Archive de l'auteur

La Provence est gelée, il fait vraiment très froid.
On en est sidérés, n’ayant jamais vu ça
Depuis des décennies. Tout recroquevillés,
On est paralysés, presque terrorisés
Car ce n’est pas normal. On nous a pourtant dit
Que c’est dû à l’air froid venu de Sibérie.
Peut-être ! Mais vraiment l’on n’en a rien à faire ;
La Russie peut garder son effroyable hiver !
On chauffait tant et plus jusqu’à ce qu’EDF,
Alléguant que ce temps ne saurait qu’être bref,
Exhortât ses clients à plus d’économie.
N’usant plus du courant qu’avec parcimonie -
Si nous ne voulions pas nous voir soudain plongés
Dans un monde infernal sans électricité -
Nous obéîmes donc : une lampe à la fois ;
17° partout bien qu’on pelât de froid ;
Pas de trop gros moteurs, surtout pas de machines ;
Les chambres dans le noir ; beaucoup de discipline !
Patience, les amis : nous étions vulnérables
Mais, malgré ces tracas, vraiment presqu’admirables !
On marchait sur un fil quand la mère Antoinette
Eprouva le besoin de se rendre aux toilettes.
Une pression ténue sur un interrupteur…
Qui fit tout disjoncter ; et lors ce fut l’horreur
Car ce tout petit clic fut une extravagance !
De Marseille au Vaucluse, à la Haute-Provence,
De Nice à la Camargue, on plongea dans la nuit :
Un tintouin inouï juste pour un pipi…
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A Pierrelatte, il est un lieu
Tel une jungle sous les cieux
De la Provence. Un monde clos
Aux airs trompeurs de pays chaud.
Y gisent les corps immobiles
De mastodontes-crocodiles,
Comme des rochers monstrueux ;
D’énormes sauriens écailleux
Qui pas une patte ne bougent
Dans la vague lumière rouge
D’une aube de début du monde
Sous une fausse lune ronde.
Ils sont ainsi plusieurs centaines,
Pitoyables croquemitaines
Parqués là pour être exposés
A la vaine curiosité
De gens tout heureux de frémir
Et contempler ainsi gésir
Ces reptiles issus des Ages.
Un effroyable et beau mirage,
Un spectacle du fond des temps
Et qui ramène aux jours d’antan
L’Humain pitoyable et fragile
Qui ne se sait que fait d’argile…
Soudain, étonnamment véloce,
Un monstre plonge dans la fosse
Bouillonnant comme un vrai maëlstrom :
Il fait hurler les petits d’Homme,
Puis ils applaudissent ravis
Et s’esbaudissent à grands cris…
*26270 Pierrelatte
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Publié par Vette dans Hiver

On n’a pas eu d’hiver… et voici le printemps !
La Nature affolée ne sait où elle en est
Car ce n’est pas normal. Nous, nous sommes contents
D’avoir ainsi coupé aux maux et aux méfaits
De décembre et janvier… On est mi-février
Et le Midi se chauffe aux tout premiers rayons
D’un soleil fort gaillard qui s’est revigoré,
Sans le gel et le froid de la male saison.
C’est le printemps, youpee ! Et l’on commence à faire
Moult et moult projets concernant le beau temps :
Balades et picnics… Foin des habits d’hiver !
On se prépare tous à fêter le printemps…
Mais on était naïfs et il nous a bien eus,
Ce fichu ciel farceur qui nous a mystifiés !
Depuis tôt ce matin une brumasse englue
La Provence endormie sous un linceul épais ;
Ecloses bien trop tôt, les fleurs du cerisier
Pendouillent tristement ; même le forsythia
Trop vite épanoui souffre de la gelée :
Le froid a dépecé ses bourgeons délicats.
On glisse tant et plus dans la neige fondue
Tombée pendant la nuit. On patine, on frissonne,
On grelotte, on gémit : l’on n’en peut vraiment plus !
Et sur nos faux espoirs un triste glas résonne…
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Poème illustré par un tableau de :
Aero Järnefelt
(1863-1937)
Dans les Alpes du Sud, au fin-fond des montagnes,
On souffrait autrefois d’une grande misère :
Terre infertile et nue, travail pire qu’au bagne,
Les gens n’en pouvaient plus de leur vie plus qu’austère.
Quand ils désespéraient, ils choisissaient l’exil :
Pour trouver du travail, ils partaient par milliers
Vers Marseille, Avignon, ou toute autre grand’ville,
Même s’ils s’y sentaient simplement tolérés.
