Archives pour la catégorie “A la maison”

Poème illustré par un tableau de :
Marcel Rieder
(1852-1925)
De l’eau, du sel, du sucre, un bon morceau de beurre ;
Faites chauffer le tout jusqu’à ébullition.
La farine ? Un hecto dans la préparation.
Mixez alors le tout avec un mélangeur,
Puis mettez votre tian sur un feu modéré.
Tournez tout doucement pour former une boule.
Ajoutez-y alors quatre oeufs entiers de poule
Et laissez refroidir la pâte à votre gré…
Avec une cuiller, prenez-en des morceaux
Que vous allez placer tout doux dans la friture
Pour former les beignets. Gare aux éclaboussures !
Et quand ils ont tourné, gonflant dans leur bain chaud,
Tout dorés, croustillants, c’est qu’ils sont vraiment cuits :
Roulez-les dans du sucre et gare aux calories…
* Contrairement à ce qu’on pense, les premières bugnes apparurent à… Arles !
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Publié par Vette dans A la maison

Poème inspiré par un tableau de :
Gilbert Abric
www.gilbert-abric.com
Costaude et bien campée sur ses énormes pieds,
Plantée dans la cuisine depuis soixante ans,
C’est la table du mas. Un vieux meuble d’antan
Dont on ne pourrait plus vraiment se séparer !
Une oeuvre de titan ! Charpentée dans un bois
Qui fleure bon le miel, pesant bien une tonne,
On ne peut la bouger ; et Magali marmonne
Qu’elle préfèrerait une table Ikea,
Ce qui indigne fort les gens de la famille.
Bien sûr elle plaisante, et la gave de cire
Pour mieux la faire encor rutiler et reluire
Sous les rayons d’argent du soleil qui brasille
Et qui entre à foison au coeur de la maison.
Elle est un peu bancale et ses lattes disjointes
Ne sont plus trop d’équerre. Ci et là quelques pointes
Sont les sceaux oxydés d’une réparation
Parfois un peu baclée. C’est une antique table,
Usée, encaustiquée par les milliers de bras
Qui s’y sont accoudés lors de moults repas.
Relique familiale à l’âge vénérable…
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Au début de l’été, je dus faire un voyage
Me tenant éloignée un mois de la maison.
Avant que je ne parte, un ami du village
M’avait offert un pot dont j’ignorais le nom :
Une plante banale aux feuilles vernissées
Et aux boutons pointus. Alors un peu honteuse,
Je la mis dans un coin et dus l’abandonner
Sur la terrasse au Sud, à l’ombre d’une yeuse…
Quand je rentrai fin juin, je crus perdre la tête
De surprise et d’émoi… Balustrades et murs,
Tout était recouvert de fort jolies trompettes
Roses comme l’aurore ; et la moindre encoignure
En était tapissée. Des vrilles impatientes
S’étaient entortillées et s’étaient enroulées
Absolument partout ! Des fleurs exubérantes
Courant sur la terrass(e) l’avaient colonisée !
Vous ne saviez donc pas que les dipladenias
Avec leurs longues tige(s) emberlificotées,
Jaillissant par ici et s’élançant par là,
Agiles et actifs, sont les doigts d’une fée ?
Peut-être que ceci n’est qu’une galègeade
Ou un conte d’été ? C’est vrai : mea culpa !
Mais peut-on faire moins pour ces fleurs à torsades
Appelées par certains aussi mandevillas ?
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Publié par Vette dans A la maison

Le frigo de Fanny est vraiment pathétique
Car il recèle en lui un vide famélique
Sauf le jeudi matin quand elle fait ses courses.
Et encor ! Ses achats ne vident pas sa bourse :
Des yaourts, du poisson, quelques légumes verts,
Du jambon, mais sans gras… Ah ! quand même : avant-hier,
Un steack tout maigrelet faisant juste un hecto !
Jour de laisser-aller ? Oui… mais gare aux kilos !
