Archives pour la catégorie “Contes”

Le jeune Bénezet était un pastoureau
Qui gardait ses moutons fort loin de la Provence ;
Un minot de Burzet, tout pétri d’innocence
Qui aimait bien sa vie. Pour lui rien de plus beau…
Jusqu’à ce qu’il entende une très sainte voix :
« Va-t-en donc sur le Rhône et construis-moi un pont ! »
Le petit rechigna. Oui… Mais résiste-t-on
Aux ordres du Seigneur – même un ordre à la noix ?
Bénezet partit donc avec un pèlerin :
Un ange déguisé, qui lors l’accompagna
Tout au long du chemin pour l’emmener là-bas…
Quel horrible voyage et que c’était donc loin !
Petit Benoît rendu s’en alla voir l’évêque
Juste en train de prêcher. L’homme fort étonné
Lui montra une pierr(e) « Tu vas la soulever !
Ensuite nous verrons ! » Le minot aussi sec
S’en fut porter le bloc sur la rive du fleuve,
Bien que trente ouvriers n’aient pu le déplacer !
Le prévôt sidéré donna l’ordre d’aider
Le gentil pastoureau à poursuivre son oeuvre.
Il mourut bien avant qu’il ne fût terminé…
Mais pour mieux l’honorer on lui donna son nom :
C’est le pont d’Avignon où l’on dansait en rond,
Qu’on nomme encor parfois le pont Saint-Bénezet.
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Poème illustré par un tableau de :
Johannes Vermeer
(1632-1675)
La belle Magali tenait de sa grand’mère
Un collier torsadé fait de l’or le plus fin :
Joli cercle posant sur son cou de satin
Un délicat réseau de grâce et de lumière.
On lui avait bien dit de ne plus le porter
Car à Marseille – hélas ! vadrouillent des voyous
En quête de forfaits. Et le moindre bijou,
Chaîne, boucle, collier… risque d’être arraché.
Elle n’écouta pas ce conseil avisé !
Alors qu’elle croisait un gamin à scooter,
Il vola son collier en la flanquant par terre,
La laissant sur le cul, furieuse et humiliée.
Le bijou ancestral se retrouva alors
Dans une poche usée, parmi moultes rognures,
Avec de vieux mouchoirs et d’immondes pelures :
La descente aux Enfers pour un joyau en or !
Or c’était un objet aux pouvoirs étonnants,
Un collier féérique, un collier enchanté
Toujours prêt à châtier tout fauteur de méfaits ;
Le gamin malfaisant en fut vite au courant !
Quand il mit dans son jean ses cinq doigts tâtonnants,
Il se mit à hurler, à baver, à trembler
En sentant dans sa poche un machin qui grouillait :
Le joyau fabuleux devenu un serpent !
Il fit une syncope… et le serpent-collier
Retourna aussitôt chez sa belle maîtresse
Qui l’accueillit ravie et avec allégresse
Car s’il était magiq(ue), c’était elle la fée…
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L’âne Batifolo était vraiment très vieux :
Il n’y voyait plus bien et trébuchait souvent,
Tant et si bien qu’un jour le pauvre clopinant
Tomba au fond d’un puits au mazet Donnadieu.
Il se mit à hennir, à vous rendre fadas !
Son maître, l’Antonin, ne sachant plus que faire,
S’en fut sitôt quérir ses amis et son frère
Pour l’aider à sortir le vieil âne de là.
On réfléchit beaucoup, on se cassa la tête…
Jusqu’à ce qu’on en vienne à un raisonnement :
Enterrer tout vivant l’âne bien trop bruyant,
Alléguant qu’après tout ce n’était qu’une bête !
Et chacun pelleta bientôt de tout son coeur
Sans oser regarder le fruit de son travail.
L’animal s’était tu. Et tous, vaille que vaille,
Bossaient comme des fous pour oublier l’horreur
De ce qui se passait quand soudain, – oh ! mystère !
La tête de la bêt(e) surgit du trou comblé…
Et l’on comprit alors qu’à chaque pelletée,
L’âne se secouait pour enlever la terre
Qui était sur son dos et montait par dessus !
Il snoba les tueurs en passant devant eux,
La lippe méprisante et le port dédaigneux,
Ignorant les « Hourrah » de tous ces malotrus
Qui voulaient l’enterrer avant qu’il ne fût mort.
Et il vécut tout seul non loin de Lourmarin,
Heureux d’avoir quitté le cruel Antonin
Et d’avoir échappé à un coquin de sort …
Vous avez des ennuis ? Alors secouez-vous :
C’est la seule façon de se sortir du trou !
« Güther Martine a ecrit :
J’ ai beaucoup aimé le poème : la tactique de l’ âne…Bravo… »
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Délicieuse journée d’un printemps irisé
Par le soleil tout neuf d’un nouveau mois de mai !
