Archives de catégorie : La Haute Provence

Double visage

double-face

Comme Eva, le Cousson a un double visage :
Un versant est doré, abreuvé de soleil
Dès le petit matin. Des mélèzes fort sages
S’y accrochent tout droit sous les rayons vermeils,

Alignés au cordeau en un ordre sévère,
Leur cime bien pointue saupoudrée à l’or fin.
Ruisselant de clarté, scintillant de lumière,
La montagne est dorée ; son adret est enfin

Délivré des frimas, de leur pénombre brune
Et tout éclaboussé par le ciel bleu de mai.
Il est encor plus beau quand un croissant de lune
S’accroche par sa corne au surplomb du sommet.

L’ubac est ténébreux. Comme Eva qui s’éveille,
Déjà désenchantée malgré le grand beau temps !
Tout aussi morne qu’elle, l’ombre qui l’ensommeille
Et qui le refroidit y freine le printemps…

Elle est souvent ainsi ; mais peut être joyeuse
Quand son rire en cascade anime la maison :
D’humeur gaie, enjouée, si drôle et lumineuse,
Puis soudain déprimée sans aucune raison.

Un côté rayonnant et une face sombre…
Comme Eva la montagne est double, infiniment.
Une part de lumière et une zone d’ombre :
Aimer les deux versants ? Le sort de son amant…

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Dégel

neige

Poème illustré par une aquarelle de :

Josette Mercier-Kornmayer

La neige fond tout doux, et l’âme de la Terre
Mise à mal par l’hiver réapparaît partout.
La montagne est pelée ; un tiède soleil roux
Effleure les sommets de sa pâle lumière

Accentuant encor leur molle conversion.
La bise du matin n’est plus qu’un léger souffle
Sur les épicéas dénudés que camoufle
Un toupet blanc ténu, plumet en réduction.

La neige est larmoyante et pleure à grosses gouttes,
Flic et floc argenté criblant le blanc tapis
De sombres petits trous. L’hiver s’est assoupi,
Se laissant digérer par le temps qui s’égoutte.

Le redoux arrondit les cristaux étoilés
Qui fondent à vue d’oeil, transmués en liquide :
Pleurs presque congelés, perles encor limpides
Roulant sur le sol gris en un maigre filet.

Les gouttes – flip et flap – de la neige qui meurt
Ne sont plus maintenant qu’un nuage de brume,
Un voile évanescent où le soleil allume
Comme des papillons mille et mille lueurs…

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La montagne est mouillée…

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Poème illustré par un tableau de :
Rémi Clarke

La montagne est mouillée et luit sous le ciel gris
Tout vernissé de pluie. La route zigzagante
Erre de-ci, de-là, et la chaussée fumante
Qui monte et redescend saute comme un cabri

En filant vers le val. L’orage s’adoucit,
Grondant un peu moins fort là-haut dans la montagne
Après un jour entier de hargne et de castagne.
Malgré ce petit vent qui se lève et forcit,

Nous pourrions jusqu’au soir faire un tour à vélo ?
Monter en ahanant des côtes verticales,
Sentir dans nos mollets des crampes colossales,
Avoir les pieds trempés par la bouillasse et l’eau

Qui gicle sous les roues, n’est-ce point merveilleux ?
La montagne est brodée d’une fine dentelle
De vapeur azurée. Mais peut-être va-t-elle
Se transformer en pluie tant est capricieux

Ce temps peinturluré de curieux coloris ?
La montagne sent bon, mais l’odeur aigrelette
Des mélèzes roussis nous tourne un peu la tête.
La montagne est mouillée et luit sous le ciel gris…

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La montagne au matin

peintures-sommets-

La montagne est posée sur un nuage bleu
Car le lit de l’Ubaye est noyé dans la brume.
Les sommets rougeoyants où le soleil s’allume
Paradent dans le ciel comme à la queue leu leu.

