Archives pour la catégorie “Le début de l’été”

Poème illustré par un tableau de :

Véronique Lancien
www.livegalerie.com

On est le dix-huit juin et je lance un appel…
Aux cigales du coin : « Que faites-vous, les belles ?
Je vous aime, c’est vrai ! Mais n’imaginez pas
Que mon amour pour vous vous donne tous les droits ! 

Un ami de Salon m’a dit que vous étiez
Réveillées depuis hier, et que vous carillonniez
Comme de vraies fadas au fond de son jardin !
J’ai beau bien écouter, je n’entends… que du rien !

Il fait pourtant très chaud, il n’y a pas de vent !
Alors remuez-vous, insectes fainéants !
Sortez de votre trou pour me donner l’aubade
Et vous tairez ainsi toutes mes jérémiades !

On dit que vous chantez à Aix et à Marseille.
Et  à Lambesc, alors? Il y a du soleil
A tire-larigot depuis huit jours au moins !
Ne sentez-vous donc pas que vous rendez chagrins

Tous ceux que vous privez de vos joyeux cricris ?
On vous réclame tous, et à cors et à cris !
Cessez donc de vous faire ainsi tirer l’oreille :
Venez vite goûter aux bienfaits du soleil !

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Au début de l’été, je dus faire un voyage
Me tenant éloignée un mois de la maison.
Avant que je ne parte, un ami du village
M’avait offert un pot dont j’ignorais le nom :

Une plante banale aux feuilles vernissées
Et aux boutons pointus. Alors un peu honteuse,
Je la mis dans un coin et dus l’abandonner
Sur la terrasse au Sud, à l’ombre d’une yeuse…

Quand je rentrai fin juin, je crus perdre la tête
De surprise et d’émoi… Balustrades et murs,
Tout était recouvert de fort jolies trompettes
Roses comme l’aurore ; et la moindre encoignure

En était tapissée. Des vrilles impatientes
S’étaient entortillées et s’étaient enroulées
Absolument partout ! Des fleurs exubérantes
Courant sur la terrass(e) l’avaient colonisée !

Vous ne saviez donc pas que les dipladenias
Avec leurs longues tige(s) emberlificotées,
Jaillissant par ici et s’élançant par là,
Agiles et actifs, sont les doigts d’une fée ?

Peut-être que ceci n’est qu’une galègeade
Ou un conte d’été ? C’est vrai : mea culpa !
Mais peut-on faire moins pour ces fleurs à torsades
Appelées par certains aussi mandevillas ?

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Sonnet illustré par un tableau de :

Annie Rivière
www.atelieriviere.com

Il fait tout aussi chaud qu’en plein mois de juillet
Et l’on a même atteint les trente-trois degrés !
Dame Nature est folle et nous crée des soucis
Même en notre Midi ; c’est vrai que par ici

On n’a pas l’habitude ! On n’est qu’au mois de mai ?
On se croirait déjà au milieu de l’été !
Le printemps délicat, la saison qui sourit,
S’est fait blaquebouler par son frère-ennemi !

Mais où sont donc passés sa douceur si aimable,
Ses matins un peu frais, ce temps inoubliable
Passant du bleu au gris le temps d’un seul soupir ?

L’été tonitruant, vainqueur, s’est installé ;
Et le pâle printemps ne peut plus que gémir
D’être ainsi détrôné sans avoir pu régner.

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Poème illustré par un tableau de :

Paul Collomb
www.galerielaetitia.com/collomb

Quel objet de fierté que mon petit jardin,
Fleuri à la folie, scintillant de couleurs !
Un presque paradis et tout juste un lopin
Explosant sous le ciel en des milliers d’odeurs.

J’y vais tous les matins pour le couver des yeux,
Otant les rameaux morts et arrosant les fleurs :
Heure privilégiée et moment délicieux
Qui me calme et m’apaise en réchauffant mon coeur…

Mercredi le soleil venait de se lever
Quand j’ai cru défaillir : mes jolis pétunias,
Les pétales en berne, étaient déchiquetés,
Comme mes azalées, mes roses, mes zinnias…

Un grand festin de nuit pour d’horribles limaces
Qui s’en étaient gavées ! Et pour mieux me narguer,
Elles m’avaient laissé leur bave dégueulasse
Qui courait sur le mur en sillon argenté !

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Poème illustré par un tableau de :

Jean-Marc Janiaczyk
www.pagesperso-orange.fr/jean-marc.janiaczyk

Le joli portillon qui ferme le jardin
Est repeint tous les ans. Il clôt un paradis
Aimé passionnément, soigné à la folie :
Joli coin du Midi parfumé de jasmin

Dès les premiers beaux jours, ruisselant de lumière,
Et qu’arrose un vieil homme amoureux de ses fleurs,
Tous les soirs depuis mai, toujours à la même heure,
Avec un chapeau gris sur sa blanche crinière.

