Archives de catégorie : La Haute Provence

Les Baux en hiver

Michel Bec

Poème illustré par un tableau de :

Michel Bec

L’automne a passé le flambeau
A l’hiver. Un poisseux ciel gris
Que déjà la nuit assombrit
Pèse lourdement sur les Baux.

Le village est vide, et le vent
Y mène sa danse infernale :
Assourdissante bacchanale
Du mistral qui court droit devant

Comme un centaure sans raison
Tonitruant dans les venelles.
La débandade habituelle
D’une morne et triste saison !

Te rappelles-tu l’an dernier
Quand l’on y fit une balade,
Poussés dans notre promenade
Par ce vent fou qui ricanait ?

Il y faisait si froid alors
Que ton doux visage était pâle,
Pâle comme l’anneau d’opale
Auréolant le croissant d’or

De la lune accrochée au ciel.
Les vieilles maisons du village,
Bastides grises d’un autre âge,
Etaient éclaboussées du miel

De la ténébreuse lueur.
Le vent tordait ta chevelure
Qui dansait comme une voilure
Autour de ton visage en cœur…

Les Baux sont tristes en hiver.
Tu n’es plus là, tu t’es perdue
Dans une existence éperdue…
Dis, n’ai-je point assez souffert ?

Peut-être un jour reviendras-tu ?
Je t’attends rue de la Calade
Où l’infernale cavalcade
Du vent dévale à qui veux-tu….

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J’étais si bien là-haut…

2montagne

J’étais si bien là-haut, mais il me faut partir,
Accepter de quitter cette Haute-Provence
Où flotteront toujours des vestiges d’enfance
Et les ombres dorées de lointains souvenirs.

Il y faisait si bon quand en triomphateur
Le soleil déchaînait sa folie sur la plaine !
Nous nous en fichions tous, appréciant notre veine
De pouvoir nous soustraire à l’intense chaleur

Qui régnait tout en bas. L’on y était au frais,
A flâner lentement sur les bords de l’Ubaye
Ou à pique-niquer alors que les sonnailles
Des vaches qui broutaient tintinnaient dans le pré.

Et puis ces randonnées sous les mélèzes bleus,
Ces hivers cotonneux molletonnés de neige ?
Ces automnes si doux sur la montagne beige
Tavelée de couleurs par les arbres en feu ?

Et la piste tout près, à trois longueurs de ski,
La descente facile appelée Savonnette
Par tous les faux sportifs ? Et puis Barcelonnette,
Ses chalets « mexicains »* et leur style inouï !

Je n’irai plus là-haut qu’en simple visiteur,
Foulant en pérégrin notre belle montagne
Zigzaguant sur le ciel ; et la sinistre aragne
D’un regret lancinant me pincera le cœur…

* Voir l’histoire des « barcelonnettes » émigrés au Mexique

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Le nuage récalcitrant

nuage

L’aube teinte de roux la montagne qui dort,
Encor tout embrumée au-dessus de l’Ubaye.
Nimbant de ses rayons un marmotton qui baille,
Le soleil ranimé l’encapuchonne d’or,

Le métamorphosant en peluche cuivrée…
Tout est encor très calme, hormis le clapotis
Du torrent qui bondit, et un doux chuchotis
Sourdant étonnamment de l’écume nacrée.

Un soleil pâlichon est posé sur l’Estop
Qui penche son sommet au-dessus du village ;
Il n’y a dans le ciel qu’un tout petit nuage
Qui s’y est accroché depuis deux jours, non-stop,

Et n’en veut point partir. Bien jolie broderie
Que la brise rudoie du matin jusqu’au soir,
Mais qui ne bouge pas, ne paraît point vouloir
Se disperser enfin. Une bizarrerie

Du ciel calme de juin refusant d’effacer
Ce plumet cotonneux qui se croit immuable !
Le temps s’est arrêté. Maudit temps détestable
Qui veut tout abolir, transformer en Passé

Toute chose jolie et qui semble immortelle !
Le nuage figé depuis deux jours entiers
Au-dessus de l’Estrop sous le soleil altier
Veut faire croire à tous que n’est pas éternelle

L’inéluctable course implacable du Temps.
Il est blanc, floconneux, tout rond comme une boule
Ou un agneau dodu. Et le torrent qui roule
Fait bouger son reflet sur le flot froufroutant…

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Double visage

double-face

Comme Eva, le Cousson a un double visage :
Un versant est doré, abreuvé de soleil
Dès le petit matin. Des mélèzes fort sages
S’y accrochent tout droit sous les rayons vermeils,

Alignés au cordeau en un ordre sévère,
Leur cime bien pointue saupoudrée à l’or fin.
Ruisselant de clarté, scintillant de lumière,
La montagne est dorée ; son adret est enfin

Délivré des frimas, de leur pénombre brune
Et tout éclaboussé par le ciel bleu de mai.
Il est encor plus beau quand un croissant de lune
S’accroche par sa corne au surplomb du sommet.