Pour ces gens enivrés d’espace et de grand air,
C’était un choix très dur. Et comme ils acceptaient
Comme un vrai don du ciel de tout petits salaires,
Les autres ouvriers souvent les haïssaient,
En les considérant comme des concurrents.
Détestant leur patois, leur soif de réussir,
Leur détresse et leur foi, leurs pauvres vêtements,
Ils leur enviaient aussi le fait de savoir… lire !
Les gavots s’en moquaient et ils travaillaient dur,
Car pour eux tout était mieux que leur vie d’antan.
Même si l’avenir leur paraissait peu sûr,
Ils s’acharnaient toujours, infatigablement.
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Poème illustré par un tableau de :
Annie Rivière
www.atelierrivière.canalblog.com
Le vieux mas est bien frais au creux du vallon gris,
Gris de poussière fine et de végétation
Brûlée par le soleil. On est même surpris,
En entrant dans le hall sombre et bas de plafond,
D’y ressentir sitôt une onde de fraîcheur.
On y a même froid, car tout à coup l’on passe
D’un excès de lumière à la presque noirceur
De la nuit, à midi, non loin de Miramas.
Guy n’ouvre ses volets que le matin très tôt,
Et puis il les referme, afin que le soleil
Ne puisse entrer chez lui : le vieux mas est bien clos
Jusqu’à ce que s’éteigne le soleil vermeil
Là-bas à l’horizon. Les murs sont si épais
Qu’ils gardent la fraîcheur tout comme une glacière.
Une antique maison construite tout exprès
Pour des étés brûlants et de rudes hivers.
Au Nord des fenestrons pour contrer le mistral ;
Côté Sud des volets et des portes fermées :
Guy ne supporte bien cet été provençal
Qu’en suivant les conseils qui lui furent légués.
Il est alors si bien sous la voûte chaulée !
Dehors l’été grésille au tempo provençal
De la chaleur cuivrée, du chant ensoleillé,
Criquetant et rythmé de ses chères cigales.
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L’heure de l’apéro, c’est sacré à Marseille,
Surtout dès les beaux jours, à l’heure où le soleil
Descend sur l’horizon. On s’installe au jardin
Avec un bon pastis, pour ne faire plus rien.
Ah, mais si ! Tout de même ! On ne peut oublier
Qu’on s’est donné du mal pour bien vous préparer
Quelques amuse-gueule, avec une anchoïade.
En voici la recette de tatie Bertrade :
Vous prenez un peu d’ail, des anchois et des câpres,
Et de l’huile d’olive, au goût vert un peu âpre.
Vous écrasez le tout pour faire une purée,
Mais surtout pas trop fine ; ceci fait, vous coupez
Quelques lesques de pain – du gros pain de ménage !
Vous les faites griller comme le veut l’usage
Et vous les tartinez de la bonne pommade
Qu’ici dans la région on appelle anchoïade.
Et vous vous régalez pendant que les grillons
Entonnent dans le soir une brave chanson.
L’heure de l’apéro ? Le Paradis sur terre
Pour les épicuriens qui savent ne rien faire.
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Publié par Vette dans Méditerranée

Là-bas sur l’horizon glisse un paquebot blanc :
Un prodige marin quasiment aussi grand
Qu’un énorme building. C’est un phénoménal
M’as-tu vu chamarré comme le général
D’un pays d’opérette ; une sorte de ville
Flottant sur l’eau bonace ; un monstre bien tranquille
Ayant tout oublié des dangers de la mer
Et tout pétaradant de bruit et de lumière.
On n’y songe qu’à rire et à bien profiter
Des multiples plaisirs et des nombreux attraits
Qu’offre la vie moderne : ébats dans la piscine,
Bains de soleil et flirt, délicieuse cuisine !
La croisière s’amus(e), la fête bat son plein…
Au grand dam de Neptune. Aussi le dieu marin
Vient-il de décider d’y mettre le holà :
Il va se divertir et ça leur apprendra !
Rameutant à grands cris le vent et le tonnerre,
Le monstre se déchaîne et fait vivre un enfer
Aux pauvres malheureux qui croyaient oublier
Que la vie n’est qu’ennuis dans un monde bien laid…
L’énorme paquebot n’est plus sur la mer folle
Qu’une sorte d’esquif qui saute et cabriole
Comme coquille de noix ! Chacun n’est plus qu’effroi
Et admet humblement que seul Neptune est roi,
Le priant ardemment de sauver le bateau.
Magnanime, il écoute et maîtrise les flots
Qui baissent le museau. Quant aux gens, ils sont verts,
Mais ils ont bien compris ce qu’est vraiment la mer.
