Archives de catégorie : Amours

Le doux pays

Poème illustré par un tableau de :
Pierre Carron

Il est un doux pays que je ne quitterai
Jamais, au grand jamais. Pays qui m’accueillit
Quand j’en avais besoin ; qui tout doux adoucit
Un énorme chagrin… Pays où j’aimerais

Fermer un jour les yeux, d’où je ne peux partir :
Son âme était sans doute implantée dans mes gènes,
Essentielle à mon corps tout comme l’oxygène
L’est pour tout ce qui vit ! Et j’y voudrais mourir

Comme j’y ai vécu, car c’est vraiment ma terre,
Arpentée avec joie chaque jour que Dieu fait,
Même si je sais bien que je n’y suis point née.
Mais cet attachement est-il un grand mystère

Pour ceux qui ont vécu un jour dans ce Midi
Où le soleil est roi, où la lumière est reine ?
Il en faudrait beaucoup pour que je désapprenne
A quel point mon passé m’a attachée ici !

Le temps y est si bleu, la mer tellement proche
Avec ces flots dansants quasi civilisés !
Et ce soleil constant aux rayons aiguisés
Presque toute l’année ! Ce ciel pur qui s’accroche

Quatre cent jours par an aux toits roux des maisons…
Et puis les gens, surtout, et leur accent qui chante,
Et leur accueil plaisant dont la chaleur enchante
Ces estrangers gênants à en perdre raison.

Ce pays remarquable où chacun peut par chance
Vivre des jours heureux ? Ma si chère Provence…

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Ascension

Montons tous deux, Amour, au-delà des étoiles !
Ne laissons surtout pas la mort nous dévorer,
Toutes griffes dehors, de ses crocs acérés.
Il faut nous entraider pour mieux mettre les voiles
Et partir vers l’Ailleurs sans nul regret, d’autant
Qu’au delà des nuées la montagne est si belle
Qu’on ne peut faire mieux. Elle est intemporelle
Et nous y trouverons les limites du Temps.
Allons main dans la main, sans aucune inquiétude.
Rien ne peut être pis que ce que vivons !
Vois la vie qui se perd, noyée à l’horizon,
Artisane avérée de tant de solitudes…
Nous sommes deux, Amour, et nous allons marcher
Jusqu’à ce que la mort nous rattrape là-haut.
Tu ne peux partir seule, et surtout il ne faut
Pas avoir peur pour nous ; et ne pas décrocher,
Saisie par la terreur, tes doigts d’entre mes doigts.
Montons, mon cher Amour. Cet hiver doux nous aide :
Il ne fait pas trop froid ! Mais la pente est bien raide
Et tu souffles très fort. N’oublie pas que tu dois
Rester tout contre moi : il faut partir ensemble !
Vois comme tout est beau dans le soleil couchant
Qui peint d’or et de roux la Durance et les champs.
Courage, mon Amour. Sous nos pieds le sol tremble…
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Les amoureux de la pluie

Ils se sont rencontrés un joli soir d’automne
Dans la lumière bleue, sans pluie, sans vent, sans rien.
Tout de suite charmée par son bel habit jaune,
Elle était tout en rouge. Et lui, il aima bien

Cette soie cramoisie dont elle était couverte.
Comme il faisait beau temps, ils ne travaillaient pas
Et en étaient contents, car les nues entr’ouvertes
Trop souvent depuis peu faisaient qu’ils étaient las

D’être trop occupés par les pluies de septembre…
Accrochés à un bras, ils allaient doucement
Par une allée du parc couleur de rouille et d’ambre
Quand un énorme orage éclata brusquement.

Aussitôt déployés, ils s’entre-regardèrent
Et trouvèrent très beaux leurs dômes colorés.
Amoureux de ciel gris plutôt que de lumière,
Tous deux s’étaient souvent fortement éploré

De ne point rencontrer beaucoup de congénères
Dans ce Marseille sec, qui pourtant depuis peu
Etait souvent trempé par des pluies passagères.
Même s’ils bossaient plus, ils en étaient heureux

Car c’était leur boulot : préserver des averses,
Tombant dru quelquefois, les gens qu’ils protégeaient.
Ils avaient vraiment peur qu’un éclair les transperce
Tant l’orage hurlait fort, et le ciel orangé

Renforçait leur terreur avec ses coups de foudre
Quand leurs jeunes porteurs se mirent à l’abri,
Un porche un peu étroit – peu pressés d’en découdre
Avec ce ciel cinglé. Eh oui ! Ce fut ainsi

Que débuta pour eux un bel amour à quatre :
Un homme et une femme avec leurs parapluies,
Se rencontrant un jour grâce au temps acariâtre
Qui en fit sur le champ des amants de la pluie.