Le frigo de Fanny en est neurasthénique
Et celui de Margot peut lui faire la nique
Avec ses flancs ventrus toujours bien rebondis
Car sa grosse maîtresse est loin de ces soucis :
Petits farcis bien gras et dégoulinants d’huile,
Daube de porc confit, flan sucré aux myrtilles…
Tant de mets défendus et qui sentent si bon !
Du beurre et du fromage… Oh ! quand reviendra donc
La mode des nanas aux appâts bien dodus ?
Le frigo de Fanny, lui, n’en peut vraiment plus…
Il voudrait regorger pour des hôtes gourmands
De mets appêtissants… Plus de fromage blanc !
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La maison de César pleut à la moindre pluie :
C’est une vraie passoire ! Encore heureux qu’ici,
Pas bien loin de Marseille, il pleuve peu souvent !
Mais le mas est aussi une passoire à vent,
Et le vent, on connaît, au coeur de la Provence !
Ce sacré vieux mistral… Quelquefois César pense
Qu’il pourrait sûrement consolider son toit.
Mais le seul mot : « travail » lui cause de l’émoi…
Quand l’automne s’en vient, il sort ses trois bassines :
Une pour le salon, l’autre pour la cuisine ;
Pour la troisième enfin, il doit pousser son lit
Car c’est en plein milieu que s’écoule la pluie.
Dans un coin de la cour il y a moultes tuiles.
Il faudrait que César se rende un peu utile
Et monte sur le toit pour le rafistoler;
Mais rien que d’y songer le voici épuisé !
On verra ça plus tard… Il est déjà une heure :
C’est l’heure de la sieste, un instant de bonheur !
Mais il a plu hier et son lit est mouillé !
César se traîne alors sous un vieil olivier…
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Poème illustré par un tableau de :
Gilbert Abric
www.gilbert-abric.com
Le soleil clignant sur le carrelage
Y pose un reflet soutaché d’argent.
La maison rutile du grand ménage
Des tout premiers jours du nouveau printemps.
Ca fleure le frais et les plantes vertes,
La cire, le propre et le soleil blond
Entrant à grands flots par les baies ouvertes
Sur le jardin bleu. Oh ! Il sent si bon,
Ce monde tout neuf et débarrassé
De ses vieux remugles, de sa poussière !
On a astiqué et bien lessivé
Le moindre recoin. Des rais de lumière
S’immiscent partout pour en débusquer
Les dernières traces du vieil hiver.
On a récuré et tout nettoyé,
Même les nuages sur le ciel clair…
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Poème illustré par un tableau de :
Paul Collomb
www.galerielaetitia.com/collomb
Quel objet de fierté que mon petit jardin,
Fleuri à la folie, scintillant de couleurs !
Un presque paradis et tout juste un lopin
Explosant sous le ciel en des milliers d’odeurs.
J’y vais tous les matins pour le couver des yeux,
Otant les rameaux morts et arrosant les fleurs :
Heure privilégiée et moment délicieux
Qui me calme et m’apaise en réchauffant mon coeur…
Mercredi le soleil venait de se lever
Quand j’ai cru défaillir : mes jolis pétunias,
Les pétales en berne, étaient déchiquetés,
Comme mes azalées, mes roses, mes zinnias…
Un grand festin de nuit pour d’horribles limaces
Qui s’en étaient gavées ! Et pour mieux me narguer,
Elles m’avaient laissé leur bave dégueulasse
Qui courait sur le mur en sillon argenté !
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Poème illustré par un tableau de :
Jean-Marc Janiaczyk
www.pagesperso-orange.fr/jean-marc.janiaczyk
Le joli portillon qui ferme le jardin
Est repeint tous les ans. Il clôt un paradis
Aimé passionnément, soigné à la folie :
Joli coin du Midi parfumé de jasmin
Dès les premiers beaux jours, ruisselant de lumière,
Et qu’arrose un vieil homme amoureux de ses fleurs,
Tous les soirs depuis mai, toujours à la même heure,
Avec un chapeau gris sur sa blanche crinière.