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Nous sommes en janvier. Où est passé l’hiver ?
Il fait tellement beau qu’il se peut que la terre
Ignore cette année qu’existent les gelées,
La neige, le verglas : toutes joyeusetés
Que la rude saison aime nous concocter !
Mais il semblerait bien qu’on nous ait oubliés…
La Nature divague d’erreur en erreur,
Tellement perturbée qu’il n’y a pas deux heures
Un oiseau farfelu et un brin insouciant
S’est mis à entonner une trille de printemps !
Un mirage emplumé, un joli mésangeau
Qui s’essayait au chant, perché sur un rameau
Pointillé de bourgeons tout aussi optimistes ;
Car je pourrais ici amorcer une liste
De signes printaniers, tous bien trop en avance.
Petit écervelé, tu n’as pas une chance !
Retourne te cacher, nous sommes en hiver !
Même si le Midi semble se mettre au vert,
Il peut soudain geler et tu prends de grands risques !
Il reste trois longs mois ! Regarde donc le disque
Du soleil hivernal, si net, si gros, si rouge :
C’est le signe absolu qu’il faut que tu te bouges
Pour aller te cacher dans un trou bien douillet.
L’hiver est encor là, le froid est aux aguets…
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Publié par Vette dans Hiver

Poème illustré par un tableau de :
William Turner
(1775-1851)
Depuis des jours, depuis des nuits,
Le vent mugit à la folie !
Ses rafales montent, descendent,
En se succédant sur la lande
Comme des hordes en furie.
Tout ce chahut et tout ce bruit,
Depuis des nuits, depuis des jours…
Va-t-il gueuler ainsi toujours ?
Car même au creux de nos maisons,
Tous volets clos, nous entendons
Ses bataillons qui se déchaînent,
Vocifèrant à perdre haleine
Sous l’immense ciel bleu foncé.
La terre tremble, épouvantée ;
Pas un temps mort, pas une pause
De ces tourbillons qui explosent
Sur la Provence médusée
Qui n’en peut plus de s’étonner :
Elle connaît bien son mistral
Mais cette fois, c’est anormal
Qu’il dure ainsi aussi longtemps.
Elle n’est plus que vent, que vent
Qui brutalise et qui secoue
Le Midi, à le rendre fou.
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C’est une ville-charme et un peu surannée,
Dont l’accent est chantant et dont, toute l’année,
On vante la douceur. Mais sa grâce d’antan
S’y exprime surtout dès le premier printemps
Quand tout y est fleuri partout en abondance :
Balcons en fer forgé ; fontaines où l’eau danse
Et gicle en gazouillant ; calades biscornues
Aux vieux pavés disjoints. La moindre de ses rues
Ruisselle de bouquets et d’odeurs printanières
Qui ravissent les sens ; et la Mairie espère
Obtenir du Jury sa quatrième fleur
Tant chacun dans la vill(e) s’emploie avec ardeur
A fleurir ardemment les plus lépreux des murs :
Il n’est pas une brèche et pas une fissure
Où ne pousse un buisson de fleurs multicolores.
Il faudrait inventer au moins cinq fleurons d’Or
Pour la jolie cité dont la seule bataille
Est le plaisir des yeux. Qui sait ? Vaille que vaille,
Peut-être le village sera-t-il en Provence
Le plus joli de tous ! Peut-être même en France !
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Publié par Vette dans Marseille

Poème… un peu coquin, illustré par une oeuvre de :
Pierre Rodin
(1840-1917)
Savez-vous qu’en tous temps les cacous marseillais
Se sont enorgueilli de leur virilité ?
Qu’ils ont un tas de mots* pour parler de leurs… choses ?
On va vous les citer… si tout au moins l’on ose :
Aliboffi, couioun, bassaquèti, bassi ;
Roubignoli, dati, rompadoun et glori ;
Roustambofi, rougnoun, roustoun, roustibèli;
Roustaillons, roustaioun… et tutti… et quanti…
Quel patois délicieux que celui de Marseille,
Apre, rude et brutal, mais que le grand soleil
Essaie d’édulcorer et de rendre civil !
Quel beau parler fleuri, à l’instar de sa ville…
Existe-t-il ailleurs de plus charmants vocables,
De termes plus précis et de mots plus aimables
Que ceux utilisés par moults Marseillais
Pour parler aussi net de leurs plus chers attraits ?
*Termes trouvés dans : « Quand Marseille parlait marseillais ».
Pierre Blasi (chez Edisud)
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Poème illustré par un tableau de :
Berthe Morisot
(1841-1895)
Dans un coin du salon, un très joli berceau.