L’ubac est ténébreux. Comme Eva qui s’éveille,
Déjà désenchantée malgré le grand beau temps !
Tout aussi morne qu’elle, l’ombre qui l’ensommeille
Et qui le refroidit y freine le printemps…

Elle est souvent ainsi ; mais peut être joyeuse
Quand son rire en cascade anime la maison :
D’humeur gaie, enjouée, si drôle et lumineuse,
Puis soudain déprimée sans aucune raison.

Un côté rayonnant et une face sombre…
Comme Eva la montagne est double, infiniment.
Une part de lumière et une zone d’ombre :
Aimer les deux versants ? Le sort de son amant…

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Dégel

neige

Poème illustré par une aquarelle de :

Josette Mercier-Kornmayer

La neige fond tout doux, et l’âme de la Terre
Mise à mal par l’hiver réapparaît partout.
La montagne est pelée ; un tiède soleil roux
Effleure les sommets de sa pâle lumière

Accentuant encor leur molle conversion.
La bise du matin n’est plus qu’un léger souffle
Sur les épicéas dénudés que camoufle
Un toupet blanc ténu, plumet en réduction.

La neige est larmoyante et pleure à grosses gouttes,
Flic et floc argenté criblant le blanc tapis
De sombres petits trous. L’hiver s’est assoupi,
Se laissant digérer par le temps qui s’égoutte.

Le redoux arrondit les cristaux étoilés
Qui fondent à vue d’oeil, transmués en liquide :
Pleurs presque congelés, perles encor limpides
Roulant sur le sol gris en un maigre filet.

Les gouttes – flip et flap – de la neige qui meurt
Ne sont plus maintenant qu’un nuage de brume,
Un voile évanescent où le soleil allume
Comme des papillons mille et mille lueurs…

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La montagne est mouillée…

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Poème illustré par un tableau de :
Rémi Clarke

La montagne est mouillée et luit sous le ciel gris
Tout vernissé de pluie. La route zigzagante
Erre de-ci, de-là, et la chaussée fumante
Qui monte et redescend saute comme un cabri

En filant vers le val. L’orage s’adoucit,
Grondant un peu moins fort là-haut dans la montagne
Après un jour entier de hargne et de castagne.
Malgré ce petit vent qui se lève et forcit,

Nous pourrions jusqu’au soir faire un tour à vélo ?
Monter en ahanant des côtes verticales,
Sentir dans nos mollets des crampes colossales,
Avoir les pieds trempés par la bouillasse et l’eau

Qui gicle sous les roues, n’est-ce point merveilleux ?
La montagne est brodée d’une fine dentelle
De vapeur azurée. Mais peut-être va-t-elle
Se transformer en pluie tant est capricieux

Ce temps peinturluré de curieux coloris ?
La montagne sent bon, mais l’odeur aigrelette
Des mélèzes roussis nous tourne un peu la tête.
La montagne est mouillée et luit sous le ciel gris…

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La montagne au matin

peintures-sommets-

La montagne est posée sur un nuage bleu
Car le lit de l’Ubaye est noyé dans la brume.
Les sommets rougeoyants où le soleil s’allume
Paradent dans le ciel comme à la queue leu leu.

Un aigle s’est posé sur une roche sombre
Encor nimbée de noir. L’aube fait scintiller
Son plumage sanglant ; et ses yeux désillés
Par le petit matin percent les zones d’ombre

Qui restent accrochées aux versants de la nuit.
La vallée embrumée et grise dort encore,
Toute givrée de froid. La lueur de l’aurore
L’emperle de rosée et l’herbe argentée luit

En petits dards aigus implantés dans le sol.
La montagne au matin lentement s’ensoleille.
Un tout petit oiseau qui doucement s’éveille
Inconscient du danger va prendre son envol…

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La montagne en fête

Gabriele CornoModifier les détails

Poème illustré  par une photographie  de :

Gabriele Corno
www.pinterest.com

L’aile du vent qui bat époussette les cimes
Où la neige au matin s’est empilée en tas.
La montagne éperdue est dans tous ses états :
L’on n’y espérait plus cette abondance ultime

Tant l’hiver était doux depuis bien trop longtemps !
Tel un gros édredon, le blanc manteau ouatine
Les monts que le soleil hivernal argentine
D’une froide lueur. Dépité, le printemps

Déjà prêt à bondir recule à toute allure.
La neige immaculée craque, crépite et crisse
Sous nos pieds enchantés, et sa surface est lisse
Comme l’eau d’un étang. L’atmosphère est si pure

Qu’on en suffoquerait ; on la boit goulûment,
Avalant ce faisant les flocons qui pirouettent
Dans le ciel lumineux. Et la montagne en fête
Des sommets jusqu’au val étincelle gaiement.

