Archives pour la catégorie “Hiver”
Publié par Vette dans Hiver, Marseille

On en reste pantois : il pleut de la lumière !
Des étoiles d’argent voletant en douceur
Pointillent en flânant le cristal bleu de l’air.
Myriades de flocons, microscopiques fleurs !
Quelle sérénité ! Les bruits sont ouatés ;
Marseille enfin en paix est pour l’instant tranquille
Sous son lourd édredon d’un blanc un peu bleuté
Qui arrondit les angles aigus de la ville.
On n’a pas l’habitude, et l’on est tout content
De voir cette pluie blanche à l’étrange lumière.
La vie en est changée pendant un court moment
Et l’on oublie un peu l’âpreté de l’hiver
Qui s’avère bien long depuis quelques années.
Les rives du Jarret ont une étrange allure
Sous leur blanc capuchon. C’est bizarre : on croirait
Un ruisseau de montagne ! Au lointain les voitures
Chuintent bizarrement en roulant sur la neige.
Que la ville est bizarre ! Elle a baissé d’un ton
Son immense clameur, et son ciel parpalège
De millions de clins d’oeil, de milliards de flocons.
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Publié par Vette dans Hiver, Marseille

Le ciel est pâle et froid. La torche du soleil
N’est plus qu’une bougie toute prête à s’éteindre,
La Nature glacée n’ayant plus pour la peindre
Que des tons pâlichons qu’aucun rayon n’égaye.
Le Midi grisailleux s’est recroquevillé
Sous la brume compacte où son cercle s’efface.
Plus de roux rutilants et plus aucune trace
De lumière et de feu dans les nues délavées !
Le ciel est clair et bas, reposant sur les toits
De Marseille affadie sous l’astre-roi trop doux,
Presque décoloré, et qui semble si mou
Qu’on le dirait usé par le carcan étroit
D’un hiver qui se traîne et ne veut pas finir !
Les Marseillais lassés n’ont plus aucun ressort
Car leur soleil malade a perdu ses rais d’or,
Flammèche vacillante et se laissant mourir…
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Poème illustré par un tableau de :
Mauve
www.galerie.com
Les venelles pavées sont cirées par le gel,
Et les rares passants marchent à petits pas
Le long des vieux remparts. On dirait que le ciel
Posé sur les toits roux est devenu fada
Tant il est anormal : il est bas, il est gris
Et Avignon prostré est presque silencieux
Sous le morne étouffoir. Le soleil s’est enfui
Vers d’autres cieux plus gais ; le Vaucluse est soucieux
Tant ce drôle d’hiver lui paraît étonnant.
Le fronton du Palais est couronné de glace :
Des pendeloques bleues, une dentelle argent
Qui en font le château des fées et de la grâce !
Les ruelles gelées luisent sous le ciel pur
Si foncé par le gel qu’il en est bleu marine ;
L’air froid est bien trop sec ; une blanche guipure
A orné le vieux Pont d’un lacis d’opaline.
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Un petit ange blond assis sur ses genoux,
Un vieil homme grimace un sourire ambigu.
Trônant sur le Vieux-Port, il n’en peut vraiment plus
De ces enfants chouineurs lui bavant dans le cou.
Marseille est embrasée : des lumières cliquètent,
Des ampoules partout, par millions, par milliards !
La foule grouille et crie ; et les petits braillards
Trépignent en hurlant à lui casser la tête…
Enfin le vieux monsieur n’en peut plus : il se dresse
Et pose sur le sol le gamin ébahi.
Il paraît moins minable, il est moins décati…
Et soudain face aux gens qui badent sa prouesse,
Il s’élève en douceur pour monter vers les cieux
Où l’attend son traîneau qui y tournait en rond.
Il ne faut pas pousser ! Il veut bien être bon,
Mais le père Noël est vraiment bien trop vieux
Pour ainsi se plier à ces enfantillages.
