Archives pour la catégorie “Hiver”
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par :
Loïc Noël
www.galeriestylart.unblog.com
Les ailes du mistral balaient l’horizon blanc
Car la neige est tombée hier sur la Provence ;
Des giclées verglacées frappent l’huis en cadence
En le faisant vibrer et en le secouant.
De gros paquets de feutre, étoilés de cristaux,
Tombent sur la garrigue ; et les vieux oliviers
Semblent se secouer pour se désencombrer
De la neige amassée en un épais manteau.
La lumière est rosée et le ciel bleu foncé,
La neige immaculée : lumineux paysage
Fouetté par le vent grondant comme l’orage,
Le déstabilisant sous ses coups répétés !
Le mas des Malausset est presqu’enseveli :
On ne voit que son toit au bout du chemin creux
Et sa fumée hachée par les rafales bleues
Tremblote dans le vent qui secoue le Midi.
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

L’hiver enraciné n’a toujours pas compris
Qu’il doit céder la place et qu’un nouveau printemps
Est tout prêt à régner. Bien qu’il soit tout flapi,
Il ne fait qu’embêter la nature et les gens !
On en a plus qu’assez : on voudrait ressortir
Nos vieilles tongs pourries et nos habits d’été,
Arrêter le chauffage et voir les fleurs sourire
Dans le fond du jardin tout recroquevillé.
La Provence grelotte et n’y comprend plus rien.
On devrait avoir chaud, aller se promener !
Un peu de pluie, d’accord ! On le conçoit fort bien,
Mais pas ce temps si froid complètement cinglé !
C’est la faute à l’hiver qui ne veut pas mourir,
Un hiver à histoire et qui n’a pas compris
Qu’il est un temps pour tout ! Et l’on a beau rugir
Qu’il lui faut dégager, que son temps est fini,
Il n’y a rien à faire : il ne veut pas partir !
Il faut l’ébouillanter, l’engueuler, l’insulter !
Que le soleil flemmard le force à déguerpir !
C’est inimaginable : on est au mois de mai…
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Contes, Hiver

Le dada de Cora, vraiment, c’est la déco !
Son environnement n’est pas toujours bien beau
Mais elle a décidé d’y apporter remède.
Pour ça, pas de soucis, car une folie l’aide :
La mode des stickers qu’on peut coller partout !
Depuis hier matin le ciel terne est tout mou :
Pour le rendre plus gai Coralie y dépose
Des nuages-moutons frisottés et tout roses
Qu’un soleil mordoré hérisse de rayons.
Au fond de son jardin un tilleul dont le tronc
Est séché par l’hiver geint et se désespère
Tant ses branches sont nues, crispées comme des serres.
Pour Coralie jolie ce n’est pas un problème :
Elle y colle des fleurs : boutons de chrysanthèmes,
Pétales de pommier et feuilles d’oranger…
Un arbre bien étrange au coeur de février !
Elle sticke par-là, elle colle par-ci.
Changeant en gai décor le plus laid des murs gris,
Elle pose sur tout sa touche poétique
Et fait de l’hiver sombre un printemps magnifique.
Pas bien loin de chez elle une usine crasseuse
Découpe l’horizon de ses lignes lépreuses.
Vite, un autre sticker ! La façade irréelle
D’un fort joli château doit la rendre si belle
Que chacun va bader à la voir ainsi faite.
Et pour notre Cora, c’est vraiment une fête
D’ainsi tout décorer et de remettre droit
Un monde triste et gris qui va tout de guingois !
Pas de commentaire »

Poème illustré par :
Cécile Veilhan
www.louisecie.canalblog.com
Parfois j’aime l’hiver, quand le mistral secoue
Les murs et la toiture à grands coups comme un fou ;
Lovée dans un fauteuil j’aime alors hiberner,
Blottie comme un lapin au fond de mon terrier.
Envie de cocooner à perdre la raison !
Surtout ne plus jamais quitter cette maison
Si douillettement gaie, comme doit l’être un nid !
Attendre patiemment que février s’enfuie !
C’est si bon de sentir que ce toit a une âme,
Immuable et constante et semblable à la flamme
Qui jamais ne s’éteint, ne s’éteindra jamais.
Chaud mazet en hiver, fraîche maison d’été !
Et quand le vent tournoie au-dessus des restanques,
Quand il hurle à la mort dans le creux des calanques
En givrant les grands pins de son souffle glacé,
Je cocoone encor plus et ferme les volets.
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Un couvercle pesant est posé sur la ville,
Demi-sphère de brume et de crachin mêlés.
On n’a pas l’habitude et l’on va étouffer
Tant l’air lourd, chlorotique, est gris et immobile
Depuis la mi-décembre ; et devoir respirer
Cette bruine malsaine est une rude épreuve !
Où donc est l’horizon ? Il vaudrait mieux qu’il pleuve,
D’une pluie qui fouette et qui peut tout laver !
Mais le brouillard informe estompe tant les toits
Qu’ils semblent abriter des murs sans consistance ;
Avignon l’indistincte est en désespérance,
Incolore et sans vie sous le ciel à l’étroit.
L’atmosphère mouillée n’est que déliquescence ;
On ne voit pas plus loin que le bout de la rue
Et l’on dirait vraiment que le soleil perdu
A voulu déserter les terres de Provence.
Pas de commentaire »