Cette année cependant le panneau de bois blanc
Attend sa réfection. Il y a quelques taches
De pluie et de moisi, et la très vieille gâche
Devrait être huilée. L’un de ses gonds qui pend
Aurait vraiment besoin d’être rafistolé !
Le jardin en détresse sent bon à perdre haleine,
Désirant ardemment que le vieillard revienne
Avec son arrosoir de fer blanc tout rouillé…
On est déjà en juin et il faudrait qu’il pleuve ;
Les plantes assoiffées commencent à souffrir.
Mais comment le jardin pourrait-il donc mourir
Puisque ses fleurs d’été sont encor toutes neuves ?
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Sonnet illustré par un tableau de :
Vilhelm Hammershoi
(1864-1916)
Il fait tellement chaud qu’on a moitié-fermé
Les volets pour se protéger de la chaleur.
C’est l’habitude ici, et c’est un vrai bonheur
D’être dans la pénombre. Illusion d’être au frais
Et de ne plus subir l’agression de l’été !
Ce demi-jour apporte une extrême douceur
A nos corps fatigués par l’indomptable ardeur
Du soleil du mois d’août. Et dans l’obscurité,
Nous nous sentons revivre… Il fait vraiment très chaud !
Le soleil se faufile entre les deux vantaux
Comme une écharpe bleue striée de traits d’argent.
Des corpuscules d’or dansent dans la lumière
Et ces rais transversaux où vibre la poussière
Dessinent sur le sol des lignes au cordeau.
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Solidement campé au milieu du gazon,
Basile est immobile : il semble un peu morose
Car depuis ce matin, fleuron parmi les roses
Les plus fraîches des lieux, un fort joli tendron
Est soudain apparu chez ses proches voisins.
Il a d’abord senti son gentil coeur frémir
Tant la donzelle est belle. Un délicat sourire
Est posé sur sa bouche, en remontant les coins
Vers ses yeux de saphir. Elle a des cheveux noirs,
Le teint clair d’un pétale et des joues vermillon,
Un nez et un menton admirablement ronds…
Elle va, elle vient sur une balançoire ;
Le mistral retroussant son vaporeux jupon
Découvre des mollets parfaitement galbés
Recouverts de bas blancs. Il semble fredonner
Un triste petit air qui parle… de raison !
« Allons, mon vieux coquin, il te faut être sage ! »
Lors Basile revient au monde des Humains
Dont depuis si longtemps il a pris les usages :
La Belle est Blanche-Neige et lui nain de jardin !
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Poème illustré par un tableau de :
Demanet
www.be.trefle.com
La maison est tachée par des dégoulinures ;
Comme en juin il fait jour jusqu’à vraiment pas d’heure,
On va en profiter pour repeindre les murs
En choisissant ensemble une jolie couleur.
Je voudrais de l’azur. « Pas de bleu par ici,
Avec ce ciel d’été immuablement clair ! »
C’est l’avis du chien Pif, de Paul, de mon mari…
Je cède à leur avis ; Pierre opte pour du vert !
« Tu es fou ! ai-je dit. Au milieu de ces pins,
L’on ne saura plus trop où est notre maison !
- Du gris ? propose Laure… ou un rouge carmin ? »
Comment donc décider ? Qui va avoir raison ?
Chacun choisit alors sa couleur préférée…
Tous les pinceaux s’agitent au chant des cigales ;
Le soleil encor neuf n’est pas trop entêté ;
Pour ne pas nous gêner, il retient ses cymbales…
Et voilà, c’est fini ! Quelle jolie maison
Multicolore et gaie ! Véritable merveille
Aux couleurs arc-en-ciel où Jean a peint un rond
Sur la façade Sud : l’image du soleil !
Nous sommes si contents que tous nous entonnons
Un vrai chant de victoire, un chant tonitruant !
Et dès l’aube demain, enfin à l’unisson,
Nous peindrons les volets d’un blanc étincelant.
