Archives de l’auteur : Vette de Fonclare

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.

La tueuse

Attention, gens du Sud ! Ne pensez surtout pas
Qu’elle est calme et sereine ! Il ne faut pas la croire
Telle qu’elle apparaît : lisse comme l’ivoire,
Simplement friselée. Une mer bien sympa

A l’air tranquille et doux d’un grand lac innocent ?
La Méditerranée est une vraie tueuse
Cherchant à dévorer toute voile hasardeuse
Osant s’aventurer sur ses vagues de sang

Pour fuir d’autres dangers et d’atroces bourreaux.
Elle est plate souvent comme une énorme mare
Oscillant doucement sans autre tintamarre
Que le chant harmonieux, modulé, de ses eaux

Turquoise, or et saphir. Belle incroyablement
Et cachant bien son jeu, comme cette déesse
Ordonnant froidement à de jeunes prêtresses
De l’approvisionner en repas, en amants.

Elle sait se parer d’attraits et de douceur,
Bien que souventefois sa nature profonde
Ressurgisse soudain, que ses immenses ondes
Se muent en gouffres noirs engendrant la terreur

En quiconque y navigue, inconscient, innocent.
Lorsqu’elle hurle sa rage, attaque et se déchaîne
Contre les malheureux poursuivis par sa haine,
Elle les fait baller sur son bouillon dansant

Où ils roulent meurtris par ses assauts furieux.
Car cette mer si douce est une meurtrière
Qui ne sait point dompter ses instincts de guerrière
S’avérant chaque jour toujours plus impérieux.

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Marseille dans la brume

Marseille est ouaté d’une brume maussade.
Octobre l’éteignoir crie à la cantonade
Que c’en est bien fini des excès de l’été
Et de ces jours si doux dont le temps arrêté

Nous offrait ces plaisirs qui font aimer la vie !
Dans nos cœurs attristés monte déjà l’envie
De revoir le printemps, de bien vite oublier
Ces moments rabat-joie où l’on vit replié

Sur sa petite vie et ses petits soucis…
La brume estompe tout de son voile, adoucit
La raideur des murs gris et râpés de la ville.
Il y règne à présent une torpeur tranquille

Seulement perturbée par les cris des gabians
Point trop désarçonnés par ce brouillard ambiant
Semblable à un rideau de mousseline grise.
Il n’y a pas de vent. Non ! Pas même une brise

Qui ferait vivre un peu l’eau morte et sans replis.
Aucune ondulation, pas même un friselis…
La mer décolorée génère de la brume
Où des étoiles bleues de temps en temps s’allument

Comme ces feux follets qu’on voit au cimetière.
Un voile suffocant couvre la ville entière
Etonnée de subir ce temps extravagant
Qui s’avère à Marseille un prodige intrigant

Suscitant le cafard et un brin d’inquiétude…
Notre azur est si pur qu’on n’a pas l’habitude
De le voir engoncé dans un manteau brumeux !
Marseille est silencieux sous son ciel cotonneux.

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Insatisfaction

L’on est en plein brasier : la chaleur infernale
Du soleil provençal au mitan de l’été !
Sensation d’étouffer, malaise exacerbé
Par un temps aussi chaud qu’en terre tropicale…

L’on se plaint, l’on gémit, l’on n’en peut vraiment plus
Et l’on songe à novembre, à sa fraîcheur hiémale.
L’on rêve de glaçons, de gelées maximales
Et de ce jour béni où par chance il a plu

Une grêle glacée qui brouillait l’atmosphère.
Puis on pense à la neige, à sa fraîche saveur,
A ces flocons piquants cueillis avec ferveur
Par le bout de la langue, et où l’hiver s’affaire

A saupoudrer d’argent les pistes de Praloup…
Mais cette chaleur d’août est tellement pénible
Qu’il faut faire un effort pour que semblent crédibles
Le froid gris de l’hiver, les contours un peu flous

Des monts sur l’horizon saupoudré de cristal.
Puis le gel pétrifiant, la brume enveloppante
Et l’étrange impression que l’air sibérien tente
D’envahir nos poumons de son souffle glacial