Juste froid comme il faut, le gel sculpte la neige
En tout petits cristaux ciselés à façon.
L’hiver, an après an, retient bien ses leçons !
Quelle joie d’ouïr enfin grincer le télé-siège…

 

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La première neige

Chalet sous la neige

Poème illustré par un tableau de :

Eric Bruni
http://www.bruni-gallery.com

La montagne est dodue et boursouflée de neige.
Un manteau rebondi et pas encor souillé
Pare les flancs du Brec, qui paraît si douillet
Qu’on dirait du coton. Mille flocons s’agrègent

Peu à peu sur la pente encor vierge de traces
Qui blanchit lentement. Les Sauzois angoissés,
Que de faux pronostics avaient pas mal stressés,
Sont soudain plus confiants : la dameuse qui passe

Pour aller préparer les pistes les apaise.
Un piquetis d’argent étoile le ciel bleu
De millions de points. L’on en est très heureux
Pour tous ces gens d’ailleurs qui vont skier à l’aise

En se riant du froid. Les flocons tourbillonnent,
Petits lutins flânant avant de se poser
Car ils vont prendre au sol l’aspect trop empesé
D’un bitume tout blanc. La dameuse sillonne

Les coteaux camouflés peu à peu, et la neige
Arrondit doucement l’abrupte pente noire,
Lui donnant la patine écrue d’un vieil ivoire.
Le jour qui naît à l’Est a peint le Sauze en beige

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Un hiver en Provence

Hiver provençal 70 x 70

Poème illustré par un tableau de :

Arno
www.arno-artiste-peintre.fr

Chez nous, l’hiver est doux, mais parfois tristounet
Avec son ciel changeant, élavé ; ses nuages
Un peu effilochés où s’en viennent traîner
Un éclair insolite et des bribes d’orage.

Le froid y est correct, même s’il peut geler
Et si, de temps en temps, quelques flocons de neige
Dansent au cœur des nues comme des feux-follets ;
Mais jamais trop d’excès, le soleil les allège !

Ennemi en hiver de toute déraison
Et bien qu’il ait perdu pas mal de sa puissance,
Il s’efforce toujours d’éclairer l’horizon :
L’hiver est fort décent par chez nous en Provence !

Cependant quelquefois le Temps le trouve mou,
Et vraiment courroucé par tant de bienveillance,
Il rameute aussi sec une horde de loups :
Tempête, vent et pluie, toute une vile engeance

De fléaux monstrueux fondant sur le Midi
Pas bien habitué, mais qui pourtant endure
Aussi bien qu’il le peut cet infernal souci.
On répare les maux causés par la Nature,

Tentant d’annihiler cet aspect déroutant
D’un climat fort bénin, si calme d’habitude.
Puis la douceur revient, cet éternel beau temps
Nous donnant l’illusion d’une douce quiétude.

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Début d’automne en Ubaye

Darlyne

L’air pur est transparent. Quelques nuages stagnent
Au-dessus du Pelat, posés sur la montagne
Comme des fleurs fanées. L’automne est déjà là ;
L’été part en lambeaux. L’on en entend le glas…

Passent dans le ciel bleu des V presque immobiles ;
Mais le lent battement des ailes si fragiles
N’y laisse rien du tout, pas même un seing d’argent.
Septembre est moribond, et le temps bien changeant

Depuis quelque trois jours. Il y a de la neige
Sur le Bric de Rubren : simple liseré beige !
La nuit est parfois froide, et aussi le matin
Juste au lever du jour. Les mélèzes châtains

Mettent de la lumière au flanc gris des collines
Avant de grisailler en perdant leurs épines,
Et ils virent au roux un peu plus chaque jour.
Planant au creux du ciel, il y a un vautour

Tournoyant affamé en quête de charogne.
Il recherche la mort sans aucune vergogne
Et son profil funeste outrage le soleil.
Les monts à l’horizon se teintent de vermeil.