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Poème illustré par un tableau de :
Antoine Le Nain
(1588-1648)
En Provence autrefois l’on en semait partout,
Même au pied de la vigne. Ils se plaisaient surtout
Sur une terre aride : il était donc aisé
D’en trouver par chez nous ! Facile à cultiver,
Ce légume un peu moche – une bénédiction !
Se plantait comme un rien et poussait à foison
Dans la moindre rigole, un sillon asséché…
Deux trois grains dans un trou, peu d’eau et peu d’engrais,
Facile à conserver, vous aviez pour l’hiver
Un aliment costaud qui faisait bien l’affaire
Et vous tenait au corps lors de la malvenue
De la froide saison. Fabacée biscornue,
En salade, en purée avec un peu de viande,
Ce petit machin-là était bien la prébende
Des paysans fauchés du fin-fond du Midi :
A Nice la socca, panisse par ici…
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Autrefois, deux fois l’an, c’était « la bugado » :
Quel tintouin, mes amis, et quel remue-ménage !
Dès l’aube du lundi tout d’abord le trempage
Dans l’eau additionnée de soude en gros cristaux ;
Un rinçage abondant ; et puis on préparait
Le cuvier tapissé d’un drap ou d’un tissu ;
On y mettait le linge, un autre drap dessus
Où l’on plaçait les vieilles cendres du foyer ;
Sur l’ensemble on versait alors de l’eau bouillante
Qui coulait dans un seau placé sous un trépied ;
Ca durait une nuit où tous se relayaient :
De l’eau, encor de l’eau, dans des vapeurs ardentes…
On empilait le linge en tas sur la brouette
Pour aller le rincer plus loin à la rivière
Ou au lavoir, selon… Et là les lavandières
Frottaient encore un coup torchons et serviettes,
Camisoles, jupons… Rinçages abondants,
Encor un et puis deux… Ensuite l’essorage…
L’étendage sur l’herbe … et la fin de l’ouvrage !
En est-il pour encor vanter « le bon vieux temps » ?
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Poème illustré par un tableau de :
Peter Robinson
www.arcadja.com
Si vous avez un chat, ne vous y trompez pas :
Vous habitez chez lui ! C’est lui qui est votre hôte
Et le propriétaire ! Et il n’est bien que là
Où il a choisi d’être ! Il ne se fait pas faute
De vous le démontrer en squattant sans vergogne
Votre lit, vos fauteuils, votre tapis persan…
Ne le chassez donc pas : il se mettrait en rogne,
Vous décochant sitôt un regard méprisant
Qui vous pétrifierait ; et vous seriez soudain
Réduit à presque rien, bien moins qu’une bestiole !
Car vous êtes l’intrus : il est le souverain
De toute la maison. Et vraiment est bien fol
L’Humain un peu bouché qui n’y a rien compris.
Soyez en bien certain, vous avez de la chance
Qu’il veuille bien de vous car ici c’est chez lui !
Ainsi sont faits les chats, même ailleurs qu’en Provence…
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Poème illustré par un tableau de :
Marie M.
www.artmariem.com
Le beau temps revenu nous rend vraiment flemmards !
Oh ! Rester allongés le soir jusqu’à pas d’heure
Sur la terrasse chaude : il n’est pas de bonheur
Plus grand, plus accompli ! Et même s’il est tard,
On n’a jamais sommeil, pour mieux se délecter
Des tout nouveaux beaux jours qu’on fête avec entrain.
Et l’on fond de plaisir, parfaitement sereins
Sous le ciel étoilé ! Il faut en profiter !
On est tout détendus, mollement allongés
Avec une boisson juste à portée de main,
La tête abandonnée dans le creux d’un coussin
Et le corps en chiffon, les muscles relâchés.
Qu’on est donc bien ainsi à goûter à l’été,
Cet été qu’on préfère : idéal, encor tiède !
Celui des soirs très doux non loin de la pinède
Quand les grillons gaillards se mettent à chanter.
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