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Il fait déjà trop chaud…

Ce début de juillet s’annonce redoutable.
Il fait déjà trop chaud. L’on a clos la maison
Comme un vrai château-fort, volets clos. La saison
Estivale est précoce ; et bien peu acceptable

Le fait de se terrer comme des animaux.
Le mois de juin déjà presque caniculaire
Nous a anéantis. Prodige séculaire,
Nous ont dit les experts avec leurs jolis mots !

Dedans, il fait bien frais. Mais aussitôt qu’on ouvre,
Un déluge de feu s’engouffre à l’intérieur.
En sera-t-il ainsi en des temps ultérieurs ?
Quel est donc ce démon qui peu à peu entr’ouvre

Les portes de l’Enfer pour nous faire cramer
Avec force fournaise et autre canicule ?
Bien calfeutré chez soi, l’on se sent ridicule
De n’oser affronter le soleil affamé

Qui se tient aux aguets, là, derrière la porte,
Tout prêt à nous griller, pauvres petits humains !
Quel sera l’avenir, que sera donc demain ?
Quand on voit les dégâts que ce temps fou apporte

Et ses calamités, l’on ne peut que frémir…
Mais ne résistons plus à la molle torpeur
Nous isolant du monde. Oublions cette peur
Qui nous saisit le coeur. Il vaudrait mieux dormir…

Prenons un thé glacé. La maison est bien fraîche.
Les cigales dehors fêtent cette chaleur
Qui leur est idéale et qui nous est douleur…
La sueur distillée par ta peau un peu rêche

Me saoule et m’ensorcelle irrésistiblement.
L’on s’aime et l’on est bien. Un ventilateur tourne.
Que notre amour-passion pour un temps nous détourne
D’idées trop compliquées pour soucier deux amants !

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Sonnet pour le printemps

Du vert commence à poindre au bout des branches grises.
D’imperceptibles points, mais que l’on voit pourtant
En clignant bien des yeux ! L’on dirait que le temps
Est un peu moins maussade, et même que la brise

Sent fort bon depuis peu. Un roitelet que grise
La douceur du matin annonçant le printemps
Sifflote un petit air. Car c’est en tuituitant
Que les petits oiseaux séduisent leur promise !

Ce refrain ne serait-il pas une promesse
Impossible à tenir ? Comme cette grand’messe
Du printemps en avance et goûté bien trop tôt,

Serait-ce point trop beau ? Le petit oiseau chante
A sa belle endormie que va naître bientôt
La saison de l’amour dont chaque être s’enchante…

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Mon ami papillon

Amour d’une minute, instant inoubliable…
Un phénomène ailé s’en est venu tout seul
Se poser sur mon doigt. Semblable à un glaïeul,
Une fleur qui volait, une fleur admirable

Dont la vie frémissait au contact de la mienne :
Un papillon géant issu d’une forêt
De l’autre bout du monde. Ou alors d’un Après
Appelé Paradis ? Couleur de l’obsidienne,

Il était bien fermé. Quand il ouvrit ses ailes,
Elles devinrent bleues, d’un bleu incandescent
Qui m’était inconnu. Un bleu rafraîchissant
Pour de vieux yeux blasés, bien plus bleu que le ciel

Pourtant bleu de chez nous quand il fait de l’esbroufe !
Au bout de mon index, je sentais palpiter
L’insecte si léger. Moment d’éternité
Qui fait battre le cœur très fort et qui l’étouffe

D’une énorme émotion ! Le contact de deux vies
Qui n’auraient jamais dû, jamais, se rencontrer ;
Un instant incroyable et qui m’a fait vibrer…
J’ai alors ressenti la chimérique envie

Que ce moment béni plus jamais ne s’arrête.
Mais les deux ailes bleues ne pouvaient point cesser
De battre trop longtemps. Et l’insecte lassé
S’est enfin envolé vers une autre amourette…

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La sirène du château d’If

Savez-vous qu’autrefois, non loin du château d’If,
Vivait avec les siens en ce monde agressif
Qu’est la mer, si féconde en secrets, en tempêtes,
Un être merveilleux, mi-femme et demi-bête ?

