Archives pour la catégorie “Hiver”

Poème illustré par un tableau de :
Valérie Girard
www.a-ma-galerie.info
Aujourd’hui le village est encapuchonné
Tant la neige est tombée au cours de la journée ;
Et tel un édredon gonflé et cotonneux,
Elle recouvre tout et tout est silencieux.
Les flocons qui voltigent sont pourtant légers
Comme des papillons ; ils se sont déposés
En couches agrégées dans le moindre des trous
Et les ont colmatés, en molletonnant tout.
Du blanc et puis du noir : où est passé le gris ?
Maisons et paysage en semblent adoucis :
La montagne enneigée est soudain moins aiguë
Et ses crêtes blanchies paraissent moins pointues.
Les toits blancs sont bombés et les murs écrasés
Sous la froide épaisseur qui s’est amoncelée
Depuis tôt ce matin. Où donc est le chemin ?
On est coupés du monde. On verra ça demain
Car on ne peut rien faire ; on est tous isolés
Dans un monde blanchi et comme auréolé
Par la lumière bleue. La neige qui volète
S’illumine parfois d’une lueur violette…
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par un tableau de :
Tony wahlander
www.artony.eu
Le vent s’est invité dans la vieille bastide
A moitié déglinguée et mangée par le temps
Dont les murs de guinguois n’enserrent que du vide.
C’était une maison aux jolis jours d’antan !
Il se glisse aux tréfonds de la vieille demeure,
L’antique cheminée est son meilleur chemin ;
Et puis il en ressort bien avant que ne meure
Son souffle carnassier dépeçant comme un chien
La carcasse de pierre à moitié écroulée.
Il y ronfle, il y hurle et fait un tel tapage
Que quiconque voudrait un jour s’en approcher
En serait refoulé par sa hargne et sa rage.
C’est la maison du vent dressée sur la garrigue ;
Elle tremble parfois sous les coups de bélier
Du grand mistral d’hiver qui y danse la gigue
Et s’acharne sans cesse à la mieux ravager.
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème inspiré par un tableau de :
Alvaro
Oh ! Mon Dieu, qu’il fait froid ! On va être gelés !
De tout petits glaçons se forment dans le nez…
C’est du moins l’impression que décembre nous donne !
On est à moitié morts ! Où donc est cet automne
Où l’on râlait pourtant parce qu’il pleuvait trop ?
On ne reconnaît plus les hivers provençaux !
Comment faisais-je donc à Nancy en Lorraine
Où pendant tout l’hiver la froidure est pérenne ?
Les arbres sont luisants. Pourvu que l’olivier
Supporte ce grand froid ! Je vais lui tricoter
Un grand manteau bien doux pour lui chauffer l’écorce !
Mais foin de rigolade ! Il faut garder tes forces,
Mon bel arbre si vieux et qui en as tant vu !
D’après la météo, nous ne souffrirons plus
Que quelques jours encor ! Il va faire plus doux :
Je t’en prie, l’olivier, tu dois tenir le coup !
Pas de commentaire »

Poème illustré par un tableau de :
Guillaume Barazer
www.farea.com
Hululant sa complainte et courbant les cyprès,
Le mistral accouru de la vallée du Rhône
En lavant le ciel bleu de ses nuages jaunes
Assaille fou furieux la Méditerranée.
Il déchiquète l’eau à grands coups de rafales
Et en jette l’écume au-delà des rochers
Luisants et englués d’un magma verglacé.
Il fonce droit devant, tout comme une cavale
Jaillie de l’enfer glauque où se terre l’hiver.
Il érafle les flots de son souffle glacé
Et givre le pont gris des bateaux amarrés
En pétrifiant de froid et la terre et la mer.
C’est un vent déchaîné, comme souvent ici
Au coeur noir de l’hiver. Un tourbillon énorme,
Hors de toute raison et hors de toute norme.
C’est un vent terrifiant ; c’est le vent du Midi !
Pas de commentaire »

Poème illustré par un tableau de :
Pierre Roudier
C’est un torrent fougueux tout hérissé de glace
Dont on a oublié qu’un jour il fut de l’eau.
Raidi et pétrifié sous une carapace
Dure comme l’acier, il chute de là-haut,
Dégringolant à pic en mille pendeloques
Sur les rochers tordus où il court en été…
Puis un beau jour de mars apparaissent des cloques
Sur l’eau fossilisée complètement gelée ;
Il fait un peu moins froid. Peut-être le printemps,
Se réveillant enfin après des mois d’attente ?
Des gouttelettes sourdent du roc noir et blanc,
Et bientôt un filet d’eau claire et bondissante
Bondit furieusement de rocher en rocher.
C’est d’abord un glouglou, puis le rugissement
De l’eau débarrassée de sa gangue glacée.
Le torrent délivré fait entendre son chant.
Pas de commentaire »