Cette année cependant le panneau de bois blanc
Attend sa réfection. Il y a quelques taches
De pluie et de moisi, et la très vieille gâche
Devrait être huilée. L’un de ses gonds qui pend

Aurait vraiment besoin d’être rafistolé !
Le jardin en détresse sent bon à perdre haleine,
Désirant ardemment que le vieillard revienne
Avec son arrosoir de fer blanc tout rouillé…

On est déjà en juin et il faudrait qu’il pleuve ;
Les plantes assoiffées commencent à souffrir.
Mais comment le jardin pourrait-il donc mourir
Puisque ses fleurs d’été sont encor toutes neuves ?

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Poème illustré par une aquarelle de :

Gilbert Abric
www.gilbert-abric.com

La nuit s’étale sur la ville,
Baignant les ruelles de bleu
Et de rose. Et l’étrange feu
De la lune embrase les tuiles,

Les tuiles rousses des toits noirs
Qui se découpent sur le ciel
Tout déchiqueté par les ailes
Des chauves-souris dans le soir,

Un soir de juin déjà trop chaud.
La nuit à force de douceur
Estompe l’effet ravageur
De l’été arrivé trop tôt.

Encor tout tièdes de soleil,
Les pavés luisent sous la lune,
Et les longues ruelles brunes
Se taisant enfin s’ensommeillent…

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Poème illustré par un tableau de :

Daniel Sannier
www.danielsannier.com

Nous avons découvert au fin-fond de la lande
Un fouillis végétal sentant bon la lavande,
Le thym, le romarin … Que sais-je d’autre encore ?
Un coin de paradis, une pépite d’or

Non loin du mont Ventoux, pas encor asséché
Par le soleil bénin du début de l’été.
Une sorte de jungle étrange, extravagante
Au creux de la garrigue, où d’incroyables plantes

Croissaient à la folie comme sur l’Amazone :
Un désordre insensé de fleurs bleues, de fleurs jaunes,
De fleurs rouges et ocre… Espèces inconnues
Embaumant la garrigue et sans doute venues

D’ailleurs, de nulle part… Nous avions eu la chance
De découvrir ce coin, ce miracle en Provence
Avant que le soleil trop chaud ne l’annihile,
Tout en sachant qu’hélas ! il était bien fragile…

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Sonnet illustré par une aquarelle de :

Alain
www.villeparisis.canalblog.com

Sous le grand soleil roux vole un papillon blanc :
Une valse indécise et un peu saccadée
Tournoyant dans le ciel sur les ailes du vent,
Rythmée par le beau temps au tempo de l’été.

Il va de-ci, de-là au gré de l’air léger
Vers le plus haut du ciel qui cligne en pétillant,
Puis repart aussitôt comme une fleur ailée
Se posant quelquefois sur un bois de sarment ;

Une fleur-papillon vibrant sur les aigrettes
D’un pissenlit des champs dont la blonde houppette
Palpite comme un coeur dans l’été qui s’éveille !

C’est le frémissement d’un petit corps débile
Posé sur un pétale étoilé de soleil,
Puis l’envol convulsif de quatre ailes fragiles.

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Poème illustré par un tableau de :

Vincent Van Gogh
(1853-1890)

Il est là ! Ca y est ! L’été vient d’arriver !
Un été triomphant éructant sa chaleur
Et dont rien ne pourra tempérer la touffeur
Jusqu’à la mi-septembre. Il est bien arrimé

Au sol déjà très sec d’un Midi assoiffé
Depuis presque deux mois. On n’a pas eu la chance
D’une pluie de printemps, et partout en Provence
On sent que la douceur de juin va s’en aller

Définitivement. Le soleil démentiel
Tonitrue tout enflé de feu et de lumière ;
Gonflé d’outrecuidance, il flambe et vocifère
Comme un jeune tyran au milieu de son ciel.

Pourtant souffle ce soir encor un peu d’air frais
Car juin qui agonise entretient malgré tout
Un semblant d’harmonie… Mais soudain, d’un seul coup,
Il succombe à juillet et se fait dévorer.

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Poème illustré par un tableau de :

Demanet
www.be.trefle.com

La maison est tachée par des dégoulinures ;
Comme en juin il fait jour jusqu’à vraiment pas d’heure,
On va en profiter pour repeindre les murs
En choisissant ensemble une jolie couleur.

Je voudrais de l’azur. « Pas de bleu par ici,
Avec ce ciel d’été immuablement clair ! »
C’est l’avis du chien Pif, de Paul, de mon mari…
Je cède à leur avis ; Pierre opte pour du vert !

« Tu es fou ! ai-je dit. Au milieu de ces pins,
L’on ne saura plus trop où est notre maison ! 
- Du gris ? propose Laure… ou un rouge carmin ? »
Comment donc décider ? Qui va avoir raison ?

Chacun choisit alors sa couleur préférée…
Tous les pinceaux s’agitent au chant des cigales ;
Le soleil encor neuf n’est pas trop entêté ;
Pour ne pas nous gêner, il retient ses cymbales…

Et voilà, c’est fini ! Quelle jolie maison
Multicolore et gaie ! Véritable merveille
Aux couleurs arc-en-ciel où Jean a peint un rond
Sur la façade Sud : l’image du soleil !

