Archives pour la catégorie “Automne”

Les mélèzes sont roux sur les pentes à pic
Où les hauts résineux enflamment les versants
De leur feuillage rouge. Et le soleil couchant
Accentue leur éclat de sa lumière oblique.
Les arbres exacerbent leur rousseur dorée
Avant que le vent fou bientôt ne les dénude ;
Car l’automne est cruel et la nature est rude
Qui va les dévêtir pour mieux les humilier.
Ils sont vraiment les seuls parmi les résineux
A perdre leurs épines. Mais leur différence
En fait les rois d’octobre. Et toute la Provence
Applaudit leur beauté qui enchante ces lieux
Où serpente l’Ubaye et gronde la Durance.
Les grands mélèzes droits, surplombant les rochers
D’où tombent des torrents aux eaux bleues forcenées,
Recouvrent les monts noirs de leurs forêts garance.
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Poème illustré par un tableau de :
David Fridrich Caspar
(1774-1840)
http://masmoulin.blog.lemonde.fr
On a tagué le cimetière.
Rassemblant alors leur poussière,
Les Morts outragés ont surgi
De leur linceul et de l’oubli
Où les a relégués le temps.
Ombres livides, corps d’antan
Couverts de hardes poussiéreuses,
Ils sont là sous la lune ombreuse,
Attendant l’imbécile impie
Qui inconscient a tout détruit.
Il reviendra, c’est obligé !
Et la foule des En-Allés,
Silencieuse et pâle cohorte,
S’est massée derrière la porte
De la nécropole endormie,
Guettant l’irresponsable qui
A profané le lieu sacré.
Elle a le temps, l’éternité
Pour rendre enfin son jugement.
La meute est là et elle attend…
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Publié par Vette dans Automne

Poème illustré par un tableau de :
Giséle Hagmann
www.artmajeur.com
L’arbre au fond du jardin a changé de couleur
Sous les rayons plus courts du soleil assoupi.
Il jaunit un peu plus et roussit d’heure en heure,
Dénudé peu à peu par la brise alanguie.
Sa sève ralentit dans ses branches de verre ;
Il s’endort lentement et va défier la mort
Postée en sentinelle aux abords de l’hiver
Pour dévorer le jour, et encor et encore…
Mais recroquevillé sous son écorce grise,
Toute vie engourdie jusqu’au prochain printemps,
L’arbre au fond du jardin ne lui donne pas prise :
C’est vrai qu’il est costaud puisqu’il n’a que cent ans !
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Publié par Vette dans Automne

