Archives de catégorie : A la maison

Couleurs sépia

Automne

Il ne pleut plus, et le jardin
Que la pluie d’automne a repeint
De couleurs sépia d’un autre âge*
Arbore un tout nouveau visage.

Il a l’air d’un ancien cliché
Aux tons passés et délavés…
Ce jour s’est-il trompé d’époque?*
Le temps d’autrefois s’entrechoque

A l’harmonieux temps d’aujourd’hui.
Le ciel a de très humbles teintes
Et l’allée que septembre a peinte
De brume est ouatée de gris.

Est-on jadis, est-on demain ?
Le ciel est comme un parchemin
Où peut s’inscrire l’envolée
D’une migration bariolée

Vers le grand Sud, là-bas, au loin…
Mais pour l’instant, il n’y a point
D’irrévérencieux coloriage :
Pas de violence ni d’outrage

A cette ineffable douceur !
Ces tons passés dont la rousseur
Semble élavée par la vieillesse
Donnent au jardin la mollesse

D’une belle endormie d’antan.
Passent les jours, passe le temps…
Puisse cette douceur de vivre
Encor bien longtemps nous survivre !

**Merci à Denis qui m’a « offert » ces deux vers, autour desquels j’ai « bâti » ce poème !

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Grognitude

déjeuner au jardin

Lou déjeune souvent très tôt sur la terrasse
Quand y clique léger un tout premier soleil
Encor un peu dolent ; quand ses rayons vermeils
Ne criblent point encor la Provence un peu lasse

Des excès de l’été au mitan de juillet.
Tout au fond du jardin chante une tourterelle
Affamée de sa mie qu’amoureuse elle appelle…
Marc le rejoint plus tard, les yeux encor brouillés

Des rêves de la nuit, barbe et cheveux hirsutes,
Tout affamé de thé, de pain frais et de miel,
Avec au fond des yeux des bribes d’arc-en-ciel.
Il n’est pas vraiment là ! Pas question qu’on discute !

Lou attend qu’il échappe aux rêves de sa nuit
Pour l’aborder de front. Silencieux il grignote
Un morceau de jambon et un bout de biscotte,
Encor tout engourdi et réfractaire au bruit…

Le jardin est semblable à lui quand il s’éveille
A la vie des longs jours embrasés de juillet.
Sur son feuillage bleu encor ensommeillé
Et tout étincelé de lumière vermeille,

Des gouttes de rosée fondent tout doucement.
Tout n’est que calme et paix. Seule la tourterelle
Continue sa chanson pour appeler sa belle.
Patiemment Lou attend l’éveil de son amant…

Il boit un peu de thé, puis enfin il renaît,
Lui sourit tendrement et le prend par le cou.
La tourterelle en joie fredonne son roucou.
Le jardin resplendit. Lou est rasséréné…

*Dédié à deux amis qui se reconnaîtront

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Obstination

Maisonnette

Les longs doigts de la pluie tambourinent le toit,
Jazzant à toute allure un joli tintamarre.
Tic et taquant gaiement un petit air bizarre,
La pluie bleue machicote et veut entrer chez moi.

Elle frappe et tapote à petits coups pointus
Les tuiles arrondies. Sa drôle de musique
Fait chanter follement l’antique toit qui clique
Sous son flot continu. Son gai tempo têtu

Ne s’est point arrêté depuis mercredi soir !
Elle désire tant que j’ouvre la fenêtre
Que je suis hors de moi, et que je l’envoie paître
Car son obstination devient vraiment… rasoir !

Mais elle continue à chanter et valser.
Tip et tap, tip et tap ! Ses milliers de papattes
De perverse dingo et de folle acrobate
Bondissent sur mon toit en le faisant danser.

L’eau commence à monter autour de la maison.
Rien ne peut endiguer la folle sérénade ;
Dans la campagne entour, c’est une débandade :
La pluie du mois d’avril a perdu la raison !

C’est le soleil tout neuf qui nous en a sauvés :
Attiré par nos cris, il a bouté la folle
Hors de notre Midi. Depuis, il caracole
Au-dessus de chez nous pour tout faire sécher.

La pluie s’en est retournée bien seule dans le Nord,
Tip et tap, tip et tap – avec sa chansonnette.
Son rythme martelant m’est resté dans la tête,
Comme son rire frais qui y cliquette encor…

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La maison du soleil

rayon-lumiere-

J’ai laissé le printemps entrer dans la maison
Par la fenêtre ouverte. Il s’y est faufilé
Avec cette candeur qui défie la raison ;
Et l’hiver déconfit s’en est bien vite allé

Se faire pendre ailleurs. Les murs blancs du salon
Ruissellent de lumière et l’on dirait qu’ils chantent
Un petit air clinquant avec force flonflons.
Les tommettes auburn que tout ce feu enchante

Miroitent tant et plus, tellement bien cirées
Qu’on les dirait huilées par les rais du soleil.
Le ciel ruisselle d’or sur les tuiles ocrées,
Et le vieux toit n’est plus qu’un clignement vermeil.