Poème inspiré par :
Lionel Spani
www.lionel-spani.com
Derrière la maison il y a un patio.
Qui en eut donc l’idée ? Un vieil ancêtre ibère ?
On en profite bien, surtout par ce temps clair
Où le soleil terni est parfois presque chaud.
Bien enclos dans ses murs nous buvons la lumière
Qui sourd de l’horizon en rayons un peu maigres
Dont nous nous délectons ; nous y prenons un verre
Tout comme à la mi-juin, bien qu’un petit vent aigre
Essaie de s’immiscer dans la cour refermée ;
Mais nous le supportons en nous imaginant
Que d’ici quelque temps ce sera le printemps…
Tiens ! La fontaine est vide ; de vieilles fleurs fanées
Pendouillent tristement : il faudra les couper !
C’est vrai que c’est l’hiver ; et malgré le soleil
Qui rayonne tout doux l’on doit se résigner :
Le retour du printemps n’est pas demain la veille !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par :
Ernst Ludwig Kirchner
C’est fini maintenant ! Et l’on va se défaire
De tous ces vêtements qui nous ont engoncés
Et souvent étouffés pendant ces mois en r.
Il serait incongru de s’en débarrasser
Mais on va les cacher dans un coin invisible
Tout au fond d’un placard au fond de la maison ;
Laissons derrière nous ces jours longs et pénibles
Où l’on a eu si froid ! Et c’est avec raison
Que nous oublierons vite ce gris, ce mistral
Qui nous glaçait le corps, des pieds jusques aux dents.
Foin des pulls, des manteaux… ce fatras hivernal !
Nous allons respirer et jouir du printemps !
Délaissons sans regrets nos doudounes gonflées,
Nos pantalons trop chauds, nos collants, nos chaussettes,
Nos gants, nos cache-cols, nos foulards, nos bonnets,
Nos sous-pulls, nos gilets, nos vestes, nos casquettes…
Les teinturiers sourient car leur chiffre d’affaires
Va tout à coup enfler : il leur faut nettoyer
Tous ces habits si lourds… C’est la fin de l’hiver
Et l’on est tout content d’un peu se dénuder !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par :
Thierry Marchal
www.ateliermarchal.fr
On en est ébahi, nul n’en est revenu :
Avoir connu ici un froid presque polaire
Avec neige, vent, gel à longs flux continus !
L’Occitan sait enfin ce que veut dire : « hiver » .
Ce temps était chez nous une chose ignorée !
Bien sûr par-ci par-là des périodes pénibles
Entrecoupant des jours frais mais ensoleillés !
Mais pas aussi longtemps ni jamais si terrible !
Nous sommes le dix mars et il gèle souvent.
Quand il ne fait pas froid, il pleut à grands bouillons,
Et quand il ne pleut pas, c’est la brume ou le vent :l
C’est sûr que Jupiter nous prend pour des… couillons !
Pas de commentaire »

Poème illustré par :
Josette Mercier
www.catherinemercier.ch
Tout est silencieux, sauf quand craque parfois
L’âcre croassement des choucas noirs qui planent.
La neige est toute neuve. Un sapin de guingois
Est penché sur la piste glacée qu’enrubannent
Des branchages brodés d’un cristal argenté.
La bouche ennuagée d’une épaisse vapeur,
Nous avançons tout doux car c’est dur de monter
Encor un peu plus haut pour arriver à l’heure
Au chalet en rondins blotti dans les congères.
La trace de nos skis souille la poudre blanche
Encor immaculée. Le souffle de l’hiver
Risque de déclencher une énorme avalanche
Et nous sommes pressés de quitter la forêt.
Le chalet n’est plus loin. En bas Barcelonnette
Etincelle et clignote au fond de la vallée.
L’Ubaye semble y charrier des milliards de paillettes.
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par :
Jean-Marc Janiaczyk
http://pagesperso-orange.fr/jean-marc.janiaczyk/
Sortirons-nous jamais de ce maudit hiver
Qui couvre le Midi d’une ombre interminable ?
Notre temps provençal devient aussi divers
Que ces mornes climats que nous trouvions minables !
Mais nous sommes punis de notre morgue hautaine :
Depuis des mois déjà nous passons constamment
De la pluie au grand froid : un temps croquemitaine
Qui nous est inconnu, fait de nous des enfants
Trop gâtés par le Ciel et ne supportant pas
Les tristes aléas d’une triste saison.
Nous guettons le printemps depuis des jours déjà,
Yeux tournés vers le ciel, et nous nous demandons
Ce que sera le temps dans quelques décennies.
Il gèle, il neige, il pleut ! Pourquoi pas du brouillard ?
Nous nous en souviendrons, de cet hiver pourri !
Pourvu que le printemps ne soit pas en retard…
Pas de commentaire »