Poème illustré par un tableau de :
Denis Gingras
www.dgingras-artist.com
Le ciel bleu est foncé et la forêt si rousse
Qu’on dirait qu’une étoile est tombée sur la terre,
Faisant jaillir des bois des bribes de lumière ;
Le ciel bleu est marine et l’atmosphère est douce.
Et si nous allions tous cueillir des champignons ?
Anne, prends un panier où mettre la cueillette
Car tu t’y connais bien ! Et nous ne risquerons
Rien avec tes conseils. Une belle omelette
Conclura la journée : un plat vraiment goûteux,
Odorant, parfumé par de friands lactaires
Délicieux, bien en chair… Ah ! Nous n’avons plus d’oeufs ?
Nous nous contenterons simplement de les faire
Griller sur des sarments… Oh ! Mon Dieu qu’il fait bon
Sous l’ombre effilochée des grands pins qui ondoient
Agités par le vent ; mais le ciel bleu déploie
Sur la forêt qui bruit un gros nuage rond.
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Poème illustré par un tableau-peinture de :
Eric Bruni
www.liensutiles.org/ebruni.htm
Le soleil carnassier est mangé peu à peu
Par le mois de septembre ; et son spectre tout rond
S’enfonce lentement au fond de l’horizon
Chaque soir bien plus tôt. Le ciel est bien moins bleu,
D’un bleu moins soutenu. Quelquefois des nuages
Le tachent et le strient de manière incongrue ;
On dirait qu’on s’en va vers un monde inconnu,
Un rivage automnal qui n’est plus un mirage.
On a parfois très chaud, puis il fait presque frais ;
Rester tard au jardin n’est plus très agréable
Et la brise du soir n’est vraiment plus aimable !
Qui aime bien l’été doit vite en profiter
Car l’automne s’en vient qui s’en va le pousser
En dehors du circuit jusqu’à l’année prochaine.
Et le grand soleil fou maintenant à la traîne
S’est enfin apaisé : c’est la fin de l’été !
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Poème illustré par un tableau de :
Octavio Ocampo
www.kakushin.unblog.fr
Oh ! Mon ami, mon bel amour,
Nous appartenons au passé
Et nos vieux corps sont tout usés
Qui n’ont pas pu dire : « Toujours ! »
Mes cheveux gris, tes cheveux blancs
Sont tout tressés de souvenirs.
On n’a presque plus d’avenir.
Où sont donc nos projets d’antan ?
Mais ta vieille main si ridée
Est toujours au creux de la mienne
Et il faut que l’on se souvienne
Qu’on n’a jamais été lassés
Par les fêlures de la vie,
Cette vie déroulée ensemble :
Une douce vie, il me semble,
A nous être beaucoup souri,
A pleurer et à nous aimer,
A nous supporter tendrement.
Oh ! Mon ami, mon vieil amant,
Nous ne nous quitterons jamais.
Lis cette lettre, mon très cher,
Juste avant de fermer tes yeux.
Attends-moi là-haut, dans nos cieux,
Tendre lueur dans la lumière…
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Poème illustré par un tableau de :
TonyWahlander
www.artony.eu
On s’installe le soir au frais sur la terrasse
Pour mieux s’y reposer ; puis l’on cligne des yeux,
Tout effaré de vivre un tel instant de grâce ;
On sent son coeur qui bat ! Tant de beauté, mon Dieu…
Les flèches des cyprès rayurent la colline
De verticales bleues sur le feuillage vert.
Au couchant le soleil qui s’éteint enlumine
Le ciel pur qui palpite encore de lumière,
Cette lumière rose éclaboussée d’orange
Encerclant d’une aura chaque arbre et chaque fleur
Et les toits au lointain. Une sorte de frange
Qui auréole tout d’une étrange couleur !
Au fond du val un arbre au beau feuillage rouge
Met une tache feu sur la masse des pins.
L’horizon est carmin et l’on dirait qu’il bouge
Sous le soleil qui meurt d’une agonie sans fin.
La colline s’endort. Peu à peu s’y allument
Des lucioles dorées : les lampes des maisons
Sous leur toit orangé. La corne de la lune,
Croissant roux effilé, s’est mise au diapason
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Publié par Vette dans Automne

Poème illustré par un tableau de :
Valérie Molina
www.valerie-molina.com
Automne inachevé, tu porte(e) encor des feuilles
Virant du roux au beig(e), du sec au décharné ;
Mais tu tiens malgré tout et l’hiver qui t’effeuille
S’unit au vent, au froid, à ses meilleurs alliés
Pour t’envoyer bien loin de la Provence lasse
D’un soleil bien trop chaud, de trop de sécheresse.
Décidé à lutter pour prendre enfin ta place,
Il s’apprête au combat avec moult allégresse
Car il en a assez de s’avancer masqué.
Ton feuillage est trop roux, ta lumière trop belle,
Et il faudrait enfin pouvoir te résigner
A devoir endosser ta tenue isabelle !
Tu vas bientôt mourir de la mort des saisons,
Mais revenir plus tard après un long repos.
Ce cycle, c’est la vie ! Les choses se défont…
Hiver, reviens chez nous : il est temps, il le faut !
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Quand il est vraiment sûr qu’au loin tout s’est éteint,
Quand le soleil n’est plus qu’une ligne de feu,
Il sort tout doucement et se promène enfin,
Discret et délicat, toujours silencieux.
Il marche à petits pas, puis repart et s’arrête
Pour pouvoir respirer les parfums du jardin
Surfleuri pour ces morts qu’on honore et qu’on fête.
Il rôde dans l’allée une odeur de jasmin !
Il se fatigue vite et son pas est très lent
Comme s’il lui fallait actionner des rouages
Pour mieux se déplacer. Et presque transparent,
Son reflet est ténu comme l’est son image
Sur sa tombe, là-bas, jonchée de chrysanthèmes.
Il est très fatigué, de plus en plus léger…
Il sait depuis longtemps que les Humains qui l’aiment
Le croient anéanti. Mais il lui faut rentrer…
Dans les larges allées du vaste cimetière,
D’autres tristes rôdeurs flottent au gré du soir.
Il se décide alors, et, pleurant sa misère,
S’en retourne dormir sous son froid marbre noir.
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Content de rien, lassé de tout,
Il en a assez de l’été ;
Il se sent faible et harassé
Par ce climat qui le rend fou
Et aspire à un peu de brume
Qui estomperait l’horizon ;
De la fraîcheur dans la maison,
Surtout au moment où s’allument
Les premières lueurs du soir !
Il en a assez du soleil
Et de sa faconde vermeille ;
Besoin de froid, besoin de noir,
Besoin d’un ciel un peu plus gris !
Etre un peu moins dépaysé
Et apprendre à mieux supporter
D’être aussi loin de son Nancy !
Il regrette les forêts sombres
Que l’automne s’en vient dorer
Dès les derniers jours de l’été.
Leur feuillage épais, leur pénombre…
Il voudrait bien rentrer chez lui
Avec la pluie et son ciel bas…
Oh ! Il était si bien là-bas…
Non ! il n’aime pas le Midi.
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Publié par Vette dans Automne