Ca fait bien trop longtemps que ça dure ! Aujourd’hui
Il va même partir au soleil. Vers Bali ?
Toujours est-il qu’il va s’offrir un beau voyage…
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Publié par Vette dans Chez nous, Hiver

Poème illustré par un tableau de :
Arno
www.arno-artiste-peintre.fr
Tiens ! On arrive à Lyon : l’air est gris et brumeux…
Même chose à Valence où ce n’est guère mieux…
Voici Montélimar ! Vois-tu ce que je vois ?
On dirait que du bleu court le long de la voie !
La campagne est très sèche et pas mal rocailleuse,
Et là-bas dans le ciel une nuée vineuse
Pose sur le sol gris une ombre. C’est l’hiver,
Mais le train dévorant vole vers la lumière
Et le soleil tout rond sous son chaperon d’or.
On s’en revient chez nous ! On a quitté le Nord
Où l’on a eu si froid. Laisse ton capuchon
Puisqu’on est arrivés ! Terminus : Avignon !
Mais il y a du vent : ce sacré vieux mistral
Est là qui nous attend ! Il est là, l’animal,
Avec ses crocs glacés vous arrachant la peau
Et son souffle dément ! Fermons bien nos manteaux,
Courons à la voiture… Ah ! il nous a suivis !
Il attend dans la cour ; il tournoie et gémit
De sa voix sépulcrale et triste de janvier.
On est dans le Midi, mais ce n’est pas l’été !
Enfin, ne râlons pas ! Au moins le ciel est bleu ;
Il n’y a pas de brume alors qu’ailleurs il pleut ;
Et devant un grand feu nous nous laissons bercer
Par les plaintes du vent qui voudrait bien entrer.
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Publié par Vette dans Automne, Hiver

Poème illustré par un tableau de :
André Blavier
www.andreblavier.be
Je n’aime pas novembre, et novembre est haï
Par la plupart des gens. C’est un mois terne et gris
Juste au milieu du temps de l’automne hivernal.
La lumière y est grise et les nuits maximales.
Novembre sent la mort, l’humide et le moisi ;
Même s’il est moins lourd chez nous dans le Midi
Que là-haut dans le Nord, il est trop étranger
Aux jours cléments et doux qui nous sont familiers !
C’est la clé de l’hiver : c’est par lui qu’on pénétre
Au royaume du froid. Derrière la fenêtre,
On peut le voir tapi dans l’ombre du jardin
Qui détrousse les fleurs et qui secoue les pins.
Je déteste novembre ; il est mou et pluvieux,
Nébuleux, endormi, brumasseux et venteux :
Sa grisaille en a fait un triste repoussoir ;
C’est un mois accablant aquarellé de noir.
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Poème illustré par un tableau de :
Grolejac
www.7aprem.canalblog.com
Au-dessus de la neige blanche,
La lune bleue. Une avalanche
Vient de rouler : vague d’argent
Et haut halo tourbillonnant
Qui flotte encor, poudre légère
De glace et de fine lumière.
La montagne en ombres chinoises,
Appliquée sur le ciel ardoise,
S’y découpe en angles aigus.
Des sapins sombres et barbus
Sont penchés au-dessus du val
Où un ruisseau moussu dévale
La pente jonchée de rochers
Phosphorescents et verglacés
Par la pluie froide de la nuit ;
La bruine incessante et sans bruit
Qui va se transformer en glace.
Un renard a laissé sa trace
Sur le chemin de velours blanc
Se cristallisant lentement …
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Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par un tableau de :
Leonid Afremov
Il est plus de minuit et l’on va changer d’heure !