Poème illustré par :
Raymond Peynet
(1908-1999)
Profitez-en, les amoureux,
Car il est bien rare que dure
Le bel amour – amour heureux !
L’amour est tout aussi peu sûr
Que la constance du beau temps
Et il se fane vraiment vite
Comme les bouquets du printemps.
Oh ! ma tendre Juliette, évite
La rouge morsure cruelle
Et les innombrables tourments
D’un premier amour. Jouvencelle,
Fuis l’aubade de ton amant !
Mais c’est trop tard ! Tu es atteinte
Par le doux mal qui point le coeur
Et tes joues arrondies sont teintes
Par une rosée de bonheur…
Profitez-en, les amoureux,
Votre extase va refroidir :
Il ne restera de ce feu
Que les cendres du souvenir !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par :
www.tineartistepeintre.artblog.fr
Tout au fond du jardin les premières jonquilles
Poussent un bouton jaune au bord du vieux chemin.
Il fait un peu plus chaud et l’hiver qui vacille
Va bientôt s’estomper dans les derniers embruns
De la male saison. Il fait un peu moins frais,
Le soleil est moins pâle et reprend du volume
Au centre du ciel bleu soudain presqu’incendié.
Il fait un peu plus chaud et le beau temps allume
Des flammèches de rose au coeur des amandiers,
De pâles lumignons qui chassent février.
Quelque chose s’en va, autre chose s’en vient ;
C’est l’hiver qui expire ; il fait un peu moins frais
Et l’air frémit déjà de ces tout petits riens
Qui le pointillent d’or et le rendent léger.
Pas de commentaire »

Illustration du poème trouvée sur :
www.kebekmac.blogspot.com
Nous ne nous méfiions pas et l’infâme mistral
En a tiré profit pour se jeter sur nous ;
Se glissant sous nos pulls et nous glaçant le cou,
Il s’est bien régalé à nous faire du mal
En nous inoculant une superbe grippe :
La A, la B, la X ?… Après tout peu importe !
Ce qui est important c’est ce que l’on supporte :
Du malheureux grippé nous sommes l’archétype
Car depuis nous gisons au fond de notre lit,
Rouge et tout frissonnant malgré la grosse couette
Ressortie de l’armoire. Et notre mal de tête
Gonfle notre cerveau d’un embrouillamini !
Un nez en cataracte, une gorge qui pique,
Une toux effrénée qui va nous mettre à bas
Tant on est secoué du haut jusques en bas.
La grippe est un parcours quelquefois homérique !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par :
Denis van Alsloot
(1570-1626)
Une grosse pastille blanche
Est posée sur le ciel foncé.
On la voit derrière les branches
Symétriques et dénudées
De l’antique micocoulier :
C’est le soleil, maigre et tout pâle,
Si loin de son splendide été
Enfui au continent austral.
Ampoule piètre et dérisoire,
Il ne fait plus cligner les yeux
Et sa lumière est presque noire,
Il semble avoir éteint son feu ;
Mais ce flamboiement terrifiant
Qui explose au coeur du mois d’août,
Il est en train tout doucement
De le mijoter goutte à goutte !
Pour le moment s’il paraît sage
Comme un dessin de Marion,
Un cercle blanc ou une image
Qui aurait perdu ses rayons,
Ne vous fiez pas à sa douceur
Et sachez bien qu’en grand secret
Il nous concocte la touffeur
Qu’il nous servira en juillet.
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par :
Josette Mercier
www.josettemercier.ch
On s’est éveillés ce matin
De la neige jusqu’aux genoux.
Tout était blanc dans le jardin ;
Les branchages qui ployaient sous
La lourde pelisse si froide
Semblaient tout prêts à se briser,
Et la lessive qui séchait
Etait si glacée, si roide
Que le linge en était sculpté.
Le silence était étonnant,
Bien trop profond, comme ouaté,
Et sans une bribe de vent !
L’air était lourd, et il stagnait
Sur la Provence abasourdie
Où les gens natifs du Midi
Se traînaient tout désemparés,
Oubliant combien étaient beaux
Le gros édredon scintillant
Sous le petit soleil en O
Et les poteaux frangés d’argent !
Pas de commentaire »
|