Ce n’est pas bien sa place, Ariane le concède ;
C’est même un peu idiot, mais tant pis ! Elle cède
Au bonheur de le voir, qui clame fort et haut
Qu’un bébé tout nouveau va éclore bientôt.
C’est un meuble d’antan qui vient de sa famille ;
Comme rien n’est trop beau pour sa petite fille,
Elle l’a surchargé de jolis affutiaux :
Edredon bien dodu fait d’un précieux boutis
Assemblé par sa mère ; oreiller de dentelle
Offert fort gentiment par sa tante Muriel ;
Couverture en cashmere, et tutti, et quanti…
Ariane qui sourit balance la nacelle.
Chantant entre ses dents une vieille romance,
Elle rêve à l’enfant qu’elle berce en cadence.
Enorme et déformée, elle est pourtant si belle !
Et puis Bébé remue ; Ariane sent son ventre
Qui s’agite soudain en formant comme une onde.
Elle ne bouge plus, et le centre du monde
Est non loin de son coeur. La vie qui s’y concentre
Y bat tout doucement, toute prête à jaillir.
Demain, après-demain ? Nul ne saurait le dire…
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Publié par Vette dans Automne

Le sous-bois est si roux qu’il a l’air d’être en feu
Comme quand il brûla lors d’un terrible été.
Mais ce sont les tons vifs des nouvelles ramées
Qui flamboient sous la voûte immense du ciel bleu ;
Car avant son retrait le soleil moribond
S’essaie comme toujours à incendier les bois.
Mais cependant plus cool que la dernière fois,
Il agit en artiste, usant de ses rayons
Pour peindre la Nature aux couleurs de l’automne.
Certains rameaux séchés et troués en dentelle
Sont piquetés de noir : négligeant le pastel,
Il les teinte de roux, de brun, d’ocre et de jaune,
Leur offrant la beauté avant leur mort prochaine.
Il y a de la brume, et un pan vaporeux
S’enroule comme un voile autour des troncs noueux
Des pins dégingandés. Là, un bouquet de chênes,
De ceux restant vêtus jusqu’au seuil du printemps,
Adoucit le décor de la triste feuillée
Marronnasse et aiguë de ses feuilles dentées.
Mais rien ne peut éteindre un tel embrasement…
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C’est l’heure fugitive où le soleil descend :
Rétractant ses rayons, il n’est plus qu’une boule
Enorme et rouge vif sur le ciel. Puis il coule
Derrière l’horizon barbouillé de safran.
Il est vite avalé ; l’on peut enfin souffler.
Une brise d’été relativement fraîche
Caresse en l’effleurant notre peau, et y sèche
De son souffle ténu une sueur salée
Où est resté collé le sable de la plage.
L’horizon qui n’est plus qu’une ligne légère
Disparaît peu à peu ; sa lueur éphémère
Se dissipe à l’ouest, là-bas, dans un orage
Qui gronde sourdement du côté de Carry.
Il fait un peu plus frais et l’on se sent bien mieux.
Le soir qui met le feu à des étoiles bleues
Est même un peu frisquet sous leur doux clignotis.
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Poème illustré par un dessin de :
Raymond Peynet
(1908-1999)
C’est un coeur d’artichaut, si chaud et si sensible
Qu’il se sent tout benêt dès que passe une belle ;
Les mélodies d’amour, les tendres ritournelles
L’émeuvent malgré lui ; c’en est presque risible !
C’est depuis ce printemps qu’il ne résiste pas
A l’invincible attrait d’un trop joli visage.
Les filles le perturb(ent), il ne peut rester sage
Tant elles ont pour lui de délicieux appâts.
Aujourd’hui, c’est Manon : il la trouve adorable,
Songe même à mourir pour lui prouver sa flamme
En lui sacrifiant tout : son coeur, sa vie, son âme…
Mais qu’au moins une fois elle le trouve aimable
Et le remarque enfin ! Puis s’en vient Magali…
Il oublie la blondeur de son autre promise
Et ne voit plus soudain que la bouche en cerise
De la brune Arlésienne. Oh, qu’elle est donc jolie
Avec ses longs yeux noirs et ses boucles d’ébène !
Il a le coeur qui fond… Mais voici Marion
Qui pousse son vélo, ahanant tout au long
De la rue Bénezet. Sitôt il se démène
Pour l’aider de son mieux. De longs cheveux d’argent,
Des yeux couleur de mer, un derrière dodu :
Le voici de nouveau tous sens dessous dessus…
Il faut dire qu’Axel a tout juste quinze ans !
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