C’est la douce saison et la plus agréable
Ici dans le Midi ! Sentiment indéniable
D’être privilégié ! Les colombes roucoulent
Sans jamais se lasser, et la brise qui coule
Sur la garrigue en fleurs sent bon le romarin,
Le lilas frais éclos, le jasmin et le thym.
Les cloches du muguet sonnent à la volée
Car n’est-on pas ici dans le pays des fées ?
Il me semble d’ailleurs avoir vu la plus belle
Se baignant dans l’étang où les crapauds coassent
Tout éperdus d’amour. Leur fade ritournelle
Ricoche sur l’eau bleue que des plis d’argent froissent.
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Publié par Vette dans Contes, Hiver

Poème illustré par un tableau de :
Ivan Aïvakovski
(1817-1900)
On était en hiver et il faisait très froid ;
Mais l’on se sentait bien, lové dans sa maison
Bien chaude et bien douillette, éclairée à foison
De la cave au grenier… quand, le coeur en émoi,
On fut tous submergés d’un seul coup par la nuit !
La Ligne avait sauté et toute la Provence
Se retrouvait soudain – énorme extravagance !
Sans électricité, base de notre vie !
Tout d’abord un grand cri ! Puis en grognant pas mal
Et en se bousculant on chercha des bougies :
Pas facile à trouver ! Mais bien petit ennui
Auprès de l’essentiel : branle-bas général
Dans toute la région quand on se rendit compte
Qu’on resterait des jours sans pouvoir réparer !
Nous nous sentions soudain, sans notre bonne fée,
Aussi déshérités que les Vilains des contes.
Depuis lors on a froid et l’on est démuni
De tout ce qui faisait notre unique bien-être ;
Comme des enfants nus et qui viennent de naître,
Attendant que revienne l’électricité,
Nous avons l’impression qu’on a pris notre vie :
Congélateurs, ordis et machines en panne…
Plus rien ne sert à rien ! La Nature ricane
Qui nous voit peu à peu sombrer dans la folie !
Nous comprenons enfin notre asservissement
Car plus rien ne fonctionne et plus rien n’est pareil !
Et tout notre Midi plongé dans le sommeil
Vit depuis près d’un mois un drame hallucinant…
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Poème illustré par un pastel de :
Mathurin Janssaud
(1857-1940)
www.concarneau-peintres.fr
En l’an 1516, le roi François I°
Fit savoir à Manosq(ue) qu’il y devait passer.
Branle-bas de combat ! Tout bourdonne, on s’agite
Pour la cérémonie, et l’on recherche vite
Quelle est la plus jolie des filles de la ville
Pour présenter ses clés. Qui pourrait…? Les édiles
Pensent à l’unisson à Anne de Voland,
La fille du consul… Le roi en la voyant
La jaugea prestement, la trouvant si gentille
Qu’il pensa pour la nuit la mettre… dans son lit !
Mais la fille était pure, et son intégrité
Poussa son jugement à très vite trouver
Le tour le plus subtil pour échapper au pire :
Au souper, s’excusant avec moults soupirs,
Elle se retira pour aller barbouiller
Son ravissant visage de soufre enflammé ;
Puis elle s’en revint en cachant sa hideur
Sous un long voile noir. Le roi saisi d’horreur
Fit amende honorable et demanda pardon
A Anne devenue un affreux laideron
Par excès de vertu… Voici ce que l’on conte
A Manosque depuis… Histoire prise en compte
Par tous les troubadours. Pas par les historiens !
Car aux contes trop beaux ils ne connaissent rien…
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Solidement campé au milieu du gazon,
Basile est immobile : il semble un peu morose
Car depuis ce matin, fleuron parmi les roses
Les plus fraîches des lieux, un fort joli tendron
Est soudain apparu chez ses proches voisins.
Il a d’abord senti son gentil coeur frémir
Tant la donzelle est belle. Un délicat sourire
Est posé sur sa bouche, en remontant les coins
Vers ses yeux de saphir. Elle a des cheveux noirs,
Le teint clair d’un pétale et des joues vermillon,
Un nez et un menton admirablement ronds…
Elle va, elle vient sur une balançoire ;
Le mistral retroussant son vaporeux jupon
Découvre des mollets parfaitement galbés
Recouverts de bas blancs. Il semble fredonner
Un triste petit air qui parle… de raison !
« Allons, mon vieux coquin, il te faut être sage ! »
Lors Basile revient au monde des Humains
Dont depuis si longtemps il a pris les usages :
La Belle est Blanche-Neige et lui nain de jardin !