Nous fait vite aspirer à l’enfer de l’été…
Les Provençaux parfois sont des gens insatiables ;
Ils possèdent l’endroit ? L’envers leur semble aimable !
Toujours insatisfaits, tels des enfants gâtés…

« I can’t get no satisfaction, hey, hey, hey, hey… »

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Mon ami papillon

Amour d’une minute, instant inoubliable…
Un phénomène ailé s’en est venu tout seul
Se poser sur mon doigt. Semblable à un glaïeul,
Une fleur qui volait, une fleur admirable

Dont la vie frémissait au contact de la mienne :
Un papillon géant issu d’une forêt
De l’autre bout du monde. Ou alors d’un Après
Appelé Paradis ? Couleur de l’obsidienne,

Il était bien fermé. Quand il ouvrit ses ailes,
Elles devinrent bleues, d’un bleu incandescent
Qui m’était inconnu. Un bleu rafraîchissant
Pour de vieux yeux blasés, bien plus bleu que le ciel

Pourtant bleu de chez nous quand il fait de l’esbroufe !
Au bout de mon index, je sentais palpiter
L’insecte si léger. Moment d’éternité
Qui fait battre le cœur très fort et qui l’étouffe

D’une énorme émotion ! Le contact de deux vies
Qui n’auraient jamais dû, jamais, se rencontrer ;
Un instant incroyable et qui m’a fait vibrer…
J’ai alors ressenti la chimérique envie

Que ce moment béni plus jamais ne s’arrête.
Mais les deux ailes bleues ne pouvaient point cesser
De battre trop longtemps. Et l’insecte lassé
S’est enfin envolé vers une autre amourette…

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Disgrâce

Une course ? Impossible  de l’envisager,
Car ces yachts du Vieux Port ont perdu leur allure
De conquérants des mers. Et malgré leur voilure,
Etouffé tout espoir de jamais voyager.

Certains ne savent plus ce qu’est la haute mer !
Exposés pour montrer fortune et réussite,
Peut-être souffrent-ils d’un chagrin que suscitent
La mer tellement proche et ses relents amers ?

Ils tanguent juste un peu quand le vent souffle fort,
Qui pourrait abîmer l’opulente richesse
De leur coque vernie, sans leur donner l’ivresse
De bondir sur les flots en s’enfuyant du Port,

De goûter pour de vrai ce qu’est la liberté.
Marseille les enserre, et le bruit de la ville
Est le seul qui parvient jusqu’à leur pont tranquille
Où parfois un marin d’opérette est posté.

Rutilants de couleurs, tellement beaux à voir,
Ils ressemblent un peu à ces tristes maquettes
Dormant à tout jamais derrière une étiquette
Au fond d’une vitrine éteinte dès le soir

Quand le gardien s’en va. Ils n’existent pas plus !
Ils sont beaux, luxueux, ils suscitent l’envie,
Ignorant à jamais ce qu’est vraiment la vie,
Et contemplant de haut les modestes pointus*

Impatients de pêcher dès le lever du jour ;
Sautillant sur les flots, ivres d’impertinence
Et de témérité, et dont l’irrévérence
D’impudents moussaillons leur rappelle l’amour

Qu’ils avaient pour la mer quand ils furent conçus…
Les yachts huppés du Port doucement dodelinent,
Comme certains bourgeois parvenus se dandinent
Pour montrer à autrui leur triomphe cossu.

* Petits bateaux de pêche typiques de Marseille

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Brume d’automne

Poème illustré par un tableau de :

Caspar David Friedrich
(1774-1840)

Les sommets de l’Ubaye paraissent écrêtés
Tant la brume les noie d’un voile sécrété
Par l’aube rembrunie du début de l’automne.
Le ciel a dégueulé de tristes vapeurs jaunes

Qui flottent sur les toits d’Enchastrayes endormi.
Depuis quelque huit jours le ciel clair a blêmi,
Perdant tout doucement sa couleur provençale
Pour passer d’un bleu pur à un indigo pâle.