Les jours sont vraiment courts ; le soleil est très bas,
Posé sur l’horizon comme une balle rouge,
Et décembre est très long qui va cahin-caha.
Oh ! Revienne la vie qui flamboie et qui bouge !
Le fond de l’air est gris, et Vernègues qui dort
Se morfond dans le froid un peu mou de l’hiver.
On s’ennuie, on somnole ; il faut attendre encore
Des jours et puis des jours pour que deviennent verts
Les champs tout hérissés de chaumes desséchés.
Le village ruiné posé sur la colline
Egratigne le ciel de ses sinistres traits,
Et les hameaux trop neufs n’ont pas très bonne mine
Sous les nuages bas salissant l’horizon.
Vernègues se calfeutre : on n’a pas l’habitude !
Le temps est infini, les jours tournent en rond,
Et du village sourd une morne hébétude.
Poème dédié au village de Vernègues
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

J’aime les arbres bleus sur le ciel roux du soir
Quand le soleil couchant fond en taches dorées,
Quand leurs branches tordues en pattes d’araignée
Egratignent les nues de leurs griffures noires ;
Le treillis des rameaux dessine une résille
Hachurant le jardin que février endeuille.
Tout gonflé et replet quand il avait des feuilles,
Le tilleul amaigri que le vent déshabille
Des derniers oripeaux s’y accrochant encor
Paraît bien desséché dans le fond de la cour.
Un faisceau de traits tors sur un tronc gris et court
Dont l’écorce est fendue par le gel qui le mord !
J’aime les soirs d’hiver et leur gros soleil froid
Englouti bien trop tôt, mangé par l’horizon
Si net et si aigu du côté de Salon.
J’aime les arbres bleus sur le ciel qui flamboie.
Pas de commentaire »

Poème illustré par un tableau de :
Augustin Fleury
(1833-1875)
www.cmo-antiquites.com
Les étoiles gelées par le froid de l’hiver
Sont piquées sur le ciel et ne clignotent plus ;
La nue noire est figée au-dessus de la mer,
La Méditerranée comme éteinte s’est tue.
Tout est inanimé, plus aucun mouvement
Pour agiter les flots ! L’eau livide et caillée
Ne frémit même plus. C’est un immense étang
Dans la nuit immobile et comme pétrifiée.
Pas un souffle de vent ! Décembre s’est posé
Comme un grand oiseau noir sur la côte ; et Marseille,
Attaquée par l’hiver, s’est recroquevillée
Sous le froid qui la mord pendant son long sommeil.
Seul vit le Canoubier dont la tourelle éclaire
Les confins de l’eau sombre où a sombré le vent.
Le port est silencieux : trop paisible ! Et la terre
Dure comme l’acier se meurt tout doucement.
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par un tableau de :
D. Touche
www.galerie-emma.com
Le mistral qui hulule au bois
Secoue les branches des cyprès ;
Comme pétrifiée par le froid,
La lande grise est verglacée ;
Le gel mord les troncs éclatés
Des yeuses sèches et transies
A la sève coagulée
Qui ne reprendront jamais vie.
Furieux, le vent houspille le mas.
Au ciel les étoiles gelées
Ne clignotent plus. Et là-bas,
Gordes s’est recroquevillée
Sur son éperon escarpé
Battu par l’air bleu qui mugit
Et le frappe de plein fouet :
Mistral fou qui beugle et rugit,
Secouant portes et fenêtres
Comme s’il désirait entrer…
Un agnelet venant de naître
Se pelotonne tout serré
Contre la panse de sa mère,
Le vent hurlant encor plus fort
Comme il sait le faire en hiver.
Mais rassuré l’agneau s’endort
Dans la chaleur de la brebis
Car la bergerie est bien tiède,
Il y fait doux ; et éconduit,
Enfin vaincu le mistral cède…
Pas de commentaire »