Ma maison du soleil scintille tant et plus
Dans ce déferlement de lumière nouvelle.
Il y a quelques fleurs aux pentes des talus
Comme pour claironner cette bonne nouvelle :

La plus jolie saison s’en est bien revenue !
Le printemps se balade au cœur de la maison,
Et pour lui souhaiter une gaie bienvenue
Nous allons entonner une aimable chanson…

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Abandon

Maison

La maison se sent vaine, elle a perdu son âme :
Les gens qui l’habitaient sont partis vivre au loin,
Des gens qu’elle aimait bien. Des gens sans grand tintouin,
Mais un chouïa cinglés. Des gens tout feu-tout flamme

Et qui déambulaient de la cave au grenier
A longueur de journée… Bruyantes cavalcades
Dévalant l’escalier ; fous-rires en cascades,
Pleurs enfantins, grands cris… Des toiles d’araignées

Pendouillaient sur ses murs ? C’était sans importance,
Et si son carrelage était un peu douteux,
La maison s’en fichait, comme des trucs boiteux
Servant de mobilier ! Mauvais goût et outrance

De la décoration qui ferait frissonner
Le moindre designer ? Elle n’en avait cure,
Préférant au bon goût cette joie que procure
L’insouciance de gens si peu disciplinés

Qu’ils laissaient leurs enfants, leurs chiens, leurs chats, leurs bêtes
Piétiner sans souci son ravissant jardin ;
Lui aussi tristounet, qui se demande bien
Qui viendra y jouer pour prolonger la fête…

Aujourd’hui le mistral agite les volets.
La maison s’en contente : un peu d’agitation
N’est pas pour lui déplaire, et sa rumination
Va s’en trouver distraite… Ils s’en sont tous allés

Pas bien loin du vieux Port, au centre de Marseille.
Il cherchait du travail et il en a trouvé…
La maison est bien vide et triste à en crever.
La garrigue alentour n’est plus du tout pareille…

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Les maisons gigognes

paysage-campagne-provencale

Il y a deux maisons au cœur de sa maison :
Celle où il est présent, celle où il n’est pas là.
Celle qui est rangée, où règne la raison ;
Et celle où vient un homme avec ce branle-bas

Accompagnant l’amour. Les jours où elle est seule,
Tout est trop bien rangé, et la maison ronronne
Comme un gentil matou. Le confort un peu veule
D’une douce routine, un peu trop monotone…

Et puis quand il arrive, il apporte le feu
De cette agitation tourbillonnant dehors ;
Sorte de mouvement les emportant tous deux,
Réveillant la maison, lui rappelant alors

Que la vie, c’est l’amour et ses bizarreries.
Soudain désordonnée, sa demeure s’éveille,
S’extravagant soudain d’un zeste de folie
Dont même le vieux chat étonné s’émerveille…

Et puis quand il s’en va, la Belle au Bois dormant
Retourne doucement au paisible sommeil
Du train-train quotidien. Un doux ronron charmant,
Même si chaque jour tout est toujours pareil.

Imperturbable et sage, elle attend qu’il revienne,
Chérissant en son cœur la tendre perspective
D’un bien proche retour… Etranges phénomènes,
Ils ne se cherchent point une autre alternative !

Sous la même toiture, il y a deux maisons :
Celle du célibat, celle des amoureux
Qui veulent concilier raison et déraison.
Un curieux compromis, mais qui les rend heureux…

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Le visiteur

Matteo Pugliese

Poème illustré par une sculpture de :

Matteo Pugliese

Ca fait plus de vingt ans qu’il n’est pas revenu
Dans sa vieille maison au décor inchangé :
Toujours ce radassié* contre le haut mur nu
Chaulé d’un blanc ocré… Rien n’a vraiment bougé

Depuis des décennies, des vieux meubles d’antan
Aux tommettes ocrées. Pas même sa photo
Posée sur le bureau. Depuis combien de temps
En est-il donc parti, fuyant sur sa moto ?

L’horloge bat tout doux, aussi doux qu’autrefois.
Barbara est assise au creux de son fauteuil,
Terriblement vieillie, mais avec toutefois
Sa grâce préservée de fragile chevreuil

Et son long regard bleu. L’horloge bat tout doux
Le temps lourd de l’oubli, le temps des souvenirs.
L’horloge bat tout doux le temps devenu flou
Où le présent est mort sans aucun avenir…

Mais qu’est donc une horloge en ce monde si dur ?
Il lui faut maintenant quitter sa Barbara…
Pour rebrousser chemin, il traverse le mur
Sans avoir pu d’un mot dire qu’il était là.