La montagne est floutée par des pans de brouillard
Amollissant ses pics plantés comme des dards
Dans le ciel de septembre. Et les cimes pointues
En semblent arrondies, sans ces lignes aiguës

Découpant l’horizon de leur contour brisé.
Malgré le temps bouché, des éclairs irisés
Jaillissent quelquefois du fin-fond des nuages,
Comme pour rappeler la lumineuse image

Des dernières journées de l’été moribond.
Des lambeaux de brouillard voguent en vagabonds
De sommet en sommet en haut de la montagne.
Un très pâle soleil parfois les accompagne

Presque en catimini de ses ternes rayons.
La brume qui se tord en rondes contorsions
Drape d’un tulle gris les branches des mélèzes.
De la montagne suinte un mystérieux malaise…

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Eclosion

Poème illustré par un tableau de :
Daniel Sannier

Les cigales sont presque mûres
Au pied des pins, dont la ramure
Va bientôt crisser de leur chant.
Elles s’en vont surgir des champs

Et des sous-bois, de cette terre
Tout emplie du vaste mystère
De la vie qui renaît toujours
Dès que reviennent les beaux jours.

Juste encor un peu de lumière
Fusant même au travers des pierres
Et du roc d’un âpre Midi
Pour qu’elles sortent de leur nid !

Elles vont déplisser leurs ailes
Toutes fripées, mais en rebelles
Ne s’en serviront pas beaucoup,
Juste pour un petit coucou

A l’Autre qui attend là-bas
Pour de trop rapides ébats.
Mais elles ont encore à faire
Au fin-fond de leur noir repaire :

Se gonfler d’un chant lumineux
Pour en emplir notre ciel bleu !
Car sans elles notre Provence
Serait privé de la jouvence

Et des agréments de l’été
Qui avec elles va, forte*,
Vibrer de cette âpre chaleur
Qui en est l’essence et le cœur.

*Prononcer : Forté !

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La sirène du château d’If

Savez-vous qu’autrefois, non loin du château d’If,
Vivait avec les siens en ce monde agressif
Qu’est la mer, si féconde en secrets, en tempêtes,
Un être merveilleux, mi-femme et demi-bête ?

Ce fut un Marseillais qui pécha la sirène
S’ébrouant dans la mer avec thons et murènes.
Emberlificotée telle un banal poisson,
Elle entonna alors une étrange chanson.

Le pécheur aurait dû être terrorisé.
Oh, mais non, pas du tout ! Au contraire il prisait
Cette occasion rêvée d’enfin faire fortune
En vendant hors de prix cette pèche opportune.

Il vira donc de bord pour regagner Marseille,
Et, sans plus s’étonner de l’étrange merveille
Qui par un coup du sort venait de lui échoir,
Il cingla vers le port dans la fraîcheur du soir.

La sirène empêtrée dans les plis du filet
Hurlait toujours son chant étrange et modulé
De notes suraiguës, des sons insupportables
Pour un humain normal. Mais l’homme imperméable

A tout vrai sentiment continuait sa route,
Insensible à la grâce, à la pitié, au doute,
Et sans même un regard pour cet être inouï
Qui gisait à ses pieds et poussait de hauts cris

Appelant au secours le vieux Poséidon.
Le Dieu somma sitôt l’un de ses espadons
D’attaquer le bateau pour délivrer sa fille,
En usant pour le mieux de cette banderille

Qui ornait son museau de chimère aquatique :
Le bateau martelé de charges fantastiques
Transperçant le bois dur fut bien vite détruit
Et coulé dans les flots où las ! il s’engloutit.

La sirène aurait pu avoir de la rancoeur,
Et s’en prendre au pécheur. Mais elle avait bon cœur !
Elle le mena donc gentiment sur la plage…
Où elle en fit sitôt un fort plaisant usage.

Oui, vous avez bien lu ! Cette histoire est coquine,
Tout comme la sirène ; et l’horrible taquine
Profita du pécheur autant qu’elle le put..
L’histoire le laissa satisfait et repu :

Il ne s’en plaignit point, personne ne le sut !

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Le chemin de l’hiver

Le chemin de l’hiver s’en va vers l’Inconnu
Sur ce pont incertain qu’est la grande vieillesse.
Passerelle tanguant en une ultime ivresse,
Il avance aux abords de ce qui est connu.