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Marmaduke O’Reily idolâtrait la France :
Voulant s’y installer non loin d’Aix en Provence
Pour pouvoir profiter du soleil du Midi,
Il fit donc son bagage et quitta son pays
Avec ses poissons rouges, son vieux chihuhua,
Ses serins, son hamster… sans oublier son chat :
Un chat au poil de jais et dont le regard d’or
Luisait étrangement : il n’était pas d’accord
Car il désirait fort rester en Angleterre…
Marmaduke ravi trouva que la lumière,
La mer et le soleil, la garrigue et le vent
Etaient tous « marvelous », de même que les gens.
Mais Puck n’appréciait pas… Puis il eut une idée :
Les yeux demi-fermés, il se mit à passer
Sa patte doucement derrière son oreille.
C’était un chat malin : tout marcha à merveille !
Il se mit à pleuvoir sans discontinuer,
Jour après jour, sans cesse… Et l’Anglais déprimé
Se mit à regretter son déménagement,
Sa terre, ses amis et sa vieille maman…
Il refit sa valise et repartit chez lui
Avec son chien, son chat, ses serins … et tutti !
Et chacun ébahi put dès lors constater
Que Puck, dès qu’il pleuvait, ronronnait sans arrêt…
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Chez nous dans la Rue Grande il est un magasin
Qui change constamment : et de propriétaire,
Et d’enseigne, et de tout. « Aux plaisirs Lambescains ».
Un lieu auréolé d’un halo de mystère !
On ne sait trop pourquoi nul ne peut y rester
Plus d’un an… parfois deux ! Mais aucun commerçant
N’y gagne assez sa vie pour pouvoir s’y fixer :
Quiconque s’y essaie vient s’y casser les dents,
D’autant plus qu’on raconte qu’un jour un brave homme
S’y pendit haut et court, après avoir perdu
Sa jeune et jolie femme et l’assez belle somme
Qu’il avait épargnée. Un pauvre vieux, cocu,
Et de surplus ruiné ! Sa veuve revendit
Le commerce souillé par cette mort inique
A un pauvre quidam qui n’était pas d’ici
Et ne mit pas un an à fermer la boutique…
Et depuis c’est ainsi ! Même Antonin Laffitte
Dont on dit qu’il saurait revendre le Vieux Port
N’a pu s’y établir et y a fait faillite !
Qui mettra donc un terme à tout ce mauvais sort ?
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Dans une nurserie aux confins du ciel rond
Des milliers de berceaux ! Que dis-je ? Des millions !
Au creux de chacun d’eux repose un angelot,
Une âme toute neuve et prête pour le Saut
Mais dont le point de chute est vraiment un mystère.
C’est un grand ange blond qui les lance sur Terre,
Les expédiant en bas au hasard, comme ça !
Vas-y, le nouveau-né, et tombe(s) où tu pourras !
Ils chutent n’importe où ! Une question de chance…
Damien est accueilli par un couple en Provence
Qui va le poupougner. Pour la petite Aïcha,
Une énième place au coeur d’une smala…
Les bébés pleuvent dru ! Finie la nurserie
Où ils étaient égaux ! Petites fleurs jolies
Balancées au hasard, tout petits riens du tout
Ou chérubins aimés dont on va être fou ?
Certains n’ont pas de bol et d’autres sont veinards.
Des enfants tout pareils mais marqués au départ
Par un grand coup du sort. Où vont-ils donc tomber,
Ces pauvres tout-petits jetés dans la mêlée ?
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Le soleil s’est paré d’oripeaux flamboyants
Tel un énergumène, un flambeur, un rufian
Ne songeant qu’à brûler les terres de Provence
Avec cet appêtit, cette ardeur, cette outrance
Qu’on ne voit qu’en Afrique ou au sein de l’Enfer !
Le soleil au mois d’août est comme un Lucifer
Impossible à mater, horrible à supporter !
Mais comment donc faisions-nous les autres années ?
Au fond de l’horizon, un tout petit nuage
- Un minuscule cercle et peut-être un mirage -
Rit dans sa barbichette : un petit rien du tout,
Joli grain de beauté posé sur une joue !
Mais il cache son jeu : mine de rien il gonfle
Dans le ciel bleu marine ; et alors que ronfle
Au loin comme un bruit sourd, très subrepticement
Il enfle peu à peu. Puis soudain bien plus grand
Que le soleil dément il le gomme d’un coup :
Eteint le grand bravache, effacé par un fou
Petit nuage rond qui osa l’affronter
Malgré son handicap ! Un culot insensé…
Et maintenant il pleut : un orage maison !
Le soleil dépité refourbit ses rayons
Pour revenir demain plus faraud que jamais.
La Provence est sa chose au pays de l’été !