Nous sommes si contents que tous nous entonnons
Un vrai chant de victoire, un chant tonitruant !
Et dès l’aube demain, enfin à l’unisson,
Nous peindrons les volets d’un blanc étincelant.

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Poème illustré par un tableau de :

Mad
www.mmlcf.canalblog.com

On est le deux juillet. Paul vient de se lever
Un petit peu plus tard : premier jour des vacances !
Il n’a pas bien dormi car les nuits en Provence
Sont chaudes et cliquettent de frôlis légers.

L’esprit un peu brumeux, il va juste essayer
De ne pas allumer la radio tout de suite
Comme il se l’est promis : il vaut mieux qu’il évite
De savoir comment va son monde détraqué !

Replié sur lui-même et lové tout au fond
De ce petit village aux confins du Midi,
Il va tout oublier, ses soucis, ses ennuis :
N’y surtout pas penser, ne plus tourner en rond

En quête d’un bonheur qui n’est pas fait pour lui !
Dehors tout est soleil ; les cigales criquettent
Sans jamais s’arrêter : existences simplettes
Vouées au seul été pour y donner la vie !

On est bien, il fait chaud et les pins sentent bon,
Comme le romarin, le thym et la lavande
Qui ponctuent de bleu les bois secs et la lande…
Le temps n’existe plus au creux de ce vallon.

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Poème illustré par un tableau de :

Marie M.
www.artmariem.com

Le beau temps revenu nous rend vraiment flemmards !
Oh ! Rester allongés le soir jusqu’à pas d’heure
Sur la terrasse chaude : il n’est pas de bonheur
Plus grand, plus accompli ! Et même s’il est tard,

On n’a jamais sommeil, pour mieux se délecter
Des tout nouveaux beaux jours qu’on fête avec entrain.
Et l’on fond de plaisir, parfaitement sereins
Sous le ciel étoilé ! Il faut en profiter !

On est tout détendus, mollement allongés
Avec une boisson juste à portée de main,
La tête abandonnée dans le creux d’un coussin
Et le corps en chiffon, les muscles relâchés.

Qu’on est donc bien ainsi à goûter à l’été,
Cet été qu’on préfère : idéal, encor tiède !
Celui des soirs très doux non loin de la pinède
Quand les grillons gaillards se mettent à chanter.

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On est le douze juin. On a mis dans la cour
Une bassine d’eau tiédie par le soleil.
Pas trop chaud, pas trop froid : c’est une vraie merveille
Que ce temps idéal dont on oublie toujours

Qu’il est le privilèg(e) de ce doux mois d’été…
Assise dans son bain la petite Lison
Se plaît à barboter avec ses canetons.
Piscine en réduction, baignoire pour bébés,

La bassine lui donne tout autant de joie
Qu’un plus vaste bassin de marbre ou de porphyre.
Le soleil y miroite en paillettes saphir
Et la brise y ondule en froissements de soie.

Germain le canard jaune a coulé tout au fond
De l’eau chaude où patauge la petite fille.
Plus de peur que de mal, ce n’est qu’une broutille :
Il est indestructible, il est tout en nylon !

L’enfant gazouille et rit, égayant le jardin
De ses doux crix d’oiseau. Le soleil la caresse,
La baignant de ses rais d’une infinie tendresse.
Flottant sur la cour rôde une odeur de jasmin.

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Juin vient de naître, si parfait
Qu’on voudrait qu’il dure toujours !
Il ne se laisse pas aller,
Surtout ses quinze premiers jours,

A de grands excès regrettables :
Il sait contenir son ardeur.
Pour le moment bien raisonnable,
Il n’est que lumière et bonheur :

Celui des premiers déjeuners
Sans soucis au fond du jardin
Flamboyant de fleurs parfumées ;
De la plage, des premiers bains ;

Celui des jours interminables
Où l’on se gave de soleil ;
Celui des rencontres aimables,
De l’amour qui naît, de l’éveil

De troubles presqu’adolescents…
Un début d’été chattemite,
Sauf quelques pics préoccupants
Qui laissent deviner la suite…

Mais foin des funestes pensées :
La Provence rit et ronronne,
Se dépêchant d’en profiter
Avant de devoir rire jaune !

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Pitchounets qui braillez, je vais donc vous quitter
Tout au long de l’été ! Et vive les vacances
Tout autant pour le prof que pour les marmousets !
Ah ! Pouvoir profiter de ma chère Provence

Sans avoir tout le temps à vous crier dessus !
Ne plus penser à vous pendant ces deux longs mois !
Ne plus devoir parler en élevant la voix !
Je vais enfin pouvoir recharger mes accus…

Petits monstres haïs, adieu jusqu’en septembre !
Finis tous ces cahiers corrigés chaque soir
Avec rage, stupeur et même désespoir !
Vos fautes d’orthographe peuvent bien attendre…

Ce dernier jour d’école est l’un des plus jolis
D’une année où j’essaie d’avoir l’air attentive
A vos petits malheurs. Allez ! Partez ! Et vive
Ces jours bien mérités : mes vacances chéries !

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