Il se perd quelquefois dans un vague brouillard
Floutant perfidement les contours d’une vie
Devenue froide et nue. Où s’égare l’envie
De faire des projets ou d’aller au hasard…

Le chemin de l’hiver est maussade et glacé.
S’enfonçant lentement dans une épaisse brume,
Il est vide, assombri, mais parfois s’y allument
Des étoiles surgies du fin-fond du Passé,

Les légères lueurs d’une mémoire enfuie.
C’est un pont ébranlé qui chavire et qui tangue,
Passant péniblement au-dessus d’une gangue
Interdisant l’essor d’annales enfouies.

Y cheminent des vies peu à peu emportées
Vers un Ailleurs secret, derrière ce nuage
Diluant dans le flou la merveilleuse image
De rives éclairées par un durable été…

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L’oiseau-majuscule

Un oiseau s’est posé là-haut sur la Chalanche.
Il a fait tant d’efforts qu’il se sent tout recru
D’une énorme fatigue. Il n’aurait jamais cru
Y parvenir un jour ! Mais dans l’aurore blanche

Il se sent sublimé, comme le roi d’un monde ;
Un monde désolé, un univers de pierre
Mais d’où, auréolé d’un halo de lumière,
Il peut tout dominer à des lieues à la ronde.

En bas, tout est petit, incertain, minuscule
Comme lui ce matin, quand il n’était qu’un rien,
Rien qu’un souffle emplumé, un minus aérien.
Il se sent désormais un oiseau-majuscule

Perché sur un piton. Tout enflé de gloriole,
Il surplombe le monde en s’en croyant le roi…
Pauvre petit oiseau ! Quel serait son effroi
S’il savait qu’il n’est rien qu’une pauvre bestiole

Qu’un aigle vient de voir du côté de l’adret :
Une bouchée dodue ! Sauve-toi, tout-petit ;
Soustrais-toi sur le champ au sauvage appétit
De l’énorme rapace aux griffes acérées !

Regarde vers le ciel, lève un plus peu la tête.
Tu peux avoir le temps de vite t’envoler
Vers ce creux, là, tout près, pour y dégringoler ;
Ne point être avalé par la funeste bête…

Je n’en dirai pas plus : selon votre nature
– Un pessimisme noir, un optimisme né –
Vous pouvez le sauver ou bien le condamner !
Imaginez tout seul la fin de l’aventure…

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J’aime bien…

Poème illustré par un tableau de :

Eric Bruni

J’aime bien quand le vent sort sa palette rousse
Pour peindre le ciel bleu d’ambre, de cuivre et d’or ;
Quand la garrigue en feu se fait enfin plus douce,
Quand l’automne s’en vient, quand le soleil s’endort,

Oubliant peu à peu sa folie meurtrière
Après l’été brûlant, et quand enfin il pleut ;   ;
Quand les feuilles s’en vont au long de la rivière,
Frêles petits bateaux au fil du courant bleu ;

Et j’aime ouïr aussi le clapotis de l’eau ;
Quand on respire enfin, quand la brise est légère,
Quand un peu d’ocre blond couronne le bouleau
Qui végète au jardin en cherchant la lumière

Lui faisant oublier combien il est malade.
J’aime bien quand le temps se fait plus harmonieux,
Arrachant aux oiseaux une dernière aubade.
Et même si le jour est plus parcimonieux,

J’aime bien ces ultimes soirées au jardin.
Les derniers jours d’été, les premiers de l’automne
Où les roses fanées dans leur vertugadin,
Renonçant à la vie, peu à peu s’abandonnent…

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L’école de la patience

J’ai envie de botter le train
A mes roses pour qu’elles poussent ;
Et bien qu’elles me disent : « Pouce !
On ne dépend pas des Humains »,

J’apprécierais qu’elles se pressent
En mettant plus fort le turbot.
Mais ce ne sont pas des robots
Actionnés à toute vitesse !

Non ! Elles prennent tout leur temps,
Pour parachever l’excellence
De leur beauté, dans le silence,
Tout comme leurs aînées d’antan.