Un aigle s’est posé sur une roche sombre
Encor nimbée de noir. L’aube fait scintiller
Son plumage sanglant ; et ses yeux désillés
Par le petit matin percent les zones d’ombre

Qui restent accrochées aux versants de la nuit.
La vallée embrumée et grise dort encore,
Toute givrée de froid. La lueur de l’aurore
L’emperle de rosée et l’herbe argentée luit

En petits dards aigus implantés dans le sol.
La montagne au matin lentement s’ensoleille.
Un tout petit oiseau qui doucement s’éveille
Inconscient du danger va prendre son envol…

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La montagne en fête

Gabriele CornoModifier les détails

Poème illustré  par une photographie  de :

Gabriele Corno
www.pinterest.com

L’aile du vent qui bat époussette les cimes
Où la neige au matin s’est empilée en tas.
La montagne éperdue est dans tous ses états :
L’on n’y espérait plus cette abondance ultime

Tant l’hiver était doux depuis bien trop longtemps !
Tel un gros édredon, le blanc manteau ouatine
Les monts que le soleil hivernal argentine
D’une froide lueur. Dépité, le printemps

Déjà prêt à bondir recule à toute allure.
La neige immaculée craque, crépite et crisse
Sous nos pieds enchantés, et sa surface est lisse
Comme l’eau d’un étang. L’atmosphère est si pure

Qu’on en suffoquerait ; on la boit goulûment,
Avalant ce faisant les flocons qui pirouettent
Dans le ciel lumineux. Et la montagne en fête
Des sommets jusqu’au val étincelle gaiement.

Juste froid comme il faut, le gel sculpte la neige
En tout petits cristaux ciselés à façon.
L’hiver, an après an, retient bien ses leçons !
Quelle joie d’ouïr enfin grincer le télé-siège…

 

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La première neige

Chalet sous la neige

Poème illustré par un tableau de :

Eric Bruni
http://www.bruni-gallery.com

La montagne est dodue et boursouflée de neige.
Un manteau rebondi et pas encor souillé
Pare les flancs du Brec, qui paraît si douillet
Qu’on dirait du coton. Mille flocons s’agrègent

Peu à peu sur la pente encor vierge de traces
Qui blanchit lentement. Les Sauzois angoissés,
Que de faux pronostics avaient pas mal stressés,
Sont soudain plus confiants : la dameuse qui passe

Pour aller préparer les pistes les apaise.
Un piquetis d’argent étoile le ciel bleu
De millions de points. L’on en est très heureux
Pour tous ces gens d’ailleurs qui vont skier à l’aise

En se riant du froid. Les flocons tourbillonnent,
Petits lutins flânant avant de se poser
Car ils vont prendre au sol l’aspect trop empesé
D’un bitume tout blanc. La dameuse sillonne

Les coteaux camouflés peu à peu, et la neige
Arrondit doucement l’abrupte pente noire,
Lui donnant la patine écrue d’un vieil ivoire.
Le jour qui naît à l’Est a peint le Sauze en beige

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Un hiver en Provence

Hiver provençal 70 x 70

Poème illustré par un tableau de :

Arno
www.arno-artiste-peintre.fr

Chez nous, l’hiver est doux, mais parfois tristounet
Avec son ciel changeant, élavé ; ses nuages
Un peu effilochés où s’en viennent traîner
Un éclair insolite et des bribes d’orage.

Le froid y est correct, même s’il peut geler
Et si, de temps en temps, quelques flocons de neige
Dansent au cœur des nues comme des feux-follets ;
Mais jamais trop d’excès, le soleil les allège !

Ennemi en hiver de toute déraison
Et bien qu’il ait perdu pas mal de sa puissance,
Il s’efforce toujours d’éclairer l’horizon :
L’hiver est fort décent par chez nous en Provence !

Cependant quelquefois le Temps le trouve mou,
Et vraiment courroucé par tant de bienveillance,
Il rameute aussi sec une horde de loups :
Tempête, vent et pluie, toute une vile engeance

De fléaux monstrueux fondant sur le Midi
Pas bien habitué, mais qui pourtant endure
Aussi bien qu’il le peut cet infernal souci.
On répare les maux causés par la Nature,

Tentant d’annihiler cet aspect déroutant
D’un climat fort bénin, si calme d’habitude.
Puis la douceur revient, cet éternel beau temps
Nous donnant l’illusion d’une douce quiétude.

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Début d’automne en Ubaye

Darlyne

L’air pur est transparent. Quelques nuages stagnent
Au-dessus du Pelat, posés sur la montagne
Comme des fleurs fanées. L’automne est déjà là ;
L’été part en lambeaux. L’on en entend le glas…

Passent dans le ciel bleu des V presque immobiles ;
Mais le lent battement des ailes si fragiles
N’y laisse rien du tout, pas même un seing d’argent.
Septembre est moribond, et le temps bien changeant

Depuis quelque trois jours. Il y a de la neige
Sur le Bric de Rubren : simple liseré beige !
La nuit est parfois froide, et aussi le matin
Juste au lever du jour. Les mélèzes châtains

Mettent de la lumière au flanc gris des collines
Avant de grisailler en perdant leurs épines,
Et ils virent au roux un peu plus chaque jour.
Planant au creux du ciel, il y a un vautour

Tournoyant affamé en quête de charogne.
Il recherche la mort sans aucune vergogne
Et son profil funeste outrage le soleil.
Les monts à l’horizon se teintent de vermeil.