Un peintre un peu fantasque a peint sur les carreaux
Des raies tout de guingois et de longs traits en biais
Glissant silencieux, toujours recommencés,
Et où cloquent parfois des vésicules d’eau.
Nous sommes en octobre ; il pleut depuis fin août
Et le soleil s’éteint, de longues cataractes
Le noyant lentement ; c’est sans aucun entr’acte
Que la pluie strie le ciel, que son chant qui glougloute
Nous lasse les tympans tant il est continu.
On n’a pas l’habitude, on attend le mistral
Pour qu’il vienne chasser ces nuées en cavale
Venues d’on ne sait où. Il serait bienvenu
Même s’il est souvent voué aux gémonies !
Car il est de cristal et ses rafales bleues
Assainissent le temps : il laverait les cieux
De cette interminable et monotone pluie.
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Publié par Vette dans Automne

Poème illustré par un tableau de :
Pierre Labrecque
www.pierrelabrecque.com
Le roux est ta couleur, la douceur ta vertu ;
Même si quelquefois tu trépignes de rage
Et lances sur le Sud ces énormes orages
Qui laissent la Provence hagarde et abattue.
Tu caches bien ton jeu, tout comme le printemps :
Si la plupart du temps tu es toute joliesse
Et t’éteins lentement avec délicatesse,
Sachant être discret, même au triste moment
Où tu meurs pour laisser enfin régner l’hiver,
Tu sais être violent et laisse(s) en héritage
A décembre accouru une horde sauvage
De tempêtes, de pluie, de chagrin, de misères…
Tu caches bien ton jeu, tout comme le printemps ;
Le roux est ta couleur, la douceur ta vertu :
C’est du moins la figure que tu t’évertues
A nous laisser de toi avant le mauvais temps !
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Publié par Vette dans Automne

Une lumière fauve et un peu plus oblique
Tombe du ciel pâli et terne de novembre.
L’horizon est brouillé et le soleil est d’ambre,
Chaque jour un peu moins exalté et lyrique.
L’horizon est brouillé du côté de Meyreuil
Et la rousseur du soir est vraiment languissante.
Tout s’éteint peu à peu, et c’est la valse lente
Des jours moins lumineux tout entachés du deuil
De la fin de l’automne. Il fait encor très doux,
Mais de longs pans de brume estompent en douceur
Les jardins endormis où les feuilles se meurent,
Chutant au moindre vent sur les parterres roux.
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Publié par Vette dans Automne

Automne au nom si doux et aux tendres couleurs,
Tu cherche(s) à t’accrocher à tes dernières heures
Ainsi qu’un lumignon qui ne veut pas s’éteindre.
Mais l’hiver est trop dur et va bientôt t’étreindre
En ses bras décharnés pour te faire mourir.
Tu as beau le charmer par un dernier sourire,
Il est trop fort pour toi. Ton teint roux vire au gris,
La nature soupire et lentement s’aigrit.
La Provence ternit et le soleil émousse
Ses rayons trop aigus. Ce soir la lune est rousse
Et l’on parle déjà des premières gelées.
Les jours ont raccourci, ils sont moins lumineux.
Automne au nom si doux, il te faut t’effacer,
Supplanté par décembre et ses longs jours pluvieux.
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Publié par Vette dans Automne

Poème illustré par un tableau de :
Dante Rossetti
(1828-1882)
Automne de ma mie aux longs cheveux si roux,
Automne mon ami aux effluves si doux
De feuilles et de fleurs allant sur leur déclin,
Automne un peu brumeux dès le petit matin ;
Automne de ma belle au teint fleuri de son,
Automne mon ami roussi comme un brugnon
Ou une belle pêche éclatante et sucrée.
Automne un peu pâli comme son teint de lait ;
Automne de Provence aux tons un peu plus sourds
Que les couleurs d’été brûlant jour après jour ;
Automne à la lumière un peu plus adoucie
Que les flammes flambant dans les yeux de ma mie !
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