Elles se déploient avec grâce
En croissant à tout petits coups,
Sans qu’on le remarque beaucoup,
Sans se soucier du temps qui passe…

C’est moi qui ai tort, je le sais !
Oh, elles sont tellement belles
Quand elles me disent, rebelles
A mon avis d’Humain pressé,

Que je dois me montrer patiente !
Roses, fleurissez lentement
Pour nous qui sommes les amants
De votre harmonie stupéfiante.

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Il y eut un été…

Oh, laissez-moi dormir ! C’est si bon, c’est si doux
D’être ainsi englouti au plus profond d’un rêve
Semblable à un Eden perpétué sans trêve…
C’est le monde réel qui est cruel et fou !

Il me faut effacer cet incroyable été,
Cet amour passager, car c’était sur du sable
Qu’il était imprimé. Amour aussi friable
Qu’un coquillage mort, terne et inhabité !

J’y ai cru fermement quand on s’est rencontrés
Au tout petit matin sur la plage encor vide.
Il faisait presque froid, le ciel était livide,
Et il marchait tout seul, avec pour seul attrait

De très longs cheveux roux noués en catogan…
Et pourtant aussitôt je fus comme envoûtée.
Il n’y a qu’en dormant que je peux oublier
Ma trop grande candeur face au charme arrogant

Et au cynisme froid de cet homme inconnu.
J’y ai cru tout à fait et fus bien trop naïve,
Seule depuis deux ans et l’âme à la dérive ;
Ma grande solitude et mon cœur mis à nu

N’ont pas su résister à ce plagiat d’amour…
Nous fûmes très heureux, fîmes souvent la fête.
Des rires plein la tête et le cœur en goguette,
Je croyais que l’été allait durer toujours…

Un jour il s’est enfui sans me dire au revoir.
Oh, laissez-moi dormir au creux de mes nuages,
Ces longs jours et ces nuits ne furent que mirage…
L’été s’en est allé et le ciel est tout noir.

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La prolifération

Sur le talus, quatre fleurettes,
Peut-être pressées par le temps,
Sont nées sans tambour ni trompettes,
Sans même l’avis du Printemps.

Elles se sont disséminées
Partout jusqu’au fond du jardin,
Et de quatre elles sont passées
En une nuit à cinq, dix, vingt…

Puis ce fut une débandade :
Couvrant la garrigue et les champs,
Elles chantaient partout l’aubade
Folle et exaltée du printemps.

Du pollen, partout, des corolles
Peintes de milliers de couleurs,
Des pistils et des formes folles,
Et partout l’ineffable odeur

Du doux printemps baratineur,
Du temps nouveau qui vocifère.
Ca sentait l’humus, et la Terre
Semblait délirer de bonheur.

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Un jeune homme est entré…

Le jeune homme est entré dans la vieille maison
Où des gens l’attendaient, le cœur plein d’espérance,
Et prêts à lui confier – avec foi ou défiance ?
Ses clés détériorées bien plus que de raison.

Un jeune homme tout neuf, mais une très vieille âme
Comme on le dit là-bas, aux pays du Bouddah.
Réfléchi, judicieux, raisonnable au-delà
De ce qu’on attendrait d’un jeune âge qu’on clame

Volontiers un peu neuf pour de telles fonctions.
On lui avait bien dit qu’il fallait du courage
Pour ainsi s’attaquer à cette belle ouvrage !
Mais il avait montré tant de résolution

Depuis quelques dix mois qu’on lui faisait confiance !
Les murs étaient croulants, le toit menaçait ruines,
Bien que quelques pantins sentencieux aient fait mine
De la rapetasser de toutes les façons

Depuis plus de trente ans. Mais il était confiant,
Il y arriverait ! Avec de l’énergie,
Du culot et du cœur, sans idéologie…
C’était un jeune lion, un jeune homme impatient

De retrousser ses manches et prendre une truelle
Pour tout moderniser dans la vieille maison ;
Pour nous embaucher tous, afin qu’à l’unisson
Nous nous décarcassions pour la rendre plus belle…

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