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Le lac

lac de Serre-Ponçon

La montagne est posée comme un papier froissé
Sur le ciel printanier où volent trois nuages,
Et leur reflet qui court sur les eaux du barrage
Bringuebale en mesure au rythme cadencé

De la brise de mars qui chuinte doucement.
Le lac est aussi bleu que ces ondes australes
Où nagent des poissons aux couleurs tropicales.
Sa beauté point le cœur. L’oublie-t-on simplement

Parce qu’il est tout près, non loin d’Aix en Provence ?
Avons-nous donc besoin d’exotique beauté
Pour chanter notre joie, sans savoir profiter
De ce que nous avons au cœur de notre France ?

La surface de l’eau brasille d’étincelles
Clignotant et cliquant sous l’immense soleil
Enfin un peu plus vif après son grand sommeil.
Des sommets cabossés mille sources ruissellent.

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L’hiver mélancolique

Matin de neige. Michèle Ratel

Poème illustré par un tableau de :

Michèle Ratel
www.mratel.fr

Il a neigé au cours de ces deux derniers jours,
Mais – las ! tout a fondu ; le triste paysage
A l’aspect fantomal qu’il a presque toujours
Aux confins de janvier, la saison sans visage.

Il reste un peu de glace aux marches du sentier
Descendant vers Peyruis ; dure comme la croûte
Craquant bizarrement sous le poids de nos pieds
Qui foulent prudemment l’asphalte de la route

Où les autos au pas vont à la queue leu leu,
Oubliant pour un temps leur vitesse outrancière.
Car l’on n’y voit pas bien : un épais brouillard bleu
A rendu notre Sud presque crépusculaire

A tout juste midi. L’on est comme piégé
Et bien mal dans sa peau, avec le souffle court…
Est-ce cet air pesant ? Va-t-il encor neiger ?
L’effet du ciel trop bas et de ce contre-jour ?

Ah, voici qu’il reneige en gros flocons barbus
S’accrochant à nos cils et à notre figure !
Ils tracent des ronds blancs, ravissants attributs
D’un ciel laiteux et bas de fort mauvais augure…

Flocons tissés d’eau froide et de mélancolie,
De souvenirs enfuis ; flocons qui tombent blancs
Mais qui virent au gris, et bouillasse amollie
Dès qu’ils touchent le sol à leur rythme si lent….

Un petit capuchon a recouvert la tête
Des oliviers tordus en forme de chagrin.
Sous le ciel endormi les flocons qui volettent
Sont de légers bijoux. L’hiver est leur écrin.

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La montagne est penchée…

Coquelicots aux pieds des Alpilles - 41X33cm -

Poème illustré par un tableau de :

Eric Bruni
www.liensutiles.org/ebruni.htm

La montagne s’incline au-dessus du val bleu
Où dorment trois chalets. Et sur la longue pente
Fleurissent des bouquets de plantes odorantes
Dont le parfum subtil s’élève jusqu’aux cieux.

La montagne s’incline au-dessus des maisons
Qui soufflent des fumées montant vers les nuages :
Toutes droites et drues, griffant le paysage
De leur ligne légère ; et leur effloraison

Rayure de trois traits le bleu lilas du ciel.
La montagne est penchée sur la verte vallée
Où flottent doucement des brumes spiralées
Exhalées par l’Ubaye rayé d’or et de miel.

La montagne est penchée, peinte par le beau temps
D’herbe fraîche et de fleurs aux couleurs printanières.
Y dévale a giorno l’éclatante lumière
Pas encor polluée du tout nouveau printemps.

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Crépuscule en Haute-Provence

Le Cousson

La cime du Cousson s’assombrit peu à peu.
La nuit qui mange tout avale de son ombre
La vallée zigzaguée par des méandres sombres ;
La lumière s’enfuit en grand sauve-qui-peut.

Le soleil s’est posé sur la crête pointue
Comme un gros ballon rouge, et le ciel incertain
En est éclaboussé ; son lourd manteau d’étain
Enveloppe de gris la montagne tortue.