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Poème illustré par un tableau de :
Pierre Bonnard
(1867-1947)
Tout au fond du jardin il est un amandier
Las et désabusé qui ne veut plus fleurir !
Il est vrai qu’il est vieux, que le moindre soupir
De la brise d’hiver semble le fatiguer.
Mais il n’a plus envie de se donner du mal
A recréer des fleurs ! L’air est trop pollué,
L’atmosphère alentour lui paraît trop viciée
Et le ciel de Provence est de plus en plus sale.
L’amandier tout tordu a vraiment le cafard.
Peut-être a-t-il besoin d’un bon litre d’engrais
Ou de quelques baisers sur son vieux tronc rapé ?
On a besoin de lui, et il n’est pas trop tard
Pour le voir s’éveiller en sa belle livrée !
Le soleil s’y est mis : bombardant à foison
Notre récalcitrant de millions de rayons,
Il l’a encouragé et l’a réconforté.
Aujourd’hui le vieil arbre est le roi du jardin !
Une pure merveille, une boule de fleurs
Délicates et drues qui nous chauffent le coeur.
Voilé de blanc rosé, éclairant le matin,
Il a caché à tous ses branches dénudées
En les dissimulant sous ses légers pétales.
Il semble rajeuni au soleil qui s’étale
Et croît de jour en jour dans le ciel délavé.
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Publié par Vette dans Contes, Zooland

Poème illustré par un tableau de :
Georges Braque
(1882-1963)
Grimpant sur le chemin serpentant vers le mas,
Dans le pin surplombant le maquis souffreteux
J’ai vu un bel oiseau : un oiseau merveilleux
Dont le chant mélodieux a imprimé sa trace
A jamais dans mon coeur. Etait-ce un oiseau-lyre ?
Mais non ! Pas en Provence ! Il n’y a par ici
Que des oiseaux normaux ! Pas d’oiseaux-fantaisie !
Etait-il inventé et né d’un doux délire ?
Son plumage luisait ; sa tête était huppée
D’une couronne d’or ; sa longue queue bifide
D’un beige lumineux tachetée d’éphélides
Comme ton joli nez. Et son bec recourbé
Etait long et pointu comme une fine aiguille.
Mais c’est surtout son chant qui m’a comme envoûtée :
Roulades en cascade et qui semblaient couler
Du haut en bas du ciel en roucoulantes trilles !
Hélas ! J’ai dû bouger car soudain la merveille
A cessé de chanter et a pris son essor ;
Et laissant derrière elle un long sillage d’or,
Elle est montée en flèche, au loin, vers le soleil.
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Poème illustré par un tableau de :
Martine Tron-Marchal
www.saudade.unblog.fr
Sur le visage clair du bébé blond qui dort
Est posé un sourire. Un rayon de soleil
Joue sur son front bien lisse en le tachetant d’or ;
Ses cheveux si légers ont des reflets vermeils.
Le sourire frémit comme un gai papillon
Sur la bouche entr’ouverte où quatre dents de lait
Viennent juste de poindre. Un sourire-ludion
Qui s’envole soudain pour aller se poser
Un peu plus loin, là-bas, sur un nounours obèse ;
Sourire baladeur ne songeant qu’à jouer !
Un sourire-dessert, un sourire à la fraise
Parfumé au yaourt que Lou vient de manger.
Le sourire repart, voltigeant dans la chambre
Comme un spot lumineux égayant chaque chose.
Dehors, c’est la froideur du jardin de novembre
Où le mistral impie tue les dernières roses…
Mais le joli sourire en a vraiment assez
Car il est fatigué par sa folle balade :
Réintégrant la bouche il revient l’éclairer
De son joli mystère en forme d’escapade…
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Un petit ange blond assis sur ses genoux,
Un vieil homme grimace un sourire ambigu.
Trônant sur le Vieux-Port, il n’en peut vraiment plus
De ces enfants chouineurs lui bavant dans le cou.
Marseille est embrasée : des lumières cliquètent,
Des ampoules partout, par millions, par milliards !
La foule grouille et crie ; et les petits braillards
Trépignent en hurlant à lui casser la tête…
Enfin le vieux monsieur n’en peut plus : il se dresse
Et pose sur le sol le gamin ébahi.
Il paraît moins minable, il est moins décati…
Et soudain face aux gens qui badent sa prouesse,
Il s’élève en douceur pour monter vers les cieux
Où l’attend son traîneau qui y tournait en rond.
Il ne faut pas pousser ! Il veut bien être bon,
Mais le père Noël est vraiment bien trop vieux
Pour ainsi se plier à ces enfantillages.
Ca fait bien trop longtemps que ça dure ! Aujourd’hui
Il va même partir au soleil. Vers Bali ?
Toujours est-il qu’il va s’offrir un beau voyage…
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