Archives pour la catégorie “Zooland”

Marmaduke O’Reily idolâtrait la France :
Voulant s’y installer non loin d’Aix en Provence
Pour pouvoir profiter du soleil du Midi,
Il fit donc son bagage et quitta son pays

Avec ses poissons rouges, son vieux chihuhua,
Ses serins, son hamster… sans oublier son chat :
Un chat au poil de jais et dont le regard d’or
Luisait étrangement : il n’était pas d’accord

Car il désirait fort rester en Angleterre…
Marmaduke ravi trouva que la lumière,
La mer et le soleil, la garrigue et le vent
Etaient tous « marvelous », de même que les gens.

Mais Puck n’appréciait pas… Puis il eut une idée :
Les yeux demi-fermés, il se mit à passer
Sa patte doucement derrière son oreille.
C’était un chat malin : tout marcha à merveille !

Il se mit à pleuvoir sans discontinuer,
Jour après jour, sans cesse… Et l’Anglais déprimé
Se mit à regretter son déménagement,
Sa terre, ses amis et sa vieille maman…

Il refit sa valise et repartit chez lui
Avec son chien, son chat, ses serins … et tutti !
Et chacun ébahi put dès lors constater
Que Puck, dès qu’il pleuvait, ronronnait sans arrêt…

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Léonce le cobaye est bien sous son figuier !
On l’y a installé non loin de la terrasse
Sous un grillage fin, de crainte qu’un rapace
Le trouvant bien dodu ne vienne l’enlever.

Aussi doux qu’un lapin, il est gâté, pourri
Par la petite Hermione, ainsi qu’une poupée.
Comme il est très sensible, il sait bien moduler
Ses petits cris d’amour avec moults roucoulis

Dès qu’il veut un câlin. Il aime la tendresse
Et rien ne saurait plus plaire à notre bestiole
Qu’un bisou de l’enfant qui l’aime et le cajole,
Ebouriffant son poil à force de caresses…

C’est un Léonce hirsute, un rongeur tricolore
Fait comme une pelisse. Amorphe et un peu lent,
Grignoti grignotant de ses fort longues dents
Un brin de céleri, il soupire et s’endort…

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Une mésange zinzinule
A la folie, éperdument,
Et son chant rebondit en bulles
Sur les eaux vives de l’Argens.

Recherche-t-elle un mésangeau ?
Nous sommes au temps des amours
Du mois d’avril ! Mais les oiseaux
Savent-ils bien compter les jours ?

Guère plus que nous il me semble…
Le jardin est enjolivé
Par le doux gazouillis qui tremble ;
Et ces notes tout embaumées

Par les fleurs du nouveau printemps
Virevoltent dans les allées :
Le chant frais du nouveau printemps
Qui va nous forcer à danser !

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Poème illustré par un tableau de :

Peter Robinson
www.arcadja.com

Si vous avez un chat, ne vous y trompez pas :
Vous habitez chez lui ! C’est lui qui est votre hôte
Et le propriétaire ! Et il n’est bien que là
Où il a choisi d’être ! Il ne se fait pas faute

De vous le démontrer en squattant sans vergogne
Votre lit, vos fauteuils, votre tapis persan…
Ne le chassez donc pas : il se mettrait en rogne,
Vous décochant sitôt un regard méprisant

Qui vous pétrifierait ; et vous seriez soudain
Réduit à presque rien, bien moins qu’une bestiole !
Car vous êtes l’intrus :  il est le souverain
De toute la maison. Et vraiment est bien fol

L’Humain un peu bouché qui n’y a rien compris.
Soyez en bien certain, vous avez de la chance
Qu’il veuille bien de vous car ici c’est chez lui !
Ainsi sont faits les chats, même ailleurs qu’en Provence…

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Le perroquet Marius était toujours dehors
Dans sa cage dorée posée sur la terrasse
Car il pouvait ainsi voir les badauds qui passent
Et son maître pensait qu’il en était d’accord.

Ca faisait bien longtemps qu’Alex vivait ici
Et il y connaissait tous les gens du quartier ;
Voisins et résidents lui parlaient volontiers
Dès qu’il le rencontraient, comme font les amis…

Mais petit à petit ils devinrent très froids !
Quels griefs avaient-ils envers et contre lui ?
Ils paraissaient furieux, et tels des ennemis
Grognaient en le croisant des mots fort discourtois.

Notre Alex en souffrait… Un vendredi matin,
Comme il faisait très beau, il laissa son auto
Et s’en alla à pieds pour joindre son boulot.
Quand il rentra le soir il comprit le tintouin :

Le prenant pour un autre, un quelconque voisin,
Marius lui débita un chapelet d’injures…
Avec sa voix à lui ! Quelle déconfiture !
Notre homme comprit tout et rentra le vilain

Bien qu’il soit avant tout le seul vrai responsable :
Alex était grossier et jurait sans arrêt,
Et l’oiseau s’était mis à fort bien l’imiter !
Qui donc dans cette histoire était vraiment coupable ?

Depuis le perroquet n’insulte que le chat
Car il reste dedans. C’est fini, le bon air !
Alex le ré-éduqu(e) car il voudrait en faire
Un oiseau fort civil que lui-même n’est pas…

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A la surface de la mer,
Un oiseau cendré se balance
Sur l’eau qui clapote et qui danse ;
Un oiseau insoucieux de l’air

Qui seul devrait être son monde !
L’eau le soulève et, à son gré,
Le fait descendre et remonter ;
Oiseau des airs, oiseau de l’onde,

Tu vas me donner le tournis !
N’as-tu donc aucune nausée
A te laisser ainsi bercer
Par le tangage ou le roulis ?

La Méditerranée l’endort !
Ces moutons sont des vaguelettes
Faites pour bercer les mouettes
Aux yeux cernés d’un cercle d’or.

On dirait un léger yo-yo
Montant et descendant sans cesse :
Une mouette qui paresse
Loin des lourdes nuées, sur l’eau…

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Poème illustré par un tableau de :

Georges Braque
(1882-1963)

Grimpant sur le chemin serpentant vers le mas,
Dans le pin surplombant le maquis souffreteux
J’ai vu un bel oiseau : un oiseau merveilleux
Dont le chant mélodieux a imprimé sa trace

A jamais dans mon coeur. Etait-ce un oiseau-lyre ?
Mais non ! Pas en Provence ! Il n’y a par ici
Que des oiseaux normaux ! Pas d’oiseaux-fantaisie !
Etait-il inventé et né d’un doux délire ?

Son plumage luisait ; sa tête était huppée
D’une couronne d’or ; sa longue queue bifide
D’un beige lumineux tachetée d’éphélides
Comme ton joli nez. Et son bec recourbé

Etait long et pointu comme une fine aiguille.
Mais c’est surtout son chant qui m’a comme envoûtée :
Roulades en cascade et qui semblaient couler
Du haut en bas du ciel en  roucoulantes trilles !

Hélas ! J’ai dû bouger car soudain la merveille
A cessé de chanter et a pris son essor ;
Et laissant derrière elle un long sillage d’or,
Elle est montée en flèche, au loin, vers le soleil.

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Poème illustré par un tableau de :

Marjo
www.creabook.com

Il est au bouquetin ce qu’est un vrai pur-sang
A un vieux percheron : délicat, délié
Et tout empli de grâce ! On le dirait ailé
Quand il vole au-dessus des ravins du Chiran.

Il est bien plus petit que son frère d’alpage
Et il paît comme lui des herbes parfumées ;
Mais il est bien plus vif, il est bien plus sauvage,
Sautant par petits bonds de rocher en rocher…

L’été tout neuf mûrit des herbes délectables.
Un petit éterlou qui a perdu sa mère
Chevrote faiblement sur un ton lamentable,
Bondissant gauchement, pataud, de pierre en pierre.

Une bréhaigne âgée conduit ses congénères
Vers le plateau herbu juste sous le glacier.
Ses cornes noir ébène infléchies en arrière
Forment un angle aigu, gracieux et incurvé.

Elle les mène tous dans la montagne en fête,
Broutant l’herbe fleurie du début de juillet
Et cherchant une pierre salée à lécher.
La harde dominée l’escorte dans sa quête.

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www.kathelyne.over-blog.com

Sur la route qui va d’Aix jusqu’à Saint-Cannat,
Une curiosité qu’on ne rencontre pas
Autre part en Provence : une vache réelle,
Une vache du Nord, une vache rebelle

Venue d’on ne sait où dans un champ desséché !
Que des chèvres chez nous, des moutons gringalets
Se contentant de peu et qui broutent la lande !
Pas des tonnes de foin comme notre Normande !

C’est une grosse mère avec de grands yeux doux,
De larges flancs luisants tachés de cercles roux,
Un mufle rose et chaud, baveux, qui va et vient
Horizontalement. Son calme est olympien !

Les petits Provençaux en restent sidérés :
Ils n’ont pas l’habitude et sont fort étonnés
D’apprendre que c’est elle qui fait le fromage…
Car ils n’ont vu de vaches que sur des images !

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Juché sur un rocher vraiment très escarpé,
- Et l’on ne sait comment il a pu y grimper !
Un bouquetin géant se frictionne à la pierre
Pour se débarrasser de son manteau d’hiver.

Il est vraiment très vieux : peut-être vingt-cinq ans ?
Mais la mue le démange : il se gratte les flancs
De ses cornes courbées comme des cimeterres ;
Son épais poil hiémal se détache en lanières.

Plus loin la harde dort : des mâles désoeuvrés,
La panse rebondie pleine des graminées
Toutes neuves et tendres du nouveau printemps.
Là-bas un éterlou bégète en chevrotant.