Tout bruit s’y fait silence ; un gros silence épais,
Angoissant, abyssal, annonçant les ténèbres
D’une nuit hivernale apposant son funèbre
Sceau glacé et lugubre aux sommets escarpés

Estompés par la brume, où des pans de lumière
Essaient de résister à l’ombre qui s’en vient.
L’obscurité glacée réduit le monde à rien,
Plus rien n’existe plus ; la terre tout entière

Doit avoir disparu dans un sombre néant.
Montagnes et vallées sont désormais semblables
Au sein d’un monde obscur. Le temps semble immuable.
La nuit engloutit tout en son gouffre béant…

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La montagne est tombée…

surplomb

La montagne en surplomb au-dessus de la route
Semble faite d’un bloc, d’une énorme vigueur ;
Mais elle se délite et recèle en son cœur
Un terrible danger : il n’y a qu’une croûte

De rochers ébranlés tenant en équilibre
Au dessus de l’abîme, et qui devraient tomber ;
D’autant que, cet hiver, le froid exacerbé
Les ronge lentement et les déséquilibre

Chaque jour un peu plus. Une chute est probable
D’ici très peu de temps ! Le gel s’est acharné
A accroître ce mal qu’on ne peut soupçonner,
Et leur effondrement devient inévitable…

La montagne est tombée, emportant la chaussée
Avec un autocar montant cahin-caha
Tout en se dandinant, qui roulait presque au pas
En semblant se méfier de la route affaissée…

Un effarant fracas, une énorme fumée !
Rocs et car ont roulé jusqu’au fond du ravin
Enchevêtrés entre eux, écrasant deux ovins
Qui paissaient sur la pente une herbette élimée…

Emergeant un par un de la carcasse beige
Tombée dans la vallée, seuls quelques rescapés
S’extirpent des débris de métal découpé
Comme des elfes noirs. Il fait froid et il neige…

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Le village-mirage

Village englouti

La brise s’est levée et l’eau terne frémit.
Sous sa surface grise, un antique village
Se délite et s’efface. Un village-mirage,
Un village-illusion qu’on a enseveli

Sous l’épais linceul noir d’un grand lac assassin.
Alentour la montagne est infiniment triste :
Grisaille de la pierre infertile ou du schiste
Aux feuillets poussiéreux surplombant le bassin ?

L’automne est à l’affût sur les monts embrumés
Dont les vagues sommets ont des formes spectrales.
Un léger crachin pleut des nuées atonales
Où le soleil falot tente de s’allumer.

Il n’y a pas un bruit, mais parfois sourd de l’eau
Le son d’un carillon. C’est celui de l’église
Submergée autrefois dans cette fosse grise
Où elle est engloutie. Un infime grelot

Qui tinte au fond du lac ! Et peut-être activé
Par le fantôme las d’un Ancien du village
Qui n’a pas supporté l’innommable naufrage
De la terre bénie qu’il n’a pas su sauver ?

La surface de l’eau, couleur de vieil étain,
S’est maintenant figée. La cloche s’y est tue.
Il fait froid, il fait gris. La montagne pointue
Avale peu à peu le soleil presque éteint.

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Sur la montagne en feu…

1-vol d'oiseaux

Sur la montagne en feu une fleur est posée :
Un énorme soleil , tel un rouge dahlia,
Inondant de lumière un envol de choucas
Imprimant sur le ciel leurs ailes aiguisées.

Le soleil moribond ressemble à une fleur
Sur la montagne en feu inondée de lumière.
Y flamboient des éclairs et de l’or en poussière,
Du cuivre rougeoyant et toutes les couleurs

D’un glorieux arc-en-ciel. Lumière triomphante
Des tout derniers éclats d’un beau jour de juillet ;
Horizon encor clair à la courbe noyée
Par le léger brouillard d’une chaleur ardente…

La montagne chatoie comme les hauts sommets
Alors que la vallée s’abîme au fond de l’ombre ;
Et les grands bois obscurs saupoudrés de pénombre
S’éteignent lentement… Peut-être à tout jamais ?

Et si notre astre fou ne devait plus renaître ?
S’il était à jamais dévoré par la nuit ?
Monde de la terreur, et de l’immense ennui
De devoir supporter et d’être né et d’être

Perdu dans le néant ? Reviens vite, Soleil !
Surtout ne laisse pas cette nuit te dissoudre !
Et dès demain matin, nous voudrons bien t’absoudre
Des excès de l’été plombant notre sommeil…

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