*Banc provençal paillé

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Absence

Absence

(Sonnet)
La maison est bien vide. Il me semble pourtant
Y entendre ton pas dévalant l’escalier,
Les éclats de ton rire à gorge déployée
Et ta voix fredonnant une chanson d’antan…

Bien vide est la maison. J’y vais compter les jours.
Leur rythme est monotone et leur cours languissant,
Car toute heure sans toi est un temps morne et sans
Véritable importance. Attendre ton retour

S’avère désormais mon unique projet.
Et tout autour de moi le plus infime objet
Me rappelle ta vie et la mienne imbriquées

Si merveilleusement. Contre toute raison,
L’horloge est arrêtée. Dans toute la maison,
La vie au ralenti semble s’être bloquée.

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Un bien curieux hiver

Ciel d'hiver

Poème illustré par un tableau de :

Kiriba Noha
http///www.art.com/kiribanoha

Le ciel couleur d’étain ressemble à une sphère
Englobant l’horizon. Est-ce la pollution
Et son voile poisseux qui souillent l’atmosphère ?
D’où peut donc bien venir cette étrange impression

D’être mal dans sa peau ? Un bien curieux hiver,
Parfois tiède… ou glacé ! Sous la nue maladive,
On a le sentiment que tout marche à l’envers :
Un jour passé au Pôle et un autre aux Maldives !

Tantôt froid, tantôt chaud… La Nature est cinglée,
Qui souvent ne sait plus cloisonner les saisons ;
L’on en a la caboche un peu tourneboulée,
A ne plus trop pouvoir compter sur la Raison.

Un bien curieux hiver ! D’autant qu’aux alentours,
Tout s’en va de travers comme ce fichu temps :
Mon jardin bien-aimé a perdu ses atours
Et toute sa beauté… Oh, j’aimerais autant,

Comme la Belle au Bois, dormir pendant cent ans
Plutôt que de subir ce climat si bizarre !
Nous sommes en hiver – on le dit ! Et pourtant,
A voir ce temps tout mou tellement dérisoire,

L’on ne dirait jamais que nous somme(s) en décembre !
La Nature s’affole et s’emberlificote
Dans tous ses plans pourris. Mieux vaut garder la chambre
Et dormir trois longs mois tout comme une marmotte….

Mais peut-être après tout cet hiver est-il comme
Ceux qui l’ont précédé ? Que seul mon cœur… déconne !

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L’arbre à contretemps

cerisier-fleurs

Dans le fond du jardin, l’unique cerisier
Se laisse un peu aller. Comme il se sent costaud,
Il s’étale partout. Il faudrait l’élaguer
Car il devient gênant. Mais c’est encor trop tôt !

C’est avant, d’habitude – à Sainte Catherine –
Que sa sève tarit, qu’il se repose enfin !
Mais comme cette année le beau temps qui lambine
Ne veut point concéder un pouce du terrain,

L’arbre embobeliné se croyant au printemps
Bourgeonne à qui mieux mieux sans être raisonnable.
Peut-il encor fleurir ? N’en demandons pas tant,
Et mieux vaudrait pour lui qu’il soit bien moins aimable.

Toujours aussi actif, le soleil goguenarde :
Se fichant de l’hiver, de sa maussade humeur,
Il occupe le ciel de force, à la hussarde,
Gorgeant de sa lumière et la terre et les fleurs

Et trompant méchamment notre vieux cerisier.
Nous sommes embêtés, nous ne savons que faire,
Ne pouvant l’élaguer sans le faire saigner !
Fichu réchauffement qui crée bien des misères…

Mais l’arbre semble heureux sous l’ultime lumière,
Toujours gavé de sève en sa pleine verdeur.
C’est le onze novembre. Allons boire une bière
Sous son ombrage fou et sa tiède fraîcheur !

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Le vieux mas et le vent

Mas dans la garrigue

Il est comme un fortin ancré dans la garrigue,
Un vieux mas chavirant au souffle du mistral
Qui tournoie follement en entamant sa gigue,
Donnant au ciel cobalt l’éclat pur du cristal.

Les murs tout de guingois ont des teintes d’automne,
Et la lumière y pose un doux chatoiement roux
Alors que le soleil, tel un grand dahlia jaune,
Se fane à l’horizon du côté de Coudoux

Où s’éteignent les feux de la vie quotidienne.
Le mas est isolé ; on le dirait perdu
Dans la lande pelée aux teintes d’obsidienne ;
De son toit quelquefois un grand vol éperdu

De tout petits oiseaux jaillit comme une trombe
Sans qu’on sache pourquoi ni comment ils sont là :
Eclos au creux des murs ? Le mas, tel une tombe,
Semble pourtant sans vie. Le vent a cappella

Soudain pris de folie hurle son chant de mort
Et heurte à l’huis moisi comme s’il désirait
Entrer à l’intérieur de la maison qui dort.
S’élevant dans le soir comme un temple doré,

Le mas résiste à tout… Le mistral tourbillonne
Tout autour du bastion. Il beugle et il gémit
Bien inutilement : il n’y a plus personne
Dans la vieille bastide avalée par la nuit.