Ce fut un Marseillais qui pécha la sirène
S’ébrouant dans la mer avec thons et murènes.
Emberlificotée telle un banal poisson,
Elle entonna alors une étrange chanson.

Le pécheur aurait dû être terrorisé.
Oh, mais non, pas du tout ! Au contraire il prisait
Cette occasion rêvée d’enfin faire fortune
En vendant hors de prix cette pèche opportune.

Il vira donc de bord pour regagner Marseille,
Et, sans plus s’étonner de l’étrange merveille
Qui par un coup du sort venait de lui échoir,
Il cingla vers le port dans la fraîcheur du soir.

La sirène empêtrée dans les plis du filet
Hurlait toujours son chant étrange et modulé
De notes suraiguës, des sons insupportables
Pour un humain normal. Mais l’homme imperméable

A tout vrai sentiment continuait sa route,
Insensible à la grâce, à la pitié, au doute,
Et sans même un regard pour cet être inouï
Qui gisait à ses pieds et poussait de hauts cris

Appelant au secours le vieux Poséidon.
Le Dieu somma sitôt l’un de ses espadons
D’attaquer le bateau pour délivrer sa fille,
En usant pour le mieux de cette banderille

Qui ornait son museau de chimère aquatique :
Le bateau martelé de charges fantastiques
Transperçant le bois dur fut bien vite détruit
Et coulé dans les flots où las ! il s’engloutit.

La sirène aurait pu avoir de la rancoeur,
Et s’en prendre au pécheur. Mais elle avait bon cœur !
Elle le mena donc gentiment sur la plage…
Où elle en fit sitôt un fort plaisant usage.

Oui, vous avez bien lu ! Cette histoire est coquine,
Tout comme la sirène ; et l’horrible taquine
Profita du pécheur autant qu’elle le put..
L’histoire le laissa satisfait et repu :

Il ne s’en plaignit point, personne ne le sut !

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Il y eut un été…

Oh, laissez-moi dormir ! C’est si bon, c’est si doux
D’être ainsi englouti au plus profond d’un rêve
Semblable à un Eden perpétué sans trêve…
C’est le monde réel qui est cruel et fou !

Il me faut effacer cet incroyable été,
Cet amour passager, car c’était sur du sable
Qu’il était imprimé. Amour aussi friable
Qu’un coquillage mort, terne et inhabité !

J’y ai cru fermement quand on s’est rencontrés
Au tout petit matin sur la plage encor vide.
Il faisait presque froid, le ciel était livide,
Et il marchait tout seul, avec pour seul attrait

De très longs cheveux roux noués en catogan…
Et pourtant aussitôt je fus comme envoûtée.
Il n’y a qu’en dormant que je peux oublier
Ma trop grande candeur face au charme arrogant

Et au cynisme froid de cet homme inconnu.
J’y ai cru tout à fait et fus bien trop naïve,
Seule depuis deux ans et l’âme à la dérive ;
Ma grande solitude et mon cœur mis à nu

N’ont pas su résister à ce plagiat d’amour…
Nous fûmes très heureux, fîmes souvent la fête.
Des rires plein la tête et le cœur en goguette,
Je croyais que l’été allait durer toujours…

Un jour il s’est enfui sans me dire au revoir.
Oh, laissez-moi dormir au creux de mes nuages,
Ces longs jours et ces nuits ne furent que mirage…
L’été s’en est allé et le ciel est tout noir.

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Cher Amour…

Ta peau caramélée a le goût d’un bonbon.
J’aime y passer la langue. Et sa saveur exquise,
Son odeur de soleil, son velouté me grisent
Presque instantanément ! Oh, c’est tellement bon

De sentir sous ma main tes formes toutes rondes !
Archétype parfait de la féminité,
Tu me fais délirer, et ta pure beauté
M’emportent à coup sûr en un tout autre monde.

