Bizarrerie

On n’a pas eu d’hiver… et voici le printemps !
La Nature affolée ne sait où elle en est
Car ce n’est pas normal. Nous, nous sommes contents
D’avoir ainsi coupé aux maux et aux méfaits

De décembre et janvier… On est mi-février
Et le Midi se chauffe aux tout premiers rayons
D’un soleil fort gaillard qui s’est revigoré,
Sans le gel et le froid de la male saison.

C’est le printemps, youpee ! Et l’on commence à faire
Moult et moult projets concernant le beau temps :
Balades et picnics… Foin des habits d’hiver !
On se prépare tous à fêter le printemps…

Mais on était naïfs et il nous a bien eus,
Ce fichu ciel farceur qui nous a mystifiés !
Depuis tôt ce matin une brumasse englue
La Provence endormie sous un linceul épais ;

Ecloses bien trop tôt, les fleurs du cerisier
Pendouillent tristement ; même le forsythia
Trop vite épanoui souffre de la gelée :
Le froid a dépecé ses bourgeons délicats.

On glisse tant et plus dans la neige fondue
Tombée pendant la nuit. On patine, on frissonne,
On grelotte, on gémit : l’on n’en peut vraiment plus !
Et sur nos faux espoirs un triste glas résonne.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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