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La bête à bon Dieu

Posée sur une fleur, une bête à bon Dieu :
Petite boule rouge et symbole de joie,
Cachant sous son habit les deux ailes de soie
L’aidant à déguerpir des détestables lieux

Qu’on saupoudre à l’envi de mille saletés.
Ta jolie protégée, Seigneur ! est bien mignonne,
Léger rond rutilant posé sur la bignone
Qu’elle ponctue de rouge ! Adieu le DDT…

Dans mon jardin, ma mie, tu es en sûreté.
Tu pourras y croquer les maudites bestioles
Grignotant mes rosiers, dont le goût affriole
Les pucerons du coin, ces gourmands éhontés !

Les sept taches tombées sur ton manteau carmin
Sont des gouttes de nuit jaillies du crépuscule.
Insecte du bon Dieu, fragile et minuscule,
Tu es un talisman au coeur de mon jardin.

Tueur de pucerons, avales-en autant
Que tu peux en manger ! Charmante coccinelle
Jolie comme un bijou, garde fermées tes ailes
Et reste ici chez moi jusqu’à la fin des temps…

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Le temps recommencé

hellebore1

SONNET

Le temps recommencé restaure le passé
Et toujours et encor… C’est de nouveau l’automne ;
Les feuilles du figuier qui ont viré au jaune
S’en vont bientôt tomber. L’on n’est jamais lassé

De toutes ces couleurs, que septembre harassé
Par un vent incessant a peint sous un atone
Ciel fané par la pluie, défraîchi, que sillonnent
Deux, trois nuages gris ! L’été bleu effacé

Comme un simple clin d’oeil  n’est plus que souvenirs.
Puisse faire le Ciel que les jours à venir
N’évoquent pas l’hiver : pas si tôt, pas encore !

Il reste quelques fleurs dans le fond du jardin :
Des roses, du jasmin, de grandes hellébores
Etroitement serrées dans leur vertugadin…

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Le jardin ressuscité

fleurs

J’ai confié mon jardin à une vieille amie
Car je devais partir. Mais je n’aurais pas dû !
J’ai trouvé en rentrant le pauvret éperdu,
Tout sec et désolé. L’anhydrie ennemie

Avait déjà tué la plupart de mes fleurs ;
La femme de confiance était une traîtresse
Et j’ai cru défaillir en voyant la détresse
De mon petit Eden ! J’ai versé quelques pleurs…

Puis j’en ai replanté d’autres encor plus belles
Avec force sueur et pas mal de jurons.
Le soleil m’a aidée, et bientôt nous verrons
Mes plantes rénovées fleurir en ribambelles.

J’ai perdu une amie ; j’ai un nouveau jardin
Qui pousse à qui mieux mieux pour m’être sympathique.
Je m’en vais retrouver un espace idyllique
Embaumant a giorno le lys et le jasmin…

La terre est bonne, ici, tout y pousse à foison !
Mon plumbago déjà transforme la lumière
En bribes de ciel bleu, et la Nature entière
Soucieuse de m’aider s’est mise au diapason.

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Refuge

SAMSUNG

C’est ici qu’elle est bien, au cœur de sa maison,
Lovée dans son fauteuil. Quand l’ombre qui s’installe
L’enferme sous son dôme, et quand la nuit avale
La campagne alentour en gommant l’horizon,

Elle clôt ses volets en se cadenassant
Pour vite retrouver sa chère solitude ;
Et elle éprouve alors une vraie plénitude
A être seule, enfin, loin d’un monde lassant.

Seule avec son chat Luc et son copain Arnie,
Arnie le poisson rouge, un tiers que le félin
Aimerait bien parfois combler… de gros câlins :
Il vaut mieux éviter… Une étrange harmonie

Règne alors en maîtresse au cœur du vieux mazet.
Ils sont bien tous les trois ! Sérénité parfaite,
Impression d’être ainsi pleinement satisfaite :
Justine en est heureuse et n’en est pas blasée,

Même si ses amis ne la comprennent pas.
Parfois un homme vient, mais il est éphémère
Car Justine est en fait une vraie solitaire.
Sa vie s’écoule ainsi et glisse sur le mas

Sans paraître y laisser une quelconque trace.
La maison est tranquille à l’ombre du grand Ciel,
A l’abri d’un ailleurs bien trop superficiel.
L’on ne s’y soucie point de ces années qui passent…

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