Le ciel sera plus noir et bien plus froid le temps
Malgré parfois des signes d’ultime douceur :
Un soleil presque chaud et des bribes de vent
Qui n’ose pas encor montrer son vrai visage ;
Pas tout à fait mistral ni plus tout à fait brise,
Sachant toujours cacher la folie et la rage
Des torrents d’air en rut qu’on appelle la bise
Tout là-haut dans le Nord. Abrégé par l’hiver,
Grignoté peu à peu, le jour qui devient gris
Nous a fait basculer dans un monde à l’envers
Où la lumière semble soudain rabougrie ;
Les fleurs se sont fanées au fil d’un bel été !
Tout se recroqueville et glisse vers l’ailleurs
D’une triste saison toute ratatinée…
Le clocher de Calas vient de sonner deux heures !
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Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par un tableau de :
Georges Ruault
www.peintreamateurgeorgesruault.com
L’hiver vient de jaillir du couloir rhodanien
En compagnie du vent qui hurle à pleine voix,
Agitant les volets, secouant les grands pins
Comme un dément furieux ; et l’on en reste coi
Car on ne peut pas croire qu’il est déjà là !
Il vient nous décocher ses rafales glacées,
Accentuant encor cette impression de froid
Qui nous glace le coeur et nous fait frissonner.
Il nous a pris en traître, il est là bien trop tôt,
Nous ne l’attendions pas avant la fin novembre !
C’est la faute au mistral, cet immonde fléau
Qui souffle comme un fou de Marseille aux Issambres.
Le ciel est pourtant bleu, tout autant qu’en été !
Peut-être même plus ! Derrière la fenêtre,
On pourrait même croire au joli mois de mai…
Mais dès qu’on est sorti : oh mon Dieu quel mal-être !
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Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par un tableau de :
Gustave Vidal
(1895-1966)
Il va falloir passer encor tout un hiver
Dans ce maudit taudis où moults courants d’air
Vous hérissent le dos de leur souffle glacé.
A l’écart de la ville car le coût du loyer
Y est vraiment moins lourd ! Mais comment endurer
Cet hiver provençal si dur à supporter
Quand hurle le mistral ? Quand on a l’impression
Qu’il va désagréger les murs de la maison
Et que ses courants d’air qui s’immiscent partout
Tels de longs doigts glacés vous effleurent le cou !
Qui vous contraint aussi à bien tout calfeutrer !
On vous a pourtant dit qu’il y a du danger
A tout boucher ainsi. Mais on a bien trop froid
Pour agir sagement ! Le besoin fait la loi…
Et maudite saison fatale aux pauvres gens
Que ce fichu hiver : c’est le temps des tourments !
On ne peut plus chauffer ainsi qu’il le faudrait :
Cela coûte trop cher, et même si c’est vrai
Que c’est bien pire au Nord, on se fait du souci
Quand arrive décembre et tout son lot d’ennuis.
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Poème inspiré par un tableau de :
Jean Potvin
www.jeanpotvin.com
Le vieil homme est pensif et semble fatigué
Par ce long mois d’hiver ; mais s’il est épuisé,
C’est par l’indécision qui pèse sur sa vie.
Il a pourtant à faire : il n’en a plus envie !
Pourquoi tous ces efforts toujours recommencés ?
A quoi donc servent-ils? Rien n’a vraiment changé
Depuis qu’il s’évertue à semer le bonheur !
Le vieil homme est lassé ; il n’est plus que douleurs :
Bien trop vieux, trop perclus et trop désabusé !
Le monde semble sale et, sans s’améliorer,
Les hommes ne sont bons qu’à semer la misère.
Mon Dieu ! Que font-ils donc de toute la lumière
Qui jaillit chaque jour du fond de l’horizon ?
Comprends-Tu ce qu’ils sont et à quoi ils sont bons ?
Le vieil homme accablé s’est penché sur le feu
Qui brûle au creux de l’âtre et il s’essuie les yeux :
Tous les ans c’est pareil ; il souffre tout autant !
