A la maison, l’hiver…

A la maison, l’hiver, j’aime bien me vautrer
Au fond de mon fauteuil, sous un plaid gris si vieux
Qu’un trou l’a perforé. L’Homme a fait un bon feu
Pas du tout écolo ! Mais son souffle doré

Vient me tiédir les pieds de sa langue bien chaude.
C’est un choeur de ronrons entre mon chat et moi !
Il gît sur mes genoux, car dehors le sol froid,
Le ciel ennuagé et la bise qui rode

L’ont fait rentrer bien vite au creux de son logis.
Car c’est bien sa maison que, charmant, il nous prête
Avec condescendance, à condition qu’on mette
Dans son plat du nanan, à défaut de souris.

Le mont Cimet est mort, mangé par la brumasse,
Et la Haute Provence ensoleillée n’est plus
Qu’un gros tas de rochers. Vendredi, il a plu,
Et le toit du chalet semblait givré de crasse.

L’on n’aime pas ce temps car nous, les vieux gavots, *
Nous préférons l’hiver quand c’est vraiment l’hiver,
Tout blanc et enneigé. Quand les monts sont couverts
De neige et de lumière, étincelant manteau.

* Terme péjoratif employé autrefois par les Marseillais pour désigner les Bas-Alpins

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A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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