La vallée de l’Ubaye est blanche,
Argentée sous son ciel qui penche
Au-dessus des toits ouatés ;
Elle est feutrée, immaculée,
Etrangement silencieuse.
Les branches biscornues des yeuses
Du jardin sont capitonnées
D’un capulet couleur de lait
Et, sur le chemin, des congères
Ont été sculptées par l’hiver,
Talus bien ronds et potelés
Qui commencent à s’effondrer.
On ne l’attendait pas encor,
Ce tapis blanc, couleur de mort !
On n’a pas vu passer l’été…
Les toits bien encapuchonnés
Font le dos rond sous l’édredon
Trop neuf qui s’affaisse et qui fond :
Pourtant le soleil est bien terne
Puisqu’il vient de se mettre en berne !
La vallée de l’Ubaye est blanche
Et son ciel grisailleux se penche
Sur le village somnolent.
Oh ! Il est bien loin, le printemps…
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par un tableau de :
Josette Mercier
www.josettemercier.ch
Dans le combat contre ses frères :
Printemps, Automne, Eté, l’Hiver
Vient de perdre et s’est retiré
Là-haut dans son Nord verglacé.
Au début l’on était content
Car le beau temps était constant,
Si ce n’est des pluies éphémères.
Le paysage était tout vert,
On n’allumait plus le chauffage,
On avait jeté les lainages…
Le mieux dans le meilleur des mondes
Où rien ne dévie ni ne gronde !
Mais peu à peu s’en vint l’ennui
D’être toujours au Paradis !
Plus de contrastes, plus d’à-coups,
Un temps trop mièvre et un peu flou
Dont l’unique rudesse est celle
De l’été, de ses étincelles
Sèches mais toujours supportables.
Vienne un gros froid, bien redoutable !
On s’est donc tourné vers les terres
Où s’était rencogné l’Hiver ;
Et tout de même un peu vexés,
On s’est tous traînés à ses pieds !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème inspiré par un tableau de :
Martine Tron
www.mm-saudade.com
L’hiver a façonné dans le fond du jardin,
Avec dix brins de bois et quatre gouttes d’eau,
Une oeuvre raffinée que le petit matin
Découpe en lacis mauve, argenté et bordeaux :
Oeuvre d’art absolue que ne renieraient pas
Les sculpteurs chevronnés en quête de beauté,
Que les larmes de gel en coulant sur le bois
Ont parée d’aiguill(e)s d’or, de lumière domptée !
Le soleil contribue à sauver la merveille
Car dès qu’il s’éteindra, elle redeviendra
Une branche sinistre et en tous points pareille
Aux taillis dénudés par l’hiver et le froid
Et que n’ont pas touchés la lumière qui sourd.
Car il est encor tôt : la sculpture résiste,
D’autant qu’il gèle ainsi depuis plus de huit jours.
Quand il le veut l’hiver peut être un grand artiste !
Un commentaire »

Poème illustré par un tableau de :
Enra Laouenan
www.enra-laouenan.com
Bien qu’on soit en juillet, le petit Thomas songe
A son prochain Noël ! Car peut-être ira-t-il
A Marseille, invité par son copain Cyril
Comme l’année dernière ? Et son rêve le plonge
Au sein de la famille où il était si bien.
La maman de Cyril avait fait des gâteaux
Dégoulinant de miel, à la noix de coco…
Il y avait un chat, il y avait un chien
Qui venaient sans arrêt lui faire des câlins
Pendant que la Mamet racontait des histoires ;
Des petits trucs dorés clignotaient dans le noir,
On s’y était tous mis pour orner le sapin !
Le papa de Cyril avait fait un grand feu
Et les bûches craquaient en chuintant et sifflant.
On avait même bu du vin tout pétillant :
Oui, oui ! Du vrai champagne ! Mais pour lui, juste un peu…
Le petit Thomas pense aussi à ces cadeaux
Offerts par tout le monde à chacun des enfants.
Pour lui une voiture et même un éléphant !
Ceux du prochain Noël seront-ils aussi beaux ?
A moins que les parents de Cyril ne se lassent ?
Cela fera quatre ans qu’ils l’invitent ainsi
Et il craint quelquefois que la famille l’oublie.
Tom a le coeur anxieux car il est de la Ddass !
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Contes, Hiver

Poème inspiré par un tableau de :
Wilga Lerat Guy
www.wilga.over-blog.com
De ses très longues ailes noires,
Un grand oiseau a effacé
Le soleil usé par le soir
Et les excès de son été.
Un messager de male mort
Envoyé pour vaincre et tuer ?
Toujours est-il que l’astre d’or
Est aujourd’hui tout estompé :
Gommés sa lumière en tempête
Et ses longs rayons effilés !
Sa monarchie est obsolète,
Sa puissance va s’effondrer
Car l’oiseau noir aux longues ailes
Est l’émissaire de l’hiver.
L’hiver auréolé de gel
Qui va déposer son suaire
Sur la garrigue pétrifiée.
L’oiseau est invincible, immense,
Et son ombre est démesurée
Sur le ciel gris de la Provence.
Pas de commentaire »
Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par :
Jean-Marc Janiaczyk
http://pagesperso-orange.fr/jean-marc.janiaczyk
Les jours sont riquiquis, les nuits interminables !
Il faut bien l’avouer : décembre est peu aimable ;
Qui pourrait le trouver avenant et mutin ?
Non ! L’hiver n’est pas bon pour nous à Lourmarin !
Nous avons l’impression d’être emmurés vivants
Dans un monde étriqué où le froid et le vent
Mugissent de concert pour mieux nous effrayer,
Non ! L’hiver n’est pas bon pour nous, les Marseillais !
On n’a pas l’habitude, et ces jours raccourcis
Posent sur la région une chape d’ennui ;
Les routes sont glacées et vont tout de guingois !
Non ! L’hiver n’est pas bon pour nous, pauvres Aixois.
Encor heureux pourtant que Noël soit si proche !
Il éclaire les rues et le chant de ses cloches
Va réchauffer nos coeurs à défaut de nos pieds.
L’hiver n’est pas pour nous, pauvres Avignonnais !
Viennent, viennent l’été et son bon gros soleil
Avec ses grands rayons de lumière vermeille !
Oh ! Nous regrettons tant notre jour le plus long !
L’hiver n’est pas pour nous, pauvres gens de Salon…
Pas de commentaire »
|