Et puis il se redresse, il marmonne et reprend
Le travail qui le pousse à mener ses affaires
Monsieur Noël se lève : il a vraiment à faire…
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Poème illustré par un tableau de :
Valérie Girard
www.a-ma-galerie.info
Aujourd’hui le village est encapuchonné
Tant la neige est tombée au cours de la journée ;
Et tel un édredon gonflé et cotonneux,
Elle recouvre tout et tout est silencieux.
Les flocons qui voltigent sont pourtant légers
Comme des papillons ; ils se sont déposés
En couches agrégées dans le moindre des trous
Et les ont colmatés, en molletonnant tout.
Du blanc et puis du noir : où est passé le gris ?
Maisons et paysage en semblent adoucis :
La montagne enneigée est soudain moins aiguë
Et ses crêtes blanchies paraissent moins pointues.
Les toits blancs sont bombés et les murs écrasés
Sous la froide épaisseur qui s’est amoncelée
Depuis tôt ce matin. Où donc est le chemin ?
On est coupés du monde. On verra ça demain
Car on ne peut rien faire ; on est tous isolés
Dans un monde blanchi et comme auréolé
Par la lumière bleue. La neige qui volète
S’illumine parfois d’une lueur violette…
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Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par un tableau de :
Tony wahlander
www.artony.eu
Le vent s’est invité dans la vieille bastide
A moitié déglinguée et mangée par le temps
Dont les murs de guinguois n’enserrent que du vide.
C’était une maison aux jolis jours d’antan !
Il se glisse aux tréfonds de la vieille demeure,
L’antique cheminée est son meilleur chemin ;
Et puis il en ressort bien avant que ne meure
Son souffle carnassier dépeçant comme un chien
La carcasse de pierre à moitié écroulée.
Il y ronfle, il y hurle et fait un tel tapage
Que quiconque voudrait un jour s’en approcher
En serait refoulé par sa hargne et sa rage.
C’est la maison du vent dressée sur la garrigue ;
Elle tremble parfois sous les coups de bélier
Du grand mistral d’hiver qui y danse la gigue
Et s’acharne sans cesse à la mieux ravager.
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Publié par Vette dans Hiver

Poème inspiré par un tableau de :
Alvaro
Oh ! Mon Dieu, qu’il fait froid ! On va être gelés !
De tout petits glaçons se forment dans le nez…
C’est du moins l’impression que décembre nous donne !
On est à moitié morts ! Où donc est cet automne
Où l’on râlait pourtant parce qu’il pleuvait trop ?
On ne reconnaît plus les hivers provençaux !
Comment faisais-je donc à Nancy en Lorraine
Où pendant tout l’hiver la froidure est pérenne ?
Les arbres sont luisants. Pourvu que l’olivier
Supporte ce grand froid ! Je vais lui tricoter
Un grand manteau bien doux pour lui chauffer l’écorce !
Mais foin de rigolade ! Il faut garder tes forces,
Mon bel arbre si vieux et qui en as tant vu !
D’après la météo, nous ne souffrirons plus
Que quelques jours encor ! Il va faire plus doux :
Je t’en prie, l’olivier, tu dois tenir le coup !
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Poème illustré par un tableau de :
Guillaume Barazer
www.farea.com
Hululant sa complainte et courbant les cyprès,
Le mistral accouru de la vallée du Rhône
En lavant le ciel bleu de ses nuages jaunes
Assaille fou furieux la Méditerranée.
Il déchiquète l’eau à grands coups de rafales
Et en jette l’écume au-delà des rochers
Luisants et englués d’un magma verglacé.
Il fonce droit devant, tout comme une cavale
Jaillie de l’enfer glauque où se terre l’hiver.
Il érafle les flots de son souffle glacé
Et givre le pont gris des bateaux amarrés
En pétrifiant de froid et la terre et la mer.
C’est un vent déchaîné, comme souvent ici
Au coeur noir de l’hiver. Un tourbillon énorme,
Hors de toute raison et hors de toute norme.
C’est un vent terrifiant ; c’est le vent du Midi !
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