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Le lac

lac de Serre-Ponçon

La montagne est posée comme un papier froissé
Sur le ciel printanier où volent trois nuages,
Et leur reflet qui court sur les eaux du barrage
Bringuebale en mesure au rythme cadencé

De la brise de mars qui chuinte doucement.
Le lac est aussi bleu que ces ondes australes
Où nagent des poissons aux couleurs tropicales.
Sa beauté point le cœur. L’oublie-t-on simplement

Parce qu’il est tout près, non loin d’Aix en Provence ?
Avons-nous donc besoin d’exotique beauté
Pour chanter notre joie, sans savoir profiter
De ce que nous avons au cœur de notre France ?

La surface de l’eau brasille d’étincelles
Clignotant et cliquant sous l’immense soleil
Enfin un peu plus vif après son grand sommeil.
Des sommets cabossés mille sources ruissellent.

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L’hiver mélancolique

Matin de neige. Michèle Ratel

Poème illustré par un tableau de :

Michèle Ratel
www.mratel.fr

Il a neigé au cours de ces deux derniers jours,
Mais – las ! tout a fondu ; le triste paysage
A l’aspect fantomal qu’il a presque toujours
Aux confins de janvier, la saison sans visage.

Il reste un peu de glace aux marches du sentier
Descendant vers Peyruis ; dure comme la croûte
Craquant bizarrement sous le poids de nos pieds
Qui foulent prudemment l’asphalte de la route

Où les autos au pas vont à la queue leu leu,
Oubliant pour un temps leur vitesse outrancière.
Car l’on n’y voit pas bien : un épais brouillard bleu
A rendu notre Sud presque crépusculaire

A tout juste midi. L’on est comme piégé
Et bien mal dans sa peau, avec le souffle court…
Est-ce cet air pesant ? Va-t-il encor neiger ?
L’effet du ciel trop bas et de ce contre-jour ?

Ah, voici qu’il reneige en gros flocons barbus
S’accrochant à nos cils et à notre figure !
Ils tracent des ronds blancs, ravissants attributs
D’un ciel laiteux et bas de fort mauvais augure…

Flocons tissés d’eau froide et de mélancolie,
De souvenirs enfuis ; flocons qui tombent blancs
Mais qui virent au gris, et bouillasse amollie
Dès qu’ils touchent le sol à leur rythme si lent….

Un petit capuchon a recouvert la tête
Des oliviers tordus en forme de chagrin.
Sous le ciel endormi les flocons qui volettent
Sont de légers bijoux. L’hiver est leur écrin.

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La montagne est penchée…

Coquelicots aux pieds des Alpilles - 41X33cm -

Poème illustré par un tableau de :

Eric Bruni
www.liensutiles.org/ebruni.htm

La montagne s’incline au-dessus du val bleu
Où dorment trois chalets. Et sur la longue pente
Fleurissent des bouquets de plantes odorantes
Dont le parfum subtil s’élève jusqu’aux cieux.

La montagne s’incline au-dessus des maisons
Qui soufflent des fumées montant vers les nuages :
Toutes droites et drues, griffant le paysage
De leur ligne légère ; et leur effloraison

Rayure de trois traits le bleu lilas du ciel.
La montagne est penchée sur la verte vallée
Où flottent doucement des brumes spiralées
Exhalées par l’Ubaye rayé d’or et de miel.

La montagne est penchée, peinte par le beau temps
D’herbe fraîche et de fleurs aux couleurs printanières.
Y dévale a giorno l’éclatante lumière
Pas encor polluée du tout nouveau printemps.

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Crépuscule en Haute-Provence

Le Cousson

La cime du Cousson s’assombrit peu à peu.
La nuit qui mange tout avale de son ombre
La vallée zigzaguée par des méandres sombres ;
La lumière s’enfuit en grand sauve-qui-peut.

Le soleil s’est posé sur la crête pointue
Comme un gros ballon rouge, et le ciel incertain
En est éclaboussé ; son lourd manteau d’étain
Enveloppe de gris la montagne tortue.

Tout bruit s’y fait silence ; un gros silence épais,
Angoissant, abyssal, annonçant les ténèbres
D’une nuit hivernale apposant son funèbre
Sceau glacé et lugubre aux sommets escarpés

Estompés par la brume, où des pans de lumière
Essaient de résister à l’ombre qui s’en vient.
L’obscurité glacée réduit le monde à rien,
Plus rien n’existe plus ; la terre tout entière

Doit avoir disparu dans un sombre néant.
Montagnes et vallées sont désormais semblables
Au sein d’un monde obscur. Le temps semble immuable.
La nuit engloutit tout en son gouffre béant…

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