entonner ton chant !
Car nous voulons ouïr pour toujours et encore
Sous l’énorme soleil ton chaud criquètement.

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Poème illustré par un tableau de :

Francis Jalibert
www.artmajeur.com/jalibert

Requinqué, le soleil a repeint le pays
De ses rudes couleurs, de ses pigments à lui :
Des tons exagérés, des teintes provençales
Parfois exacerbées, outrées par le mistral.

Dès que l’été est là, le paysage change.
La douceur du printemps et ses sages façons
Font place à la fureur, sans une transition
Du beige à l’ocre roux et du jaune à l’orange.

Le vert tendre et léger va bientôt se faner,
Surtout dans la garrigue appauvrie de son eau
Car le soleil assèche les minces ruisseaux
Qui baignaient de fraîcheur les arbres assoiffés.

L’astre fauve qui mord flamboie alors si fort,
Brûlant tout le pays à longs traits outranciers,
Qu’il affadit parfois le ciel décoloré,
Le soir heureusement rehaussé d’un peu d’or !

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Poème illustré par un tableau de :

Tivador Kosztka Csontvàry (1859-1919)

Salut, le Temps ! Comment vas-tu
Aujourd’hui ? Quand vas-tu cesser
De faire le hurluberlu ?
Nous en avons vraiment assez

De tes caprices d’enfant-roi
Et ne sommes pas descendus
Dans le Sud pour peler de froid !
L’été serait le bienvenu

Car nous sommes le vingt-deux juin !
Il pleut sans cesse et l’on grelotte,
Tu ne peux savoir à quel point !
Même le chat a la tremblotte !

Foin de la pluie et des rhinites
Dues à ce vent frais et humide !
Quant aux cigal(e)s, elles hésitent
A sortir de leur chrysalide !

Où se trouve donc le Bureau
Des Requêtes, pour exiger
Qu’on pende vite court et haut
Tous ces gens qui nous ont trompés

Sur le mois de juin en Provence ?
Quoiqu’il faille bien avouer
Que c’est bien pis partout en France…
Et si l’on cessait de râler ?

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