J’aime tant caresser tes petits seins dressés,
Tes hanches arrondies comme une belle amphore…
Et ce lai où je chante à quel point je t’adore,
Je ne pensais jamais pouvoir te l’adresser.

J’aime bien déposer au creux de ton épaule
De délicats baisers, comme des papillons ;
En soudain ressentir une énorme émotion…
Oh, j’aime tant t’aimer, te rendre presque folle,

Caresser doucement l’arrondi de ton cou,
En goûter la tiédeur, celle d’un cou de cygne ;
Laisser gonfler en moi les indéniables signes
De ce désir violent qui monte à tous les coups…

Quand tu seras bien vieille, usée et cabossée
Par une longue vie, dis, t’aimerai-je encor ?
Pourrai-je dessiner les lignes de ton corps
De mes vieux doigts tremblants ? Mon âme est angoissée

A l’idée de te perdre et d’être trop lié
A ta simple beauté, à ton aspect physique.
Je veux que mon amour pour toi demeure unique..
Oh, Temps, n’efface point ces jours inoubliés !

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L’hiver s’en est allé…

Poème illustré par un tableau de :
Yves Lallemand

L’hiver s’en est allé, emportant ses guenilles
De froidure et de vent dans l’hémisphère sud.
Mais il y a encor, là-haut sur les paluds,
Une couche de glace argentée qui craquille

Dès qu’on y met le pied… L’on va souffler un peu,
Ne plus craindre au matin cette maudite bise
Qui vous tombe dessus et qui vous brutalise
A gifles que veux-tu ! Un grand sauve-qui-peut

Fait déguerpir le gel et la neige et la glace
En un monde inconnu. Et le nouveau printemps,
Fraîchement émoulu de l’Ecole du Temps,
S’en vient à petits pas, mais avec tant de grâce

Qu’il pousse les oiseaux à sortir de leur nid.
L’hiver s’en est allé, emportant ses caprices
Tellement déplaisants : n’est-il donc que malice ?
Nous respirons enfin et c’en est bien fini

De ce grelottement des pieds jusqu’à la tête,
De ce recul tremblant, peureux, si nous passons
Le nez à l’extérieur ; et de ces grands frissons
Dès que nous regardons de près le thermomètre…

Le temps est guilleret et l’air doux à souhait,
Juste comme il le faut. L’euphorie printanière
Aiguillonne les gens, chacun à sa manière !
Moi, je t’aime encor plus, comme tu le voulais…

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Renoncer ?

Pourquoi donc s’acharner et lutter ? Impossible…
Peut-on rivaliser avec des souvenirs
Bien trop enjolivés? Comment un avenir
Pourrait-il s’ébaucher de manière crédible

Avec tout ce passé continûment présent ?
Car l’Autre est toujours là, sans arrêt, et son ombre
Fait partie de leur vie. Il est là, Il encombre
Leur commune existence ; Il pèse en écrasant

Celui qui n’en peut mais, et ne peut se défendre ;
Car comment affronter l’idéale chimère
Que l’absence embellit, qui n’est plus que lumière ?
Dont les imperfections ne font que se distendre

Au fil du temps qui passe ? Illusoire pari…
L’Absent qui est parti vers l’Indéfinissable
Est toujours bien réel, en homme ineffaçable
Qui ne saurait jamais basculer dans l’oubli.

Pourquoi se cramponner, espérer l’impossible ?
Jean pourrait se résoudre au rôle de second,
Et n’être qu’un ersatz, face à la perfection !
Statut trop douloureux pour un être sensible…

Il faudrait renoncer, admettre que le Mort
Fut l’homme de sa vie et pour Eve l’unique.
Mais son attachement tellement pathétique
Le pousse à s’accrocher, et encor, et encor…

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La maison-fée

Il est une maison au flanc de la colline,
Qui vacille et frémit dès que gémit le vent ;
Et comme près des Baux il souffle bien souvent,
L’on dirait qu’elle vibre et qu’elle dodeline