L’ancien secoue la tête, et sa barbiche beige
Où se sont accrochées quelques bribes de neige
Lui donne l’air matois d’un vieux faune lubrique.
Puis absolument sûr de son pas, hiératique,

Car malgré son grand âge il est encor agile,
Il redescend au coeur de la harde tranquille
Sautant de bloc en bloc comme un équilibriste.
Puis il s’en va brouter un exquis pied de cistes…

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Poème illustré par une photo de :
www.http://slaw.unblog.fr

A la fin de juillet un oiseau s’est posé
Sur le vieux cyprès bleu tout au fond du jardin.
C’était un bel oiseau au plumage foncé,
Un oiseau roucoulant aux plumes de satin.

Le temps était brûlant et le mois d’août coulait
Comme du plomb fondu. Mais malgré la chaleur
L’oiseau ne bougeait pas. Cependant d’heure en heure,
Sous l’énorme soleil il se décolorait :

D’abord gris tourterelle et puis d’un gris plus pâle,
Lentement peu à peu sa couleur a changé.
Il semblait désormais formé de grands pétales,
Mais sous son jabot clair de la vie palpitait.

Puis il est devenu si intensément blanc
Que nul ne pouvait plus le fixer sans ciller.
C’est alors qu’un rayon de lumière a fusé :
L’oiseau a disparu en un éclair d’argent.

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Poème illustré par un tableau de :

V.Brosseau
www.v.brosseau.over-blog.com

L’été est revenu. Avec lui les bestions,
Tous ces petits machins qui foisonnent, qui grouillent,
Pullulant en armées, en nuées, en légions ;
Des insectes ailés ou rampants qui patrouillent

Dans le moindre jardin et la moindre maison !
Ca aime la chaleur, le soleil – comme nous !
Et ça dort en hiver tout au fond d’un bastion
A quatre pieds sous terre. Quand ça sort, c’est tout mou

Comme du vermicelle, avec des yeux partout,
Des antennes velues, des poils et plein de pattes :
Bestioles inouïes dans un monde un peu fou !
La Nature est parfois bien bizarre et m’épate !

 Ils nous cassent les pieds lors de nos pique-nique ;
Et pourtant c’est utile… ou du moins on le dit !
Car ces petites vies qui gratouillent, qui piquent,
Minuscules Aliens – sont des bribes de vie.

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Dans toute bouillabaisse, on doit mettre un saint-pierre
Que Messieurs les savants nomment le « Zeus faber ».
Voudriez-vous savoir pourquoi ce gros poisson
Porte sur les côtés un macule bien rond ?

Saint Pierre était pêcheur ; il prit dans son filet
Un grand et gras poisson qui se mit… à grogner !
L’apôtre abasourdi saisit donc le râleur
Entre pouce et index et le jeta sur l’heure !

C’est depuis ce jour-là qu’il y a ces deux taches
Sur le dos du poisson, qui porte avec panache
Le sceau des doigts sacrés, imprimé sur ses flancs
Lorsqu’il se fit la belle il y a deux mille ans.

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Illustration du poème trouvée sur :

www.humour.animaux.free.fr

Stop, Mimi, cesse donc ! Arrête, je t’en prie,
De t’astiquer ainsi l’arrière de l’oreille
Avec tant de vigueur… Comme depuis la veille
Tu ne t’interromps plus, comment être surpris

De voir ces sombres nues qui viennent de Salon
Déclencher sur Lambesc d’énormes cataractes ?
Il faudrait maîtriser plus fermement tes actes,
Mimi la tête-en-l’air ! Tu n’es plus un chaton,

Ne te complais donc plus à te passer la patte
Derrière ton oreille, yeux à moitié fermés,
Tout en ronronnant d’aise en minou satisfait !
Serais-tu par hasard un minet psychopathe ?

Ne te rends-tu pas compte que tu fais pleuvoir
Avec ce simple geste ? Et c’est Marcel Aymé
Qui l’a compris un jour : « Contes du chat perché »…
Relis-les, cher Mimi ! Et garde ton pouvoir

Pour tous ces mois d’été où l’on voudrait la pluie.
Vieux Raminagrobis, sois donc plus raisonnable
Et redeviens ce chat si drôle et si aimable
Qui nous amuse tant avec ses pitreries !

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Au mois de mars dernier, ému, j’ai recueilli
Un joli chat perdu errant dans Ventabren.
Depuis son adoption il squatte tous nos lits,
Y dormant bienheureux, détendu et serein,

Oh ! sans exagérer – bien quinze heures par jour,
Passant de l’une à l’autre couche avec constance.
On a beau le chasser il y revient toujours,
Et quand il ne dort pas on jurerait qu’il pense

Au meilleur lit des lieux pour y dormir le soir.
On est halluciné par autant de paresse :
Cette bête est un chat mi-marmotte, mi-loir
Pour qui nul incident n’existe qui le presse.

S’il ne flemmarde pas, c’est qu’il fait sa toilette,
Un coup de langue ici, un coup de langue là !
Mais son jeu favori, c’est dormir à tue-tête :
Moi je passe la brosse, étrillant les dégats

Car il y a des poils partout, sur tous les lits ;
Des poils noirs, des poils blancs : Monsieur est bigarré !
Insupportable chat que ce sacré Mimi…
Mais dont nous ne pourrions désormais nous passer !

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