Au moindre frisson d’air un petit peu violent.
Y habitent, dit-on, de vieilles âmes mortes,
Des sylphes, des lutins ou des djinns, peu importe !
Mais qui ose y entrer y ressent un violent

Sentiment d’anxiété. Car la maison est fée :
Charmant ses visiteurs, elle les engloutit
Au sein d’un rêve fou, dans un monde interdit
Où la réalité se fait et se défait

Sous chacun de leurs pas. Errant de pièce en pièce
Au fil de longs couloirs, ils oublient ce qu’ils sont,
Semblent ensorcelés, attirés par le son
D’une étrange chanson qui pleure et qui les blesse,

Arrachant quelquefois du fin-fond de leur cœur
Des sentiments perdus et des réminiscences
De rêves enfouis. Sorte de jouissance
Qu’ils voudraient retenir même s’ils en ont peur !

Une belle maison. La colline gravie,
L’on y entre aussitôt, ne pouvant résister,
Et même si l’on sait qu’on va y aposter,
Chaque fois qu’on y va, un danger pour sa vie !

Attirante maison. Hypnotique. Toujours.
Vacillant dans le vent et semblant immortelle.
Ses murs sont en papier, mais elle est éternelle.
Nul ne pourrait l’abattre. On l’appelle : « l’Amour ».

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La Femme*

Reflection

Elle est frêle, elle est forte, et porte à bout de bras
Tout le poids de la Terre et de l’Humanité.
Bien plus faible que l’homme, elle doit supporter
La naissance et la mort et tous les aléas

De la vie alentour dont elle est le pivot,
Cette vie si risquée dont elle est le creuset
Et portée neuf longs mois pour être ciselée.
Elle est frêle, elle est forte et porte sur son dos

Tous le poids de ce monde et toutes ses souffrances,
Mais aussi l’avenir, la joie et l’espérance.
Elle occupe en volume une bien moindre place

Que son mâle absolu qui se croit son seigneur
Bien qu’il soit subjugué par son feu et sa grâce.
La femme est un titan : la force est en son coeur !

*Pour la Journée Internationale des Droits de la Femme

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Un coup de vent d’automne…

Un coup de vent d’automne a emporté son cœur
Au-delà de la mer, au-delà de Marseille.
Coup de tabac dément, bourrasque sans pareille
Venue d’on ne sait où pour répandre la peur !

Il l’avait rencontrée depuis trois jours à peine
Quand ce mistral cinglé a soudain déboulé.
Elle s’est affolée : il fallait s’en aller
Pour fuir cette région à la louche dégaine,

Où le vent tempêtait tout comme un ouragan.
Elle y était venue en pleine confiance,
Avec des rêves fous de soleil en Provence ;
Et sans ce coup de vent vraiment extravagant,

Elle y serait restée, déjà presque amoureuse.
Marseille lui plaisait, et le jeune homme aussi.
Sans ce foutu mistral, il aurait réussi
A garder près de lui la jolie visiteuse !

Mais elle est repartie, emportée par le vent.
Il est resté tout seul, et le spleen de septembre
Rend encor bien plus dur le vide de sa chambre.
Depuis ce coup de chien, plus rien n’est comme avant…

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La lampe

maisonnette

Il y a une lampe allumée constamment
Près de la cheminée. Minuscule lumière
Brûlant même la nuit. Un rien, une misère
Qui néanmoins éclaire en brillant doucement

Le bureau où pourtant ne se tient plus personne.
Elise n’éteint plus, même si cela nuit
A l’avenir des gens. C’est du moins ce qu’on dit,
Tout au moins les Humains cultivés qui raisonnent

En pensant au niveau de l’environnement !
Elise est loin de ça ! Il faut que la veilleuse
Soit sans cesse visible, éternelle éclaireuse
Pour celui qui partit il y a si longtemps.

Elle n’est dans la nuit qu’une piètre étincelle,
Mais on la voit de loin, du moins elle le croit…
Et même de la mer ! Quand il s’en reviendra,
Ce reflet au lointain sera le sceau de celle

Qui l’attend patiemment depuis… oh, tant de temps
Qu’elle ne compte plus ! N’est vraiment importante
Que la douce lueur émise par l’amante
A tout jamais fidèle